Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2007 Mercredi 26 Juin | Les critiques de la rédaction : Persepolis---------------------------------------------------------------Un film français de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux
Genre : Animation - Durée : 1H35 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Céline Skrzypczak
Une fois le festival de cannes terminé, nous spectateurs, n' attendons généralement qu'une chose, avoir enfin les fameux films sur nos écrans. Après en avoir découvert quelques-uns, cela est enfin chose faite avec PERSEPOLIS.
Récompensé par le prix spécial du jury, il était pour le moins attendu par le public.
Comme pour toutes les adaptations litteraire au cinéma, le public, déja lecteur de l'oeuvre, est généralement conquis. Mais il en sera de même pour les autres, ceux qui ne connaissent pas encore l'univers de Marjane Satrapi. Un univers spécial, réaliste et poêtique à la fois.
C'est sous forme de flash-back que l 'histoire nous est contée par une petite fille, Marjane Satrapi, puisque celle-ci est autobiographique.
Drôle, émouvante et touchante elle nous raconte sa vie sous le régime du chah, en Iran de 1978 à nos jour et tous les bouleversements qui en découlèrent. On prend un réel plaisir à apprendre et à comprendre l'histoire compliquée de ce pays, notamment à travers ce personnage, future prophète dans l'âme, et l'intervention de beaucoup d'autres au fil du récit. On peut alors parler de dessin animé intelligent, utile et très divertissant. Tantô drôle, tantô mélancolique, de nombreux sentiments se mêlent et font de ce film une oeuvre très réussie. On suit l'évolution de cette petite fille qui devient femme et s'occidentalise comme tous les jeunes, sauf qu'elle, vit en Iran et que làs-bas,rien n'est simple, rien n'est acquis. La grand-mère et les parents de Marjane constituent également des personnages savoureux notamment par leurs répliques mordantes.
Au niveau visuel, la sobriété du dessin, mêlée à une très grande maîtrise constitue un régal pour les yeux. Le noir et blanc donne un côté particulier à mettre en rapport avec l'histoire même du film. Tout est doc très travaillé, de l'arrière-plan au premier plan comme l'etait déja la BD.
Aucunes fausses notes donc pour PERSEPOLIS. Ce petit bijoux d'animation qui, avant même sa sortie à tant fait parler de lui mérite vraiment d'être vu et en aucun cas que l'on rediscute son prix!
| Par Cédric Jager
Les bons livres ne font pas toujours de bons films, loin de là. Concernant cette bande dessinée de Marjane Satrapi, qui est également coréalisatrice du film, l’adaptation est tout à fait réussie. On y retrouve les points forts de la bande dessinée tels que les excellents dialogues, le noir et blanc, le dessin épuré tout en évitant d’éventuels défauts inhérents à ce type d’histoire : le manichéisme ainsi que le politiquement correct sont, par exemple, évités. Le récit est autobiographique et commence en 1978 en Iran, raconte une révolution, une guerre puis une première rencontre avec l’Europe, le monde occidental au travers des yeux d’une jeune fille qui n’a pas la langue dans sa poche. Les personnages sont très réussis, de l’héroïne aux parents en passant par l’oncle avec une mention spéciale à la grand-mère, truculente, dont la voix est magnifiquement jouée par Danielle Darrieux.
Marjane Satrapi réalise un portrait précis et sans concession de l’Iran, mais surtout elle réussit un tour de force puisque l’intensité du film ne cesse de monter en puissance et ne pâtit nullement du déplacement de lieu, de l’Iran et ses gardiens de la révolution à l’Europe et son cynisme. Le film ne perd de sa force à aucun moment. L’Europe et l’Iran sont mis dos à dos sans toutefois les opposer brutalement, sans en accentuer les traits caractéristiques à l’outrance.
Marjane Satrapi montre, une nouvelle fois, grâce à cette adaptation intègre de sa bande dessinée, un regard aiguisé et tranchant qui sert merveilleusement bien l’universalité du propos dispensée par son œuvre.
| Par Jacques Coulardeau
VISION PRIMITIVE QUI S’AUTO-DETRUIT. Le problème de l’Iran est trop sérieux pour être traité à l’emporte pièce. Le problème des femmes dans une société islamiste est beaucoup trop sérieux pour être traité à la va vite. Les problèmes de la démocratie et de la liberté sont beaucoup, beaucoup trop sérieux pour être traités en sautant d’un pied. Nous avons une suite de clichés, certes pas des images d’Epinal, mais des cartes de missel dignes de je ne sais quelle Inquisition de Saint Dominique. C’est triste et au bout d’un certain temps franchement lassant. On diabolise le Shah, puis on diabolise les islamistes, et entre les deux il reste quoi ? Des communistes ? Mais évoquer Lénine aujourd’hui tient aussi du cliché passéiste. Pourquoi pas Staline tant qu’on y est. Le double jeu de l’Occident ? Mais cela va de soi, et soit dit en passant c’est de bonne guerre, surtout quand il s’agit d’une guerre de huit ans : les affaires sont les affaires. C’est l’inverse qui serait étonnant. La question est donc bien de savoir pourquoi l’Iran et l’Irak en sont arrivés à se faire une guerre de huit ans. Mais là pas la moindre réponse, pas le moindre élément d’analyse. Hélas ce sont des clichés et rien que des clichés enfilés les uns après les autres, comme son petit ami à Vienne qui se révèle être homosexuel. Faut-il que la relation soit vraiment orientée sexe et rien que sexe pour que cette révélation suffise pour faire tourner court cette relation : c’est quoi que l’un ou l’autre recherche dans l’autre ou l’un ? Une personnalité, une originalité, une richesse de caractère, ou simplement deux organes mâle et femelle compatibles ? L’Iran est un drame et on ne voit pas encore le bout du chemin ou du tunnel, surtout que l’Occident, comme d’habitude joue un double ou triple ou quadruple jeu, surtout qu’aujourd’hui l’Occident n’a plus d’alter ego, d’antagon. On dirait que, pour Marjane Satrapi, il manque l’Union Soviétique brejnevienne quelque part dans le tableau, vous savez cette URSS que les Iraniens ont, avec la CIA et bien d’autres, combattue en Afghanistan. Je suis déçu, très déçu, vraiment très déçu. Et que fait donc sa famille en Iran pour survivre dans le luxe, même relatif, à toutes les révolutions et tous les coups d’état, quand ce n’est pas des coups de mosquée ? On est désincarné en survol au-dessus d’un volcan comme si on n’était que devant sa télé.
Dr Jacques COULARDEAU
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