Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2008 Mercredi 09 Janv | Les critiques de la rédaction : Into The Wild---------------------------------------------------------------Un film américain de Sean Penn avec Vince Vaughn, Emile Hirsch, Catherine Keener, Zach Galifianakis, Haley Ramm, Thure Lindhardt, William Hurt, Marcia Gay Harden, Kristen Stewart
Genre : Aventure - Durée : 2H27 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
LA MORT DE 1968. Ce film est une époustouflante et admirable réécriture de tous les films plus ou moins hippies qui ont suivi 1968. Le retour à la nature, l’abandon final et total de la société de l’argent, de la consommation, de la machine et de tout ce qui remplace la nature, est une impasse sans issue. Le héros est une incarnation absolue du refus des simulacres si chers à Baudrillard. Où peut-on bien trouver un monde où l’on pourrait vivre sans le moindre simulacre de la nature ? Sean Penn choisit l’Alaska et son gamin de 23 ans va traverser l’Amérique pour y arriver et y mourir. Il va ainsi nous faire découvrir scène après scène l’absurdité du monde dans lequel nous vivons où plus aucune liberté n’existe, plus aucune naïveté n’existe, plus aucune pureté n’existe. Tout est corrompu par l’argent, l’envie de posséder, le besoin de se fixer dans un lieu, un mode de vie, un mode de pensée. Mais le plus dramatique est que notre Christopher, bien sûr directement descendu de Christophe Colomb, va tout faire foirer par simple souci de respecter des normes, y compris de l’anti-norme. Pour ne pas se fixer avec une fille, se trouver enchaîné par l’amour, il va refuser la sexualité qu’une gamine de 16 ans lui offre avec la passion de son envie de connaître ce qu’on lui a jusqu’à présent interdit uniquement parce qu’elle a 16 ans. Christopher condamné à la solitude par la loi sur les mineurs (ce qui d’ailleurs pose question psychologiquement). Il refusera l’amitié d’un couple de hippies qui ont su trouver un mode de vie ambulatoire et détaché du monde sur la base d’un patrimoine automobile (la caravane qui leur permet de voyager librement) et de livres qu’ils vendent quand ils s’arrêtent ici ou là. Il refusera l’adoption par un vieil homme qui pourtant avait tout pour lui plaire, au nom de je ne sais quelle peur d’être le fils de quelqu’un. Sa fuite est lamentable. Et il ira périr en Alaska du fait de sa totale ignorance, de son absolue solitude et de son manque évident de pré-historicité. Il ne savait pas que pour survivre dans la nature il faut savoir le rythme naturel de celle-ci. Il est piégé par les migrations animales qui le laissent sans rien à manger sinon des plantes qu’il ne sait pas reconnaître malgré les quelques livres qu’il a. Il meurt empoisonné par des pois sauvages. Mais avant cela il avait été piégé par le cycle des crues des rivières qui l’emprisonnèrent le jour où il voulut partir. Mais il meurt l’âme déchirée par la découverte que le vrai bonheur n’existe que partagé, et pourtant il se console dans ses derniers instants par la beauté du ciel qu’il voit de ses derniers regards. L’homme ne peut survivre aujourd’hui que dans le cadre de cette société de simulacres qui est la nôtre, car ce ne sont peut-être pas des simulacres mais des extensions de notre corps, de nos sens et de notre intelligence qui rendent la vie plus facile, simplement possible et vivable. Il s’agit donc non pas de fuir cette société car il n’y a pas de fuite possible, mais d’apprendre à développer la dimension humaine de notre vie dans un monde de virtualité. Le bonheur est aussi virtuel que la réalité aujourd’hui à condition de le savoir : le bonheur n’est en rien naturel mais entièrement personnel à condition de savoir le conjuguer dans la société qui nous entoure et que l’on peut toujours tenter de changer, du moins en ce qu’elle nous concerne.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
Deux heures et demi durant, le nouveau film du prochain président du festival de Cannes capte nos sens et réussit véritablement à absorber le spectateur. Alors que le cinéma américain s’est peu intéressé dernièrement aux grands espaces, Sean Penn filme de magnifiques paysages, du grand canyon à l’Alaska.
Into the wild adapte à l’écran le roman de Jon Krakauer qui racontait l’odyssée réelle d’un jeune homme qui, à l’âge de 20 ans avait un avenir tout tracé mais qui, repoussant les valeurs de son milieu comme le matérialisme, décida de partir sur la route avec pour objectif d’atteindre l’Alaska pour pouvoir vivre en communion avec la nature. Sur sa route, il fait de nombreuses rencontres, vit quelque temps au milieu d’une communauté hippie, travaille un peu et part finalement pour l’Alaska. Emile Hirsch, l’interprète principal, est habité par le rôle de ce jeune idéaliste qui marque toutes les personnes qu’il rencontre.
Une telle quête ne pouvait que séduire le réalisateur indépendant d’Indian runner tant on connaît ses goûts extrêmes. Il est vrai qu’une telle histoire semble incroyable de nos jours et pourtant le cinéaste réussit à y donner vie alternant plan large de paysages et plan serré sur un acteur intense.
Finalement, Into the wild est un film plein de contradiction, original, qui partant d’une quête radicale aboutit à un constat sans illusion. Le spectateur est embarqué dans une longue aventure proche d’un livre de Jack Kerouac, aux images bucoliques et aux personnages touchants sans que l’ennui ne vienne jamais poindre.
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