Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2008 Mercredi 16 Janv | Les critiques de la rédaction : Chambre 1408---------------------------------------------------------------Un film américain de Mikael Hafstrom avec John Cusack, Samuel L. Jackson, Mary McCormack, Jasmine Jessica Anthony, David Nicholson, Emily Harvey, Noah Lee Margetts, Alexandra Silber, et Tony Shalhoub
Genre : Horreur - Durée : 1H44 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
A croire que désir de qualité et utopie sont d'éternels synonymes. Le cinéma d'épouvante, si désincarné ces derniers temps, ne semble donc pas désireux de retrouver ses lettres de noblesse. Cibler un public pré pubère semble demeurer la priorité des studios, quitte à saccager des oeuvres de romancier, à se foutre de son spectateur adulte et à détruire volontairement quelconque forme de déférence envers un genre de plus en plus consensuel. Et le navrant 1408 de perpétuer l'immortelle tradition du jet d'urine intra-violon si chère à ces citernes à fric de producteurs.
Confié au réalisateur suédois Mikael Hafstrom, déjà géniteur de l'anecdotique Dérapage, 1408 se veut l'adaptation de la nouvelle éponyme de Stephen King, dans laquelle un écrivain incrédule se retrouve confronté à une chambre d'hôtel habitée par un paranormal qu'il ne croyait nourri que de l'imaginaire des personnes qui y croyaient. Évidemment.
Un pitch à peine clicheteux pour un récit qui n'aura jamais volonté de décoller, ni même de faire grimper un trouillomètre décidément en panne sèche. Ne sachant jamais comment optimiser le rendement horrifique des 4 murs où il enferme son personnage, le cinéaste se vautre littéralement dans des choix artistiques discutables plus que de raison. Les cadrages ultra-serrés ne parviennent ainsi jamais à modeler un état de claustrophobie pourtant indispensable, qui aurait par ailleurs sans doute été enseveli par une avalanche de jump-scares aussi insupportables que mal placés. On ne pourra donc que regretter les quelques tentatives intelligentes de mise en scène (la scène du sifflement), tuées dans l'oeuf par l'ineptie du scénario qu'il tente de mettre en images. Il est tout aussi impardonnable de privilégier par la suite la facilité constante, notamment dans l'évolution, la construction psychologique du personnage, en lieu et place d'une exploration approfondie d'un état de folie qui lui tendait les bras. Fort heureusement, John Cusack parvient à rendre une âme et une personnalité au romancier qu'il interprète, extraordinaire jusqu'à un final grand-guignolesque scellant définitivement le sort d'une oeuvre qui méritait beaucoup mieux. Énième preuve que n'est pas Kubrick ou Carpenter qui veut...
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