Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2006 Mercredi 18 Octobre
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Ô Jérusalem---------------------------------------------------------------Un film français de Elie Chouraqui avec Patrick Bruel, JJ Feild, Ian Holm, Maria Papas, Tovah Feldshuh, Tovah Feldshuh, Cécile Cassel, Shirel, Peter Polycarpou, Jamie Harding
Genre : Drame - Durée : 2H08 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Jacques Coulardeau
UN AMOUR SANS PARTAGE. Ce film, nous l’attendions depuis si longtemps, depuis 1948 en fait. Nous n’avons l’énergie de survivre dans un monde aussi injuste que celui des Auschwitz et autres camps d’extermination ou de torture, dans un monde aussi cruel que celui de toutes les guerres coloniales ou civiles, pétrolifères ou opiacées, dans ce monde de Chatilah et El Ghraib, de Dachau et Guantanamo, que dans l’amour infini et immense que nous portons pour les peuples porteurs de nos racines les plus profondes, que ce soient les Juifs ou que ce soient les Arabes, en un mot les visionnaires sémites qui nous ont donné notre spiritualité et notre intellectualité. C’est bien pour cela que le drame incommensurable du nazisme et de la solution finale, du fascisme et de l’extremination de tous ceux qui pouvaient avoir une once de pensée alternative ou un gramme de sang juif, tzigane, gay, ou simplement porter l’antipathie de quelque notable national-socialiste, nous déchire encore l’âme et le cœur car il a produit un destin si tragique et si intense dans ces chaudes terres de Palestine que même quand nous dormons profondément la profondeur de notre sommeil en est troublée d’un vague remord. Depuis tant et tant de siècles on nous a pris au piège de l’hostilité de l’autre, qu’il soit Juif ou Arabe, israélien ou musulman, que nous ne pouvons plus simplement respirer sans souffrir du plus profond de notre chair. Et c’est bien cela qu’Elie Chouraqui réussit à faire. Saisir une situation historique tragique dans toute sa dimension émotionnelle sans que nous puissions jamais vraiment être d’un côté plutôt que de l’autre. Les personnages venus de New york sont tous animés d’un tel amour, hommes et femmes, amitié virile ou amour sentimental, amour filial ou parental, que chaque instant de cette lutte armée est un coup de poignard qu’ils se portent mutuellement et même presque narcissiquement les uns aux autres, l’accent étant mis sur la souffrance qui échoit au poignardeur quand il plonge la lame de sa dague dans le cœur frémissant d’amour de l’autre qui en aurait fait autant et souffert tout autant s'il avait eu le temps ou la force aveugle d’être le prelier. Et ainsi en plein dans cette bataille un homme épousera en Juif la femme qu’il aime avec parmi ses témoins leur meilleur ami commun, un Arabe prisonnier qui n’est autre que le chef de l’autre camp et dont l’oncle a été tué par la main même de son ami le marié. Roméo et Juliette démultiplié car l’impossible n’est que l’image du possible au miroir de l’incompétence historique, et c’est bien là la seule idée qui ressort de ce film : les Anglais ont trahi l’humanité en n’étant ni capables ni désireux de créer une Palestine multiculturelle, multireligieuse et harmonieuse. Jamais vous ne vous sentez réduit à devoir choisir votre côté et l’amour de ces hommes et de ces femmes, tout comme leurs espoirs et leurs combats, prend la dimension cosmique qui demain pourra peut-être enfin sauver la planète car l’avenir est bien dans l’amour et non dans les luttes de clochers ou de minarets. Demain peut-être ! Combien on aimerait que ce soit déjà hier ou que nous soyons déjà après-demain !
Dr Jacques COULARDEAU
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