Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2008 Mercredi 02 Janv | Les critiques de la rédaction : It's a Free World...---------------------------------------------------------------Un film britannique de Ken Loach avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek, Joe Siffleet, Colin Caughlin, Mahin Aminnia, Shadah Kavousian, Maggie Russell, Raymond Mearns, et Davoud Rastagou
Genre : Drame - Durée : 1H33 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
SUPERBE CHARGE CONTRE LA CAPITALISME FÉMINISÉ. La charge contre la capitalisme dérégularisé de l’Europe d’aujourd’hui est lourde et même pesante. Il s’agit de l’Angleterre (Londres ici). Il s’agit essentiellement des pays de l’est européen, membres ou non de la Communauté Européenne (Pologne et Ukraine principalement) plus quelques pays un peu spéciaux comme l’Iran, l’Irak, le Brésil. Existence d’un marché du travail illégal parallèle qui consiste à importer des volontaires (mais le sont-ils toujours ?) de ces pays de l’est exactement comme s’ils étaient des bestiaux, moyennant paiement du passage, puis leur exploitation sur des chantiers et dans des usines comme travailleurs clandestins avec vrais ou faux papiers et toujours avec des visas non-conformes. Double exploitation par des loyers démesurés pour un quart de chambre ou un cinquième de caravane, puis par la vente chaque matin pour la journée, sans contrats, sans garanties, en parfaite illégalité à tous les niveaux : santé, impôts, charges sociales, protection sociale, scolarisation des enfants et expulsion en prime comme menace stimulante de tous les jours. Mais, même si les hommes sont lourdement présents dans ce tableau, la charognarde principale est une femme blanche, fausse blonde, divorcée, avec un enfant abandonné ou presque à ses propres parents, et associée à une noire qui a quelque qualification en comptabilité, mais qui laissera tomber quand la barrière de l’odieux (vraiment la barrière extrême de l’odieux hors limites) sera transgressée : dénoncer des clandestins pour vider un camp d’hébergement précaire pour pouvoir y placer ses propres esclaves qui arrivent le lendemain. La noire sera remplacée et c’est tout. Le capitalisme sauvage à la britannique ne gagne rien à passer entre les mains d’une femme, sinon qu’en plus les jolis garçons doivent passer à la casserole pour avoir du travail le lendemain. Un film coup de poing en plein plexus solaire, coup de pied dans les bourses de la joaillerie familiale. Ken Loach m’a surpris avec une force caustique que je croyais qu’il avait un peu émoussée.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
A l’instar de Woody Allen qui continue de nous faire rire chaque année depuis plus de trente ans, Ken Loach, avec son dernier film, persévère et dénonce une nouvelle fois les effets pervers du libéralisme dans notre société avec toujours autant de force et de conviction. On pourrait croire qu’avec un film par an depuis plus de trente ans, le dernier cinéaste communiste au monde rencontrerait des difficultés pour se renouveler ou verrait faiblir ses convictions. Que ces fans se rassurent, ce n’est toujours pas le cas et It’s a free world mérite bel et bien sa place dans la filmographie du réalisateur de bread and roses.
Après Le vent se lève couronné d’une palme d’or, Ken Loach revient dans le temps présent pour faire ce qu’il sait faire de mieux : décrire les conditions de vie d’un groupe donnée et, en l’occurrence, il décide de braquer sa caméra sur deux jeunes intérimaires anglaises pour aborder le sujet des travailleurs immigrés venant de l’est, sans-papiers, clandestins et chômeurs.
Le cinéaste anglais nous montre une jeune femme trentenaire, son indifférence au monde qui l’entoure, aux tragédies qu’elle rencontre, à la violence, il nous montre une personne moderne, qui pourrait être vous ou moi, il nous montre un individu façonné par le capitalisme libéral qui voit le triomphe de l’individualisme, du soi, seule valeur qui importe dans ce « monde libre ». Kierston Wareing interprète cette jeune femme de manière attachante et vigoureuse, Ken Loach découvre ici une nouvelle actrice remarquable.
Avec ce film, Ken Loach tourne dans un Londres inconnu, très pauvre, bien éloigné de Leicester Square et Soho et confirme qu’il sait toujours appuyer là où ça fait mal.
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