Sorties cinéma Sorties Cinéma en Sept. 2007 Mercredi 26 Sept | Les critiques de la rédaction : L'Age des ténèbres---------------------------------------------------------------Un film canadien de Denys Arcand avec Marc Labreche, Diane Kruger, Sylvie Léonard, Caroline Neron, Rufus Wainwright, Macha Grenon, Didier Lucien, Jean-René Ouellet, et Emma de Caunes
Genre : Comédie dramatique - Durée : 1H55 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par André Ruellan
Je me doute que ce film canadien ne va pas plaire à tout le monde: d'abord il se gausse des travers de notre époque , qu'ils se situent au Canada ou en Europe pour faire plus simple. Dans la première partie, au gré des rêves et des pensées du héros, défilent avec humour ce dont on nous dote, et ce dont on veut nous priver: les appels téléphoniques en permanence, l'effroi des microbes, le combat anti-tabac, et bien d'autres choses dont on nous persuade que c'est vilain, nocif et anti-citoyen bien élevé.
Puis au gré du film, le sourire fait place au sérieux, à l'angoisse ,à la douleur, à la contrainte, et lorsque les rêves se rejoignent à la réalité quotidienne, le drame s'installe et aboutit à un corollaire digne du Siècle des Lumières, avec retour à la nature et vie de jardinier consciencieux.
Vous voyez qu'il y a de quoi défriser nos grandes âmes salvatrices, plus occupées à pinailler sur les mots que sur les actes. Et c'est en celà que ce film est intéressant, malgré quelques langueurs moyenâgeuses et des maladresses, qui ne nuisent pas pourtant à ce message de vérité et de sérénité, dont le héros se nourrit en pensées ,et enfin, dans la réalité, ce qui n'est plus du tout le même problème.
Outre que c'est fort bien filmé, les interprètes au savoureux accent du Québec, se montrent à la hauteur de cette satire grinçante, où l'on remarque aussi l'excellence élégante de Diane Kruger et la fantaisie peu culottée d'Emma De Caunes.
| Par Anne Bernex
Triste Québec que nous offre Denis Arcand. Certes, nous sommes habitués depuis le Déclin de l'Empire Américain, mais nous regrettons trop les admirables portraits de groupe qui ont fait la gloire du réalisateur.
Les Invasions Barbares offrait dans la maladie, la mélancolie d'un idéal optimisme. L'Age des Ténèbres, bien loin de la qualité des précédents films, déçoit.
Il semble en tout point à une farce cinglante sur le système libéral et ses dérives, son efficacité sans cesse remise en cause pour le prix de quelques contacts humains. Le discours est connu et fait ici pâle figure: manque de recul (le scénario accumule les constats pessimistes du monde moderne sans jamais réellement les questionner), manque de style (le film est saccadé façon catalogue du pire), manque de profondeur (les personnages souffrent de caractères incomplets).
Dans un fourre-tout absolument innommable, terreur des réseaux d'informations, navigue Jean-Marc Leblanc, être désespérément seul et antipathique. Sa femme est ratée, son boulot est raté, sa vie est un cauchemar. Il ne rêve que d'une chose: la gloire, le sur-coup médiatique. Mais lorsqu'il est réquisitionné au stade Olympique de Montréal, transformé en Château kafkaïen, pour aller accomplir d'innombrables formalités administratives, c'en est trop. Pourtant c'est son travail à Jean-Marc, l'administration. Qu'importe!
Il faudra donc patienter encore un peu avant de voir le papillon "sortir de sa chrysalide" et découvrir l'homme neuf, mal au coeur mais bien dans sa tête.
Et il faudra toujours suivre la rébellion du petit insecte perdu dans l'immense terrier urbain, jusqu'au réveil douloureux mais libérateur du personnage.... et de la salle de cinéma.
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