Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2008 Mercredi 23 Janv | Les critiques de la rédaction : Sweeney Todd---------------------------------------------------------------Un film américain de Tim Burton avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Jayne Wisener, Jamie Campbell Bower, Timothy Spall, et Sacha Baron Cohen
Genre : Thriller - Durée : 1H55 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
UN MIRACLE DE NOIRCEUR D’AME. Personne mieux que Tim Burton et Johnny Depp pouvaient imaginer et mettre en images le sordide et l’odieux de cette histoire qui est en quelque sorte un Dickens non nettoyé de l’horreur de la vie londonienne en son 19ème siècle. L’histoire est simple. Un juge envoie aux travaux forcés le jeune mari de la femme qu’il convoite. Celle-ci s’empoisonne et laisse sa fille derrière qui devient la prisonnière du juge. Le mari revient de captivité et met en place un plan diabolique pour se venger. Et se venger il peut. Il se venge de la société en les nourrissant de pâtés de viande issue des victimes de sa vengeance, et même un peu plus, de sa chasse aux isolés qu’on peut occire sans crainte. Il lance un business de boucherie humaine fort rentable. Œil pour œil, dent pour dent, je t’ai vu et maintenant je porte la dent sur tes chairs. Mais cette histoire sordide a une petite dimension salvatrice. Ce pauvre Sweeney, qui n’est qu’un adoucissement de swine (un porc), dans son aveuglement sanglant finira par tuer sa propre femme qui a survécu au poison même si elle est devenue une SDF plutôt gaga, et quand il reconnaîtra sa folie, il sera égorgé à son tour par un petit orphelin qu’il avait tiré du ruisseau. L’orphelin pervers qui devient le salvateur humain. Un Oliver Twist en quelque sorte. Ce qui fait de ce film un film intéressant, c’est exclusivement le traitement de l’histoire par Tim Burton. Noir sur noir en pleine couleur, délire baroque et rococo typique de la fin du 19ème siècle. Elaboration sur les costumes et les postures de ces gens de la société victorienne d’abord et avant tout hypocrite. Johnny Depp est évidemment dans son élément favori : exprimer le déjantement, déjantation ou déjantage (à votre bon cœur Messieurs Dames car le Larousse ne sait pas à quel saint de ces trois se vouer) complet d’une société par des moyens purement dramatiques avec un discours absolument sans profondeur, la profondeur venant de l’esthétique du film. Et là Tim Burton est un génie du clair obscur de l’âme rendu en clair obscur de l’écran.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
Etant grand amateur des films de Tim Burton des années 90 (Batman, Edward aux mains d’argent, Ed Wood, Mars Attacks, Sleepy hollow), j’attends chacun de ses nouveaux films avec impatience pour retrouver un peu de la magie qu’il savait rendre à l’écran. Or force est de constater avec cette comédie musicale macabre que Tim Burton a perdu quelque chose depuis la planète des singes comme si son échec flagrant l’avait rendu prudent, lui avait fait perdre une partie de son audace, de sa folie. Cela ne signifie pas que sa dernière œuvre est ratée mais à l’instar de Big fish, Charlie et la chocolaterie et Les noces funèbres, il manque à Sweney Todd ce qui permet de faitre d’un bon film un grand film. Tim Burton garde toujours un savoir-faire certain et a du talent mais un talent qui ici se dilue avec parfois la tentation de choisir la facilité sans pouvoir ainsi restituer toute l’originalité et la richesse de son oeuvre antérieure.
Les images sont très soignées, on peut admirer les visages « mortuaires » de Johnny Depp et d’Helena Bonham Carter et un Londres d’époque glauque à souhait. Malheureusement, l’histoire n’est pas suffisamment consistante et le film finit par s’essouffler. Et ni les scènes gores, l’aspect musical, réalisé de façon très conventionnel, ne viendront faire de Sweeney Todd le chef-d’œuvre attendu.
Il manque dans Sweeney Todd la conviction et l’envie de faire un film surprenant et personnel.
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