L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Spectateurs, que vous participiez de la vie monacale ou non, soyez sûrs de l’être avec une si brillante composition: cette immersion dans le recueillement et le silence (un grand silence il est vrai) du monastère de la Grande Chartreuse vous invite en tant qu’explorateur ou exploratrice à investir le caractère intemporel et harmonieux d‘un tel espace. En seulement quelques plans fixes et arrêts sur images, lenteur et caméra glissant avec extrême douceur d’une atmosphère à l’autre, l’œuvre absorbe l’œil du spectateur n’ayant alors qu’une envie: rester dans la salle, puisqu’il se croit déjà être le visiteur du monastère.
L’austérité et la rectitude d’une telle dimension et sa réalisation ambitieuse sont la condition d’exécution d’une leçon méditative touchante et fragile. Sans gourou, sans secte, sans jugement, sans condamnation, sans même prise de position, ce documentaire, aux antipodes du film-fiction, ne parle pas mais ressent et décrypte (si l’on se permet le jeu de mots) les cérémonies, les assonances des cloches, les chants religieux et les prières conçus comme unique dialogue pris sur le vif.
La nature environnante quant à elle force le respect et la contemplation. On y découvre des moines dans de drôles de situations, public surpris et agréablement surpris par l’originalité qui se glisse dans un thème au prime abord distant et froid: joie, célébration spirituelle, être perçu et vécu intensément, vous offre une aura de sensibilité à toute épreuve, bien loin des stéréotypes et conventions déréalisant à tort le thème monacal.
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