Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2007 Mercredi 24 Oct | Les critiques de la rédaction : Paranoid Park---------------------------------------------------------------Un film français et américain de Gus Van Sant avec Gabe Nevins, Dan Liu, Jake Miller, Taylor Momsen, Lauren Mc Kinney, et Scott Green
Genre : Drame - Durée : 1H25 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Cédric Jager
Après Elephant, Gus Van Sant réalise une nouvelle variation sur l’adolescence et, en l’occurrence, sur la criminalité adolescente. Contrairement à ce précédent film qui avait reçu la palme d’or et qui racontait l’acheminement vers le meurtre, Paranoid park se passe après un accident mortel.
Le réalisateur de Portland excelle une fois encore à dépeindre le spleen de l’adolescence au travers d’histoires difficiles, étouffantes dans l’univers des skaters de Portland. Pour la quatrième fois depuis 1998, il raconte une histoire inspirée de faits réels, mettant en scène des ados marginaux dont il montre les difficultés qu’ils ont à affronter la vie réelle. D’autant plus qu’ils sont laissés à eux-mêmes, les traditionnelles institutions représentant l’ordre sont absentes ou incapables (famille, police…). Paranoid park ne présente pas de ligne claire comme Elephant, il s’agit d’un film plus diffus. Il baigne dans un état de flottement, propre à l’œuvre de Gus Van Sant grâce à des figures de style caractéristiques et une bande originale éclectique et omniprésente.
Comme d’habitude, les sentiments sont exprimés par la musique et la manière de filmer. En effet le cinéaste se défait de toute psychologie. Les ados de Paranoid park et notamment le jeune héros, Alex Tremain, sont filmés de face, la caméra s’attardant parfois sur leur visage. Cela contraste évidemment avec Elephant où la caméra se contentait d’accompagner les protagonistes souvent en les filmant de dos.
Un film de Gus Van Sant est toujours une expérience unique. Toutefois, on peut s’inquiéter du fait que le cinéaste s’enlise dans la répétition d’un sujet qu’il a déjà traité à plusieurs reprises. Pas sûr que l’inhabituelle scène gore sur les rails et l’utilisation du super 8 permette véritablement de renouveler son œuvre.
| Par Jacques Coulardeau
PHÉNOMÉNALEMENT INSIGNIFIANT. Un ado, parmi d’autres ados. Portland, Oregon. Skateboard et terrain aménagé fréquenté par tout sauf des innocents. Mère divorcée et père recouvert de tatouages en graffiti intégraux. Personne de disponible pour s’occuper de l’ado. Sa première expérience sexuelle qui est un viol consenti et rien d’autre. Bref tout pour faire du grabuge. On joue avec les trains et on grimpe dessus quand ils passent. Un soir un garde vient vérifier et il passera sous une locomotive repoussé par l’ado qu’il voulait faire descendre. Jeux de mains, jeux de vilains. L’ado banal jusqu’à l’ennui décide de n’en parler à personne. La misère psychique s’en suit, mais une misère triste, plate, sans goût, sans profondeur, sans relief. Bref quelques petits cauchemars et beaucoup de petits mensonges, et rien d’autre. Des clichés enfilés les uns après les autres et une technique de récit cinématographique visuel plus que linguistique, rien de neuf. Une fois de plus on revoit certaines scènes deux fois, avant qu’on ait compris le crime et après qu’on ait compris le crime. J’ai déjà vu cela quelque part, y compris chez ce Gus Van Sant, qui n’a rien d’un saint pourtant. On nous épargne l’exhibitionnisme homo-érotique qui devient lassant après un certain temps. On ne verra qu’un peu de poitrine et un peu de jambe. La leçon de tout cela ? On maintient les jeunes dans une totale inactivité et notre société a liquidé l’aventure. Les ados les plus moyens, banaux et non-remarquables réinventent l’aventure et apprennent à mentir pour avoir une vie secrète, et apprennent à cacher leurs fautes même accidentelles et cela donne une espèce de purée de pois plutôt fluide et dégoulinante. Un film extraterrestre puisque que son sang me semble plus vert que rouge, ou même que bleu. Ce cinéma d’art et d’essai me semble plutôt être une éternelle répétition de trucs ou de gadgets de réalisation ou de montage et dont l’art est pour le moins difficile à définir. Cela ne m’apporte rien, ne me semble en rien créatif, ne me semble pas avoir plus d’avenir que pour une élite qui refuse que le cinéma joue son rôle de média émotionnel, sensoriel et même spirituel ou intellectuel.
Dr Jacques COULARDEAU
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