Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mai 2007 Mercredi 30 Mai
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Black Snake Moan---------------------------------------------------------------Un film de Craig Brewer avec Samuel L. Jackson, Christina Ricci, Justin Timberlake, S. Epatha Merkerson, John Cothran Jr., David Banner, Michael Raymond-James, Adriane Lenox
Genre : Comédie dramatique - Durée : 1H56 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Bizarre, vous avez dit bizarre? Black snake moan est tout simplement inclassable, indicible, terriblement original. A regarder l'affiche on se pose beaucoup de questions: que font les acteurs dans de telles postures, l'un en débardeur collant aux muscles, dominant sa bimbo de Christina Ricci en petit short et jolies boots? Le maître et son amour chienne? Le black et la dominatrice? Tout y passe. Et pourtant, un pied dans la salle obscure, l'autre devant l'affiche, on hésite. On se dit que quand même ça n'est pas possible, ça cache quelque chose: on dirait du Tarantino plagié. Un retour au cinéma machiste ou un goût pour les scènes sales? Ni vrai ni faux, le scénario se nomme Alambique avec un grand A comme dans Amour. Un amour curieux mais amour tout de même, un attachement, une sorte de lien surprise entre un rustre et une crâneuse. L'ensemble est attachant, dérisoire parfois, drôle souvent, superbement efficace.
Il y a donc Lazarus: il aime le blues, il est catholique, sa femme est partie. Rancune. L'homme se morfond, harmonica et Tenessee en prime. Il est pauvre, paumé, il n'a rien. Et puis il y a l'allumeuse, celle qui en fait des tonnes, celle qui a couché avec tous les types du village au grand désespoir de la mère. Un jour, il la trouve, nue, paumée à son tour, dégoûtante. Elle a touché le fond, c'est fini. Il la prend avec elle et....l'attache à son radiateur. "Tu es ma bête, tu m'obéis" a-t-il l'air de dire. Faux, très vite, à l'image de la nymphomane déchue, on se surprend à entendre que là n'est pas le but. Lazarus n'est pas masochiste ni machiste, il va jouer de la guitare et la soigner. Poétique. Et le coup de théâtre passe justement, doucement mais sûrement, il s'enchaîne parfaitement aux premières scènes pour nous prouver une nouvelle fois que les apparences sont trompeuses. Ce compagnon de l'Infortune, il l'attendait. Ils vont partager le mal ensemble, aussi absurdes soient les circonstances. Ecorchés vifs, le couple se fait entendre, avec violence et résonance: beaux et sauvages à la fois, émouvants, surprenants. Les clichés ont rarement été aussi bien contournés. Brillant.
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