Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2007 Mercredi 24 Janvier
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Pars vite et reviens tard---------------------------------------------------------------Un film français de Régis Wargnier avec José Garcia, Marie Gillain, Lucas Belvaux, Olivier Gourmet, Michel Serrault, Nicolas Cazalé, Linh Dan Phan
Genre : Policier - Durée : 1H55 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
PLANQUEZ-VOUS. ILS ARRIVENT. Les tueurs en série frappent la France enfin. Et en plus nos bons Français ont bien appris leur leçon et ils savent finalement faire une sauce qui se tient sans trop de béquilles. Une sombre histoire de trafic en Afrique qui se termine par l’assassinat de l’empêcheur de tourner en rond, sous les yeux de son propre fils. Une vengeance qui prendra quinze ans à mûrir et s’ancrera dans la peur restée vivace chez une grand-mère dérangée par la dernière épidémie de peste en France en 1920. Les voilà qui vont tenter de se venger en déclenchant une épidémie de peste avec des puces de rat. Mais c’était sans compter sur l’attrait du fric de ces dérangés du cerveau de la vengeance. Ils auraient merveilleusement échoué si une bâtarde ne s’était pas emparée de l’affaire. Là cela devient vraiment glauque et bonjour les dégâts. La police est impuissante devant ces mystères cabalistiques et va recruter l’aide d’un vieil intellectuel cassé à 45 ans par le témoignage à charge de deux ados qui l’ont accusé d’avoir tenté de violer une gamine, alors même qu’il leur avait arraché la fille quand ils étaient eux-mêmes en train de la violenter à quatre mains. La fille devait aimer en quelque sorte puisqu’elle ne donnera pas sa version des faits. C’était le doux temps à la OUTREAU où les témoignages d’enfants étaient sacralisés et pris pour vérité absolue et argent comptant. Un célibataire était soupçonné par principe, et un homme marié, et avec des enfants en plus, l’était dix fois plus. En un mot un homme adulte était nécessairement suspect, et le plus souvent un suspect posé comme coupable, sur la simple parole d’un ou deux ados ou enfants sacralisés en victimes par principe. On comprend alors que ce film bien fait, très à la française pour le fonctionnement policier qui sait parfois s’enraciner dans les milieux interlopes, à la fois les protégeant et les rançonnant d’information, car les flics savent quelque part que certains innocents sont parfois accusés à tort, brisés mais qu’ils restent quelque part disponibles pour aider, même si cela ne leur rendra pas leur innocence. C’était encore au bon vieux temps d’avant OUTREAU, et OUTREAU semble vraiment tarder à arriver ici et là de telle sorte que l’après OUTREAU a des airs de l’avant comme s’il était encore cet avant. C’est aussi un merveilleux film touristique qui donne des vues de Paris surprenantes du haut de Beaubourg, du dessous de quelque pont Alexandre, des sommets des Halles (tout droit sue la Tour Eiffel. On pourra même avoir une vue rapide des rats des égouts. Des lieux hauts en couleurs et bas en altitudes que tout touriste qui se respecte devrait visiter, ne serait-ce que pour emporter un souvenir vivant, à poils, avec une longue queue rose, et des incisives tranchantes. Mieux qu’une Tour Eiffel en plastique, non ?
R Jacques COULARDEAU
| Par André Ruellan
Le réalisateur Régis Wargnier a bien du talent pour créer une atmosphère, mener une histoire et diriger les comédiens. En ce film, ce trio essentiel est présent, et comme je n'ai pas lu l'ouvrage qui l'inspira, j'ai fort apprécié ces multiples pistes garnies de haine, de vengeance, d'intérêts divers, tout au long d'une oeuvre sérieuse, réfléchie, pleine de suspicion et de crimes.
Il faut admirer l'apparent naturel d'une image bien travaillée, sombre, dense, dont le caractère dramatique est accentué par une caméra virtuose, mobile et assurée, plus d'ailleurs que le montage qui m'a parfois dépaysé.
Cette affaire criminelle est présentée avec mesure, d'un ton un peu grandiloquent, et qu'une bande sonore n'arrange guère lorsque certains parmi les nombreux comédiens se laissent aller à murmurer leurs états d'âme. L'ambiance particulièrement pittoresque de Beaubourg et de sa place est réussie, tandis que la paranoïa collective est parfaitement étudiée au gré de cette curieuse affaire policière.
Rendons grâce à José Garcia, impeccablement entré dans son rôle bouleversant et profond, tout comme Michel Serrault, remarquable de sobriété, et bravo à Olivier Gourmet qui excelle dans son personnage de lecteur nomade.
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