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Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2007 Mercredi 10 Janvier | Les critiques de la rédaction : 12h08---------------------------------------------------------------Un film roumain de Corneliu Porumboiu avec Mircea Andreescu, Teodor Corban, Ion Sapdaru, Cristina Ciofu, Luminita Gheorghiu, et Lucian Iftime
Genre : Comédie dramatique - Durée : 1H29 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Cédric Jager
Le cinéma roumain se porte bien. Après la (remarquable) mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu, on découvre un nouveau cinéaste avec ce film ironique et réussi. Caméra d’or à Cannes, 12h08… dépeint un portrait de ce qu’est aujourd’hui la société roumaine. Beaucoup d’auto dérision, notamment dans la seconde partie du film (un débat TV) et un humour absurde, très particulier en font la comédie la plus réjouissante de ce début d’année.
Le film traite de l’évènement qui s’est passé en Roumanie le 22 décembre 1989 à 12h08 exactement, à savoir la fin de Ceaucescu retransmis à la télévision. Il est abordé par le biais de la télévision. Le débat retransmis s’attache à une question : qu’est ce qui s’est réellement passé le 22 décembre ? Les roumains sont-ils sortis de chez eux avant ou après 12h08 ? Peut-on parler de révolution ou seulement de réaction à la fin de Ceaucescu ? En tout cas, la révolution roumaine en prend un coup avec cette vision pleine d’auto dérision.
Pour discuter de cette question, un présentateur TV autoproclamé journaliste décide de réunir deux invités. Il passera toute la première moitié du film à les chercher pour que l’émission ait lieu. C’est vous dire l’éminence des invités et la passion que suscite le débat. Le premier invité est un professeur d’histoire ivrogne et mythomane tandis que le second est un vieil homme un peu gâteux. Le débat qui se déroule alors est à la limite du pathétique entre l’introduction faîte par le présentateur et sa référence au mythe de la caverne de Platon et la suite absolument navrante comme seule la télévision peut le faire. Celle-ci en prend d’ailleurs pour son grade car s’il est établi qu’il n’y a pas eu révolution, la télé se serait appliquer à en fabriquer une.
Le cinéaste n’a cesse de démythifier cette révolution roumaine en la reléguant toujours au second plan. Il la confronte (le sujet proposé aux élèves sur la révolution française), le débat qui tourne à la question de savoir si le professeur est un menteur ou non et finalement cette voix en échos que l’on entend sur le plateau à la fin du débat qui illustre bien toute la première partie du film : le monde a changé le 22 décembre 1989 à 12h08 mais il continue d’avancer aujourd’hui.
| Par Jacques Coulardeau
INSIGNIFIANT, DU MOINS POUR NOUS. Peut-être que cette vision d’une révolution faite par des ivrognes inconstants et sans vision au-delà du bout de leur nez rouge est intéressante à Bucarest. Mais elle laisse indifférents ceux qui par ici croient encore un peu que le monde ne s’améliore que par l’action consciente et volontaire de qui peut imaginer un avenir différent du lévitique imposé par tout régime quel qu’il soit sous la forme d’un dogme que l’on appelle parfois dictature, ou encore constitution, ou encore capitalisme, ou encore environnementalisme écologiquement durable pour esprits enfermés dans un passé agraire régressif et disparu, heureusement et à jamais. L’Irak me rend irascible à toutes ces visions désabusées du monde qui renvoient dos à dos des ivrognes mégalomanes d’un côté et des paranoïaques délirants de l’autre. Un peu de conscience humaniste s’il vous plait.
Dr Jacques COULARDEAU
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