L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Céline Skrzypczak
Peux-t-on parler d'un renouveau du cinéma Allemand? Il est certain qu'avec "Le bonheur d'Emma", la transformation entamée il y a quelques années avec "Good bye Lenin", et plus recemment, avec "La vie des autres", le cinéma allemand est en pleine mutation. Souvent lié à son passé et à son histoire, il a tendance, comme c'est le cas dans d'autres pays comme la Russie, à revenir sur son histoire, à se justifier et à s'interdire d 'autres genres que le drame historique.
"Le bonheur d'Emma", lui, est ancré dans la réalité, dans le présent, et assume parfaitement le genre "comédie dramatique".
Emma campe une femme haute en couleurs, campagnarde jusqu'au bout des ongles, et par là, anti-héroine. Entre sa ferme et ses bêtes, peu de place pour l'amour, pourtant, elle manque furieusement de tendresse. Alors, lorsque, par une tentative de suicide raté, max attérrit dans son jardin, Emma voit cet homme tombé de nulle part comme un signe de la providence. Tous deux vont alors co-habiter, chacun portant sa croix et son histoire, elle ses dettes, lui son cancer, pour, au final former un couple plus qu'atypique. Tantô drôle, tantô attendrissant, il donnant l'impression d'être à mille lieues des temps modernes. On pourrait presque sentir les odeurs, ressentir le toucher très travaillé et le contact avec la peau, tant humaine qu'animale, pour un film jouant sur la proximité par ses cadrages et ses nombreux plans rapprochés.
C'est ainsi l'histoire de deux destins qui se croisent, tout deux liés par la mort. Jouant sans cesse sur l'humour et le desespoir, "Le bonheur d'Emma" est un petit bijoux et le cinéma mériterait d'en avoir plus d'un...
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