Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2007 Mercredi 06 Juin
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Dialogue avec mon jardinier---------------------------------------------------------------Un film français de Jean Becker avec Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Fanny Cottençon, Alexia Barlier, Hiam Abbass, Élodie Navarre, Roger Van Hool, Michel Lagueyrie, Christian Schiaretti
Genre : Comédie - Durée : 1H50 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
LA MORT NE REMET JAMAIS SA PRISE A L’EAU. Un film nostalgique, et triste car les joies sont des joies du souvenir, du passé. Et même quand c’est une joie du présent, c’est le souvenir d’un mauvais bon mot du passé devant le cercueil ouvert de la victime du bon mot, sombrant ainsi dans le mauvais goût. Et pourtant il y a quelque chose sur ces baby boomers vieillissants. La sécurité de l’emploi qu’ils ont connue, mais des emplois du Moyen Âge qu’on leur faisait accepter avec des privilèges de santé ou de retraites que certains veulent à jamais pérenniser alors que le travail a complètement changé. La routine de certains plaisirs répétitifs devenus des habitudes de plaisirs car ils n’auront jamais su essayer autre chose : l’excursion annuelle à Royan et les vacances annuelles en hors saison à Nice, et la retraite transforme ces habitudes en seconde nature, et encore le film n’insiste pas trop sur le fait que la bouffe et le boire sont les deux mamelles principales de ces plaisirs en forme de moulin à prières sociales gagnées en un temps où le seul horizon du travail était la sueur et l’absence de peur devant les risques parfois et souvent inutiles. C’est ça la classe ouvrière avec sa liberté guidant le peuple, en armes bien sûr, car la liberté c’est une lutte armée : ajoutez la Marseillaise et les sillons abreuvés de sang, de sang ennemi, et l’ennemi c’est l’autre, et l’autre c’est le bourgeois, le fils du pharmacien par exemple, celui qui a de l’éducation comme second exemple, et on écoute Mozart car c’est la radio et que la radio ça empêche de dormir, alors Mozart ou Johnny Halliday, même combat, on fait :même pas la différence. Mais la vision du fils de pharmacien devenu peintre professionnel, j’entends peintre de tableaux, n’est pas mieux. Il a la culture, il a les moyens, et pourtant il n’est même pas capable, dans son retour à la terre de ses parents, à la maison bourgeoise familiale dans le village, de cultiver son propre jardin comme Candide et faire ses propres conserves. Il faut, pour le jardin, qu’il utilise le cheminot retraité qui en plus d’arrondir sa retraite pourtant tout à fait acceptable, lutte pour la survie par une activité qui lui permet de garder la mort en laisse, car la retraite c’est aussi la fin d’un objectif laborieux dans la vie, c’est le pourrissement sur pied, d’autant plus quand elle est prise très tôt, définitivement trop tôt. Et pour les conserves c’est la voisine qui en gardera la moitié pour elle, mais seulement la moitié car elle a son honneur, crénom de diable. Et on nous fait même le coup du peintre qui a envie à son tour de tout abandonner, mais qui retrouve un sursaut de créativité avec la mort de son ami d’enfance, le cheminot retraité. Ses envies de retraite rapide ont fait long feu, une paire de secondes sur l’écran, avec un coup de vin et une bouffée de hasch, mais la vie pour lui passe d’abord et avant tout par le travail créatif, le travail tout court, ce qui se montre et se vend contre de l’argent bien comptant. La mort de l’ami d’enfance ouvre les yeux des plus aveugles d’entre nous. Arrêter d’être productif par son travail c’est se condamner à mourir plus vite et au lieu de vivre ou même survivre on tient la mort en sursis et on se fait croire que c’est nous qui lui dirons qu’elle peut venir. Quelle sottise, et quelle ingratitude par rapport à la vie !
Dr Jacques COULARDEAU
| Par André Ruellan
Quel joli film, souriant, tendre et mélancolique, où deux comédiens exceptionnels se donnent la réplique avec un naturel fou, grâce au talent d'un écrivain et d'adaptateurs respectueux.
Alternant les plans brefs, sans vains bavardages, Jean Becker retrace en finesse le dialogue entre deux êtres dissemblables socialement mais si proches par l'amitié et la sincérité.
Comment ne pas se sentir proche de ces hommes qui se retrouvent face aux heurs et malheurs de la vie avec une authenticité poignante, mais pleinement gorgée de l'affection qu'ils ressentent en deux quinquagénaires d'une humanité bouleversante.
En plus du cinéma, je suis aussi depuis 40 ans un critique d'art dont les artistes reconnaissent le plus souvent mon jugement. Tel le peintre du film, j'en ai rencontré quelques uns, pleins de gentillesse , d'humanisme, de doute, et d'un talent admirable qui n'a rien à voir avec la caricature que l'on se fait des " maîtres ". Croyez-moi: plus ils ont de dons et de vraie notoriété, plus les artistes sont simples, cordiaux et proches, et c'est là leur vraie réussite, comme le peintre campé par un Daniel Auteuil remarquable de sincérité, d'autant que son partenaire lui mène la vie dure par la maîtrise de son talent : Jean-Pierre Darroussin a trouvé là un rôle à sa mesure, et ce retraité-cheminot anime et bouleverse totalement ce film captivant.
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