Sorties cinéma Sorties Cinéma en Déc 2006 Mercredi 20 Déc | Les critiques de la rédaction : Coup de sang---------------------------------------------------------------Un film français de Jean Marboeuf avec Pierre Arditi, Marie-Christine Barrault, Jean-Paul Bazziconi, Fadila Belkelba, Paul Borne, Georges Caudron, Christelle Charpentier, Michèle Simmonet
Genre : Drame - Durée : 1H24 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Un roi sans divertissement est un homme plein de misère: tel aurait pu être le titre de cette fable à la fois humaniste et nihiliste. Enjeu ambigu, termes paradoxaux, Jean Marbœuf a bien abusé d’une lecture des Pensées de Pascal et à juste raison, promenant son héros (si le mot est ici toujours valable puisque le personnage principal, incarné avec sobriété par un Pierre Arditi en grande forme, n‘est q‘un pauvre homme ordinaire et sans intérêt) qui n’est véritablement face à la caméra que par deux fois, le malmenant aux sièges de la morne solitude et de la pulsion incontrôlable et soudaine.
La caméra de Marboeuf, à la fois juste et cruelle, fortement désobjectivée, glissant de plans fixes aux plans coulisses, est un chaos qui s’organise en l’espace du noir et blanc où surgissent d’étranges tâches de couleurs: primauté de l’acte plastique, évidence d’esthétisme, le spectateur a très souvent l’impression de tout recevoir d’un coup et de trop.
Dites-nous pourquoi le principal protagoniste, veuf meurtri, amoureux déchu et engouffré dans une existence plate et bien trop débile, en vient à une violence distribuée sans gêne et sans prix?
La réponse hélas ne vient pas réellement, ce que l’œuvre laissait pourtant croire: frustration évidente, gêne voire déception. La composition de Marboeuf oscille entre poétique et réalisme sans parvenir à nous donner les clés premières à la compréhension du compte à rebours qu’il a choisi d’opérer. Le flou est certes voulu mais ne permet pas de saisir (et c’est là la dimension primant sur la pure compréhension, toujours en retrait ) le pourquoi de cette tragi-comédie et de ses formes. Il y avait pourtant de quoi, avec de tels matériaux en sa possession, œuvrer brillamment sur le passage de l’engourdissement de l’individu en sa situation vide et immuable à l’action brutale, pulsionnelle et vitaliste, digne d’une performance vidéographique bousculant nos propres attentes sur l’image.
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