L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Cédric Jager
Film contemplatif et poétique, quasiment muet, I don’t want to sleep alone impressionne par sa beauté formelle, des cadres brillamment composés et un certain trouble qui s’en dégage. A la fois hypnotique et oppressant, le film raconte, non sans une certaine lenteur, le parcours d’un sans-abri qui, après s’être fait attaqué se retrouve désiré par plusieurs personnes.
Tsaï Ming-Liang prend pour départ une réalité sociale dure, l’exploitation des immigrés illégaux à Kuala Lumpur, pour raconter une double histoire de désir et d’amour, teintée d’un érotisme très présent. L’atmosphère du film est par moment pesante, étouffante, à l’image de cette pollution qui oblige les habitants à porter un masque et l’inertie et l’apathie des personnages accentuent cette impression.
S’il n’est pas facile d’entrer dans le film en raison d’une incertitude assez longue sur les intentions de l’auteur, ce moment passé, la lenteur envoûtante de la mise en scène du réalisateur taïwanais nous emmène dans une histoire marquante et intense.
Ce cinéma, fait de longs plans fixes, de silences est très singulier et voir ce film est une expérience insolite mais puissante.
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