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Sorties cinéma Sorties Cinéma en Novembre 2006 Mercredi 15 Novembre
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Babel---------------------------------------------------------------Un film américain de Alejandro González Inárritu avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal, Mahima Chaudhry, Jamie McBride, Kôji Yakusho, Shilpa Shetty, Lynsey Beauchamp, Paul Terrell Clayton
Genre : Drame - Durée : 2H15 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
NON A LA GUERRE ANTI-TERRORISTE ! Il s’agit ici d’un film coup de poing et manifeste. La globalisation et la guerre contre le terrorisme transforment de toutes pièces un monde pris dans des cultures, des normes, des langues et des traditions différentes en une pétaudière de différences dressées les unes contre les autres par l’impossibilité dans un sens comme dans l’autre d’écouter et d’entendre les autres, raison de plus de leur parler. Il n’y a pas plus sourd que qui ne veut entendre et il n’y a pas plus muet que qui hurle à tue-tête. Que ce soit la frontière américano-mexicaine que la paranoïa de l’invasion par des clandestins transforme en immense désert glauque de bêtes que l’on pourchasse et de chasseurs en uniformes. Bientôt on y construira un nouveau mur de Berlin. Ich bin ein Berliner, disait Kennedy devant le premier. Que dirons-nous devant le second ? Que ce soit les touristes en manque d’exotisme dans la montagne marocaine et qui se trouvent confrontés à une balle pas perdue du tout tirée par un gosse paumé comme c’est pas permis et qui veut prouver qu’il est le meilleur en blessant une bête qui bouge, en l’occurrence un bus de touristes. Une femme est touchée et cela déclenche une crise internationale qui bloque l’hélicoptère nécessaire et transforme un délai de douze heures en un retard de quarante-huit heures. Et ce uniquement parce que les codes de morale de la civilisation traditionnelle de la montagne marocaine s’écroulent devant la banalisation par les médias d’une transformation de tout ce qui bouge en cible d’entraînement. Deux gosses en pleine éruption adolescente deviennent deux dangereux terroristes sans cause aucune en se faisant des tireurs imbéciles. La guerre contre le terrorisme crée cette dérive et ensuite bloque les secours. Que ce soit au Japon où des filles sourdes et muettes sont humiliées par des garçons qui les traitent en monstres au point qu’elles en deviennent racoleuses et alors les mêmes garçons les traitent comme des bocaux à poissons rouges dans lesquels ils peuvent venir rincer leur goujon ou leur brochet. Cela crée alors une crise qui pourrait dégénérer de façon irréversible. Le monde d’aujourd’hui en se globalisant sans retenue transforme des différences en marais infestés de caïmans, et des pulsions adolescentes en crimes contre la sécurité de puissants. Les médias sont le tuyau par lequel la déculturation et l’aliénation éthiques sont répandues sans aucune limite d’expression qui n’est ni une vraie expression libre car totalement manipulée par des fantasmes dominants pondus par des puissants, ni une liberté quelconque car la liberté se doit d’être un dialogue respectueux : ma liberté s’arrête là où la liberté de l’autre commence. Et nous l’avons oublié. Et nous voulons l’oublier. Et nous imposons aux autres notre oubli volontaire et conscient, donc égoïste. Sublime film qui dénonce ainsi les fantasmes paranoïaques de quelques politiciens très politicards de Washington DC.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Joanna Levy
Deux fils de bergers marocains qui jouent avec un fusil. Un couple de touristes américains en vacances au Maroc. La nounou de leurs enfants qui veut assister au mariage de son fils au Mexique. Une jeune Japonaise sourde-muette mal dans sa peau. Voilà les protagonistes, des hommes et des femmes tous différents les uns des autres mais dont les chemins vont se croiser, s’entrecroiser et se décroiser.
L’idée ? Les gens ne communiquent pas. Ils ne s’entendent pas et quand ils prennent la peine de s’écouter, ils ne se comprennent pas. Cette absence de communication, cette impossibilité de l’échange, est au cœur de ce film qui n’est pas sans rappeler 21 grammes du même réalisateur de par l’enchaînement saccadé des séquences et le flou chronologique.
Les acteurs délivrent une interprétation impeccable : Brad Pitt est époustouflant de sobriété et prouve une fois de plus qu’il est capable de tout jouer et de bien le jouer. Quant à Kôji Yakusho, elle est tout simplement incroyable. Pour ne citer qu’eux deux.
Plus qu’une histoire avec un message, Babel, c’est aussi une vraie réussite d’un point de vue purement cinématographique et esthétique avec une caméra qui met les acteurs à nu et capture des images d’une beauté singulière.
A voir, tout simplement.
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