Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mars 2006 Mercredi 08 Mars
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Le Temps des porte-plumes---------------------------------------------------------------Un film français de Daniel Duval avec Jean-Paul Rouve, Anne Brochet, Denis Podalydès, Annie Girardot, Lorant Deutsch, Swann Arlaud, Mélanie Bernier, Emylou Brunet, Daniel Duval, Raphaël Katz
Genre : Comédie - Durée : 1H34 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Jacques Coulardeau
NOSTALGIQUE – TRISTE – PRESQUE DÉSESPÉRÉ. Le sujet aurait pu donner un grand film. Son traitement donne une ambiance glauque dans laquelle aucun problème n’est examiné avec la moindre profondeur. Comme quoi sans auteurs la création devient bien pauvre. L’école est une caricature. La famille d’origine est une esquisse plutôt outrée. La famille d’accueil est d’un sinistre plus triste que moi tu meurs. La vie à la campagne est plus ou moins égalée à un enfer quasi-permanent de travail et d’escarmouches brutales. On a même ajouté une sorcière et quelques autres superstitions. Sans compter bien sûr la consanguinité qui fait que le frère tombe amoureux de la sœur et que seul le curé le sait du fait de la confession du père commun qui a semé sa graine à tout vent. On n’entre jamais dans la profondeur d’une situation et dans les contradictions de ces situations, les joies et les peines, les malheurs et les bonheurs, etc, d’une vie humaine normale. La nostalgie des années cinquante ne suffit pas à remplir un tableau vide par ailleurs. C’est dommage parce qu’on aurait pu vraiment en faire un film de découverte de la joie profonde du travail des champs, de la vie dans le labeur de la campagne, ou bien de l’émerveillement fascinant de la vie du village pour le petit enfant de la ville qui ramassait du coke le long des voies ferrées pour survivre. Même la vieille sorcière qui devient une grand-mère imprévue ne sauve pas la mise car il y a là un brin trop de secret. Ne parlons pas du final qui est un rêve d’une naïveté telle qu’il en perd tout sens : quel est l’enfant qui n’a pas voulu voler, j’entends dans les airs ? Encore faut-il construire ce rêve et ne pas le réduire à s’envoler en fumée dans un ciel d’été. Un peu dommage que ce film n’apporte pas la magie que l’on est en droit d’attendre de son intention. Tout réalisateur n’est pas nécessairement un Victor Hugo qui sait conjuguer l’art d’être grand-père, ou encore quelqu’autre art qui plonge ses racines dans les dessous de la ville, dans les égouts de l’âme, dans les tempêtes sous les crânes.
Dr Jacques COULARDEAU
|
|
| |