Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2007 Mercredi 28 Février
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Dreamgirls---------------------------------------------------------------Un film américain de Bill Condon avec Jamie Foxx, Eddie Murphy, Beyoncé Knowles, Danny Glover, Anika Noni Rose, Keith Robinson, Jennifer Hudson, Sharon Leal, Hinton Battle
Genre : Comédie musicale - Durée : 2H11 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Cédric Jager
Dreamgirls est une comédie musicale pétrie de contradictions. Le film dénonce le pouvoir de l’argent et son arrivée dans le monde de la culture et plus précisément, dans ce cas, dans le monde de la musique noir américaine, le rythm’n blues. Venant d’un film à gros budget dont le but est de toucher le plus de monde, sans démarche artistique véritable, pour voir rentrer les gros dollars, on remarque là une première contradiction. Toute une brochette d’acteurs noirs américains est présente dont deux purs produits de la musique américaine commerciale et fade (Beyoncé et Jamie Foxx), musique qui semble pourtant être dénoncé par le film. Deuxième contradiction. Et alors que le film tente de clouer au pilori la musique commerciale, le final est terriblement consensuel, neutre, les « fabricants » du film voulant manifestement un happy end à tout prix, condition nécessaire au manuel du parfait succès commercial, au risque de décevoir même les amateurs du film.
Après un début prometteur, vigoureux, le film subit rapidement une baisse de rythme. Et ce n’est ni le jeu ennuyeux de Beyoncé, ni l’interprétation routinière de Jamie Foxx qui réussissent à nous tenir éveillés. Eddy Murphy, en revanche, est plein d’allant et réussit à donner un peu d’humanité à son personnage. Mais la véritable révélation du film est Jennifer Hudson, énergique et avec une voix puissante et typée, elle vole, sans difficulté, la vedette à Beyoncé tant dans l’histoire qu’à l’écran.
Il faut tout de même reconnaître quelque chose de positif à ce film. Dans son portrait du passage de la véritable musique noir américaine affirmant une identité à une musique fade et sans personnalité (mais avec beaucoup plus de succès), Dreamgirls a le courage de nous dire que la musique dont nous inondent les stations de radio est absolument sans intérêt, ce n’est même pas de l’art, tant elle est vidée de sa substance pour tenter de toucher le plus de monde, pour faire de l’argent. Ce qui est appelé rn’b aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le rythm’n blues des années 1960, 1970. C’est insignifiant. Ainsi, Beyoncé elle-même est raillé, avec sa voie ordinaire, bien pâle à côté de celle de Jennifer Hudson. On pourrait croire que cela est fait pour les besoins du film, mais même quand Beyoncé essaie de donner de la voix, on a mal pour ses cordes vocales, tellement il est évident qu’elle force. Il y a quelque chose de comique à voir cette chanteuse jouer le rôle principal d’un film qui tente de critiquer précisément ce qui l’a vu arriver là ou elle en est. On pourrait croire que le film tente de jouer sur plusieurs degrés. En vain. Il semblerait que dreamgirls soit entièrement une fiction. Et pourtant cela reflète tellement la réalité.
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