Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2007 Mercredi 31 Janvier
DVD du film | Les critiques de la rédaction : The Blood Diamond---------------------------------------------------------------Un film américain de Edward Zwick avec Leonardo DiCaprio, Jennifer Connelly, Chris Astoyan, Stephen Collins, Ato Essandoh, Francois Grobbelaar, David Harewood, Djimon Hounsou, Caruso Kuypers
Genre : Aventure - Durée : 2H22 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
C’EST ÇA L’AFRIQUE! On attendait ce film pour deux raisons. D’abord le thème qui est un profond engagement dans un des drames de la globalisation vue de l’Afrique. Le trafic des diamants qui suscitent et financent des guerres. C’est là une tendance forte qui monte à Hollywood : s’engager sur ces questions d’humanité, d’humanisme. Ici les enfants soldats qui financent de leur sang le trafic diamantaire. Le film est poignant à ce niveau et révèle la plus forte horreur qui survit dans ce monde moderne, venue des temps les plus anciens. Et ce sans la moindre fausse conscience. Il faut absolument se souvenir qu’il y a sur nos monuments aux morts ou à la Résistance des noms d’enfants de quinze ans, parfois moins, et quelques unes des toutes premières victimes des Nazis n’avaient pas dix huit ans, parfois loin de là. Il s’agit aujourd’hui de bannir à jamais de la planète cette pratique séculaire pour produire une humanité qui ait la chance d’être pacifique . Le film montre combien les réflexes conditionnés de ces enfants soldats peuvent être plus forts que les liens du sang familial, presque plus forts car on peut – parfois – les bloquer et rouvrir la porte à l’humanité. La musique d’Emmanuel Jal, un enfant soldat lui-même, donne au film une quatrième dimension, surtout que l’acteur principal noir a connu ce sort lui aussi directement. Mais on attendait aussi ce film car on suit la renaissance de Leonardo di Caprio depuis qu’il a perdu son look d’Adonis, chérubin adolescent. Les infiltrés ne m’avaient pas vraiment convaincu. Trop empâté physiquement et un langage corporel trop faible. Ici il a perdu un peu de son empâtage et il commence à couler son corps dans son rôle. Son visage apprend à exprimer la haine, le cynisme, la méchanceté, la cruauté et même la douleur, mais pas encore l’extatique désir purement physique que l’on souhaite voir grandir en passion. Mais son corps a encore des attitudes, des factures d’adolescent pubère sur une plage quelconque (The Beach). Pourvu qu’on ne l’enferme pas dans des rôles de cyniques cruels comme on l’avait enterré dans des rôles d’adolescents à peau douce et à peine duveteuse. Il doit y avoir en lui bien plus qu’une masse de chair frémissante et jouissive.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
Ed Zwick, réalisateur de film à gros budget et à thème historique, a choisi pour sa nouvelle épopée de s’attaquer au commerce du diamant, pierre précieuse, très appréciée par les occidentaux et qui se trouve surtout en Afrique. Cette bonne intention survit pourtant difficilement au traitement hollywoodien de l’histoire. Les principaux défauts inhérents aux films d’Ed Zwick sont présents. Les acteurs surjouent, la mise en scène est académique, le scénario prévisible et l’histoire vécue du point de vue d’occidentaux (Connelly, un peu trop parfaite au milieu des bidonvilles et Di Caprio qui jouent un personnage d’origine sud-africaine mais qui ressemble à s’y méprendre à un occidental…)
Ces défauts récurrents sont renforcés par un film qui semble être un portrait de la crise africaine pour les nuls. Le regard sur l’Afrique est caricatural, ethnocentriste, simpliste et naïf.
Les deux principaux acteurs, américains et glamour, vivent aussi leur petite histoire sentimentale avec dialogue larmoyant de circonstance sur leurs problèmes sentimentaux au point que l’on en oublierait presque que l’on est en Afrique au milieu d’une guerre civile. Le cinéaste ne peut résister aux très beaux plans fixes de couchers de soleil, qui n’ont d’ailleurs pas beaucoup changé depuis le dernier samouraï.
Il s’agit tout de même de saluer l’intention du metteur en scène qui, sans se méprendre sur le pouvoir d’un tel film, choisit de dénoncer cette exploitation de l’Afrique, dénonciation doublée d’une certaine critique d’un journalisme prêt à tout pour des scoops et d’un regard parfois ironique sur le comportement des américains.
Heureusement, il existe tout de même de gentils occidentaux pour aider les africains qui ne peuvent s’en sortir tout seul…
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