Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mai 2007 Mercredi 23 Mai
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Les Chansons d'amour---------------------------------------------------------------Un film français de Christophe Honoré avec Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni, Brigitte Roüan, Jean-Marie Winling, Alice Butaud, Yannick Renier
Genre : Comédie musicale - Durée : 1H40 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Céline Skrzypczak
Quel bonheur de voir "Les Chansons d'amour" de Christophe Honoré, représenter cette année la France à Cannes!
Loin d'être une véritable comédie musicale définie en général comme sans aucun souci de vraisemblance et dans laquelle l'intrigue sert souvent de prétexte à des numéros musicaux et chorégraphiques, on est içi plutôt dans le registre du film musical puisque les chansons ne subordonnent jamais la narration, mais, à l'inverse donne diverses informations et surtout fait chanter les sentiments des personnages.
C'est tout simplement l'histoire d'un couple, Ludivine Sagnier et Louis Garrel, en pleine crise de doutes, de remise en question, d'un couple à trois qui se forme alors puis, d'un drame qui surgit.
C'est le moment que choisit Christophe Honoré, un moment de deuil où les émotions sont souvent les plus difficiles à exprimer. Il s'agit donc pour Ismaël, le personnage principal, de surmonter ce drame et de continuer à vivre dans cette ville bouillonnante et enivrante qu'est Paris.
Ainsi, à l'euphorie du début, notamment avec les passages chantés et la présence lumineuse de Ludivine Sagnier, succède une profonde mélancolie, le tout, chargé d'une émotion extrêmement forte.
Ni trop, ni trop peu, les ingrédients de ce "film avec des chansons" comme le qualifie lui-même le réalisateur, sont très justement dosés et les multiples références au film de Jacques Demy, "Les parapluies de Cherbourg" (qui remporta la palme d'or à cannes en 1964) de toute évidence assumées.
Reste à espérer que celui-ci sera également récompensé, autant par sa mise en scène originale que par l'interprétation de Louis Garrel ou encore des chansons écrites par l'auteur-compositeur Alex Beaupain.
| Par Anne Bernex
Un film musical: très juste, très humble, magistralement mis en scène, porté par de jeunes acteurs d'une belle maturité. En compétition au Festival de Cannes, on aurait fort à parier que Les chansons d'amour ne parte pas les mains vides. L'histoire commence en marivaudage, entre ménage à trois et chansonnettes tranquilles. On pense à Truffaut en contemplant Louis Garrel et l'ombre de Jean Pierre Léaud: Louis c'est Ismaël, entouré de ses deux filles où "comment dormir à trois dans le lit" se demande la mère, formidable Brigitte Rouan. L'ensemble a les airs de Baisers volés quand soudain, la mort d'un des personnages fait l'effet d'une bombe. Notre regard qui se plaisait à évaluer les sentiments orageux mais jouissifs de cette joyeuse bande est trahit. Injuste. Sous un Paris noir, pluvieux, funèbre on en veut à Christophe Honoré de nous avoir enlevé une part de ce trio gagnant. Pourtant cette mort on nous l'impose, impossible de faire marche arrière, il faudra faire "avec", commes les personnages. On comprend très vite que ce départ est indispensable. Autre temps, autre fable, un jeune homme vient se greffer aux amis en deuil pour alors composer une tierce touchante: la soeur naïve, triste, forte; l'ami, vide, blessé, muet et les couleurs reviennent sous les traits d'un jeune lycéen tombé amoureux d'Ismaël. La mort fait parfois bien les choses a-t-il l'air de dire: qu'importe, tout est beau. Les allures, les chansons composées pour être scénario et surtout cette façon inégalée de filmer la tristesse "légère". Ils s'aiment donc, se séparent, se déchirent, reviennent à petits pas, à petits feux parce qu'il faut bien vivre, il faut se battre, aller de l'avant. Ca n'est pas facile, c'est pour cela qu'on nous le dit en chantant. Bientôt le temps est calme, Paris "s'éveille" comme dirait la chanson et les enfants qu'ils sont restés retrouvent le rire. Coup de mâitre, Honoré a réussi là où beaucoup ont échoué: rendre la mort attachante. Epatant.
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