Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juillet 2007 Mercredi 04 Juillet
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Raisons d'Etat---------------------------------------------------------------Un film américain de Robert De Niro avec Angelina Jolie, Matt Damon, Alec Baldwin, Tammy Blanchard, Billy Crudup, Robert De Niro, Keir Dullea, Michael Gambon, Martina Gedeck, William Hurt
Genre : Thriller - Durée : 2H47 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
IL N’Y A PAS DE BON ESPIONNAGE. L’histoire de la CIA de l’intérieur depuis la fin des années 30 jusqu’au milieu des années 60. L’agence est née dans les cercles ultranationalistes et ultra-patriotiques des Etats-Unis, des cercles secrets inconnus du public. Elle est née dans les cercles de sympathisants nazis en 36-40 infiltrés par des volontaires encore inorganisés. Puis elle s’est développée pendant la guerre en Angleterre et après la guerre à Berlin. La couverture du chef de se service à Berlin était le commerce et c’est bien de cela qu’il s’agit : on vendait ou troquait avec les Soviétiques ce qu’il y avait à troquer : des savants nazis contre des savants juifs par exemple. Mais tout le film est construit sur une taupe soviétique recrutée à Berlin non pas sous son vrai nom mais sous le nom d’un autre agent du KGB, avec la complicité d’un agent anglais qui était donc double. On ne comprend pas la légèreté de la CIA qui a cru cet agent du KGB et n’a jamais remis en cause son identité, alors même qu’un jour quelques dix ou quinze ans plus tard un autre agent du KGB se présente sous le même nom. Et aucun doute ne traverse immédiatement la tête du chef de service malgré la spectaculaire fin de ce deuxième agent. Il faudra l’échec de la Baie des Cochons pour qu’enfin ils réalisent qu’il y avait une taupe dans tout cela. Et les voilà cherchant la taupe. Les Soviétiques vont même jouer avec le chef du service en compromettant son fils, mais pour des objectifs tout autres et personnels, tout en couvrant la taupe. Cependant le chef va faire son travail proprement et va découvrir la taupe lui-même. C’est le fils qui paiera la facture, indirectement certes, mais bien payée. Cette action est bien menée, avec des flashbacks constants entre plusieurs périodes temporelles bien identifiées pour qu’on ne s’y perde pas. Un bon film à ce niveau-là. Mais que reste-t-il à un niveau un peu plus élevé ? Cela révèle l’intégrisme quasi fanatique de certains patriotes américains qui au nom de leur pays sont prêts à sacrifier leur famille, leurs enfants, leurs époux et épouses pour vivre une vie de totale sacerdoce. Ils doivent aussi accepter de torturer quelqu’un jusqu’à la mort pour découvrir après que c’est lui qui avait raison. Tuer pour rien. Tuer aussi parce que l’on craint ou a peur que tel ou tel agent soit un peu double, donc par simple précaution. Il suffit de relacer ses souliers pour envoyer à la mort son meilleur ami. Et puis on peut découvrir que votre meilleur ami est un agent double, ou simplement que vous êtes tout le temps à portée d’un appareil photo ou d’un micro, bien sûr pas ami du tout. Il ne s’agit même pas de faire chanter un agent, mais simplement de le déstabiliser. L’espionnage, que tout le monde appelle le contre-espionnage, est une barbarie absolue couverte par l’état mais où les agents sont absolument sans la moindre couverture puisque leurs activités sont tenues absolument secrètes. Si quelque chose foire, si la tentation est trop grande et que cela vous fait trébucher, il ne reste plus alors qu’une seule solution : le suicide qui devient la seule porte de sortie vers la liberté, car l’espionnage est un esclavage tellement absolue que le terme aliénation est insuffisant pour le décrire. Et dire que c’est avec ces méthodes que l’on gouverne le monde. Vous pourrez voir une des méthodes de torture d’El Ghraib : fascinant, surtout que ce mot commence comme un autre plus politique, fascisme.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par André Ruellan
On peut toujours pérorer sur le cinéma américain, mais quant il s'attaque à une institution nationale ou à la politique, il y a peu de pays qui leur tienne la dragée haute.
"Raisons d'état " n'est pas parfait, mais quels intéressants rappels historiques il déploie en suivant la carrière fictive d'un responsable de la C.I.A. avec tout ce que cela comporte d'entourloupes, de trahisons, de tortures, de crimes de la part de services secrets quels qu'ils soient.
C'est bien, mais c'est un peu long avec ces multiples retours en arrière au gré d'une réalisation classique, efficace qui sait jouer habilement avec une couleur déterminant les atmosphères, d'où nombre de plans significatifs expliquant les aléas d'avant et d'après-guerre jusqu'à la pitoyable tentative d'invasion de Cuba à la Baie des Cochons, et l'explication de l'échec tirée par les cheveux.
Enfin, il faut en retenir un film courageux sur la continuité des Services Secrets, avec ses succès , ses doutes et ses échecs.
Matt Damon est remarquable, passant de l'étudiant à l'homme mûr avec une maîtrise glacée de son interprètation digne du luisant de ses chaussures. Il est fort bien entouré de comédiens chevronnés, y compris du réalisateur-interprète Robert de Niro. Angelina Jolie en fait beaucoup pour convaincre de sa vie esseulée. Il y a de quoi!
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