Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2006 Mercredi 15 Février
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Fauteuils d'orchestre---------------------------------------------------------------Un film français de Danièle Thompson avec Cécile De France, Valérie Lemercier, Albert Dupontel, Laura Morante, Claude Brasseur, Christopher Thompson, Dani, Annelise Hesme, François Rollin, Sydney Pollack, Suzanne Flon, Michel Vuillermoz
Genre : Comédie - Durée : 1H46 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
BOULEVARD BAGUETTE ET TARTARE DE BARBARIE. Pour la première fois, et seul un film permet un tel montage et de telles ellipses, nous pouvons suivre en parallèle entrecroisé un concert classique de Beethoven (le concerto Empereur), une farce comique de Feydeau (Ne te promènes donc pas toute nue) et une vente monumentale d’œuvres plastiques (tableaux, sculptures, dessins) pour des millions d’euros, sans compter le projet d’un film sur Simone de Beauvoir, et bien sûr les deux centres de cette vision qui sont la gardienne des portes de l’auditorium du concert classique, ancienne de l’Olympia Bruno Coquatrix qu’elle vénère, et la serveuse intérim à l’essai, mais qui va rester, du Bar du Théâtre, seul bistrot de ce petit quartier qui doit servir l’auditorium, le théâtre et la salle de ventes au jour le jour. Il ne manque qu’une diva lyrique ou un contre-alto liturgique et sacré pour que le mix soit complet, et Aznavour sur walkman ne suffit pas. Le film analyse les préjugés, les réactions épidermiques et généralement ségrégatives des artistes et des publics face à ces formes de spectacle. Le film émet le vœu pieux qu’un jour on puisse jouer Beethoven sans queue de morue et sans noeud papillon. Le film défend la liberté artistique des artistes interprètes comme si l’auteur ou le compositeur n’existaient pas car ils sont réduits à n’être qu’un brouillon dont on doit se débarasser le plus vite possible comme d’un chapeau ridicule et d’une perruque inutile. Auteurs, compositeurs, chorégraphes et autres créateurs de première main ne sont que des colifichés dont les artistes interprètes se fichent à longueur de scène théâtrique. Ah ! si les artistes pouvaient évoluer sous leur seul contrôle dans leurs chemises de nuit intimes ou leurs pyjamas libidiniques ! Ah ! si l’artiste interprète pouvait devenir le seul créateur sur scène, sans metteur en scène, sans chef d’orchestre, sans aucune limite imaginable ! Mais cela n’est qu’un vœu pieux car les artistes interprètes ne savent rien faire d’autre qu’interpréter des partitions et des œuvres et de broder dessus quelques variations, quand ils le peuvent. La vanité de l’artiste interprète est réduit à jeter son smoking de scène et à baisser ses bretelles rouges en plein milieu d’un concert qu’on interrompt puis qu’on reprend. On se serait cru au parlement de Donnadieu : comment revaloriser l’auteur, le compositeur, l’œuvre, dans un monde qui ne connaît que le plaisir de l’interprétation, que le plaisir du sandwich sans se demander d’où peut bien venir la salade. Il suffit d’une grippe aviaire ou d’un P2P, après le MP3 et autres moulinettes à sons et à images, pour que tout à coup on réalise que les poulets ne sont pas des entités abstraites et les auteurs ou compositeurs des mythes bibliques qui peuvent survivre dans leur seul esprit divin qui ne mérite ni ne nécessite aucune nourriture et aucune vêture. Le film en plus enrobe le tout dans un discours un peu sentimentaleux-sentimentaliste des histoires émotionnelles personnelles des personnages de ces événements. Il n’en faut pas plus pour lier la pâte d’un sujet plutôt éclaté et disparate. Mais qu’est-ce que le monde du spectacle est un monde de piranas qui ont tous une mâchoire complète de deux ou trois rangs de dents contre tous les autres dans ce même monde qu’ils dévorent tels des carrés d’agneau comme s’ils n’avaient pas mangé depuis au moins trois mois.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Lucie Castagna
Des acteurs épatants, des dialogues savoureux, une histoire simple et efficace, voilà les ingrédients d'une recette parfaitement réussie....Cette comédie printanière nous entraîne au coeur de la vie d'artiste, entre théâtre et musique classique..."Fauteuils d'orchestre" est un film-bonbon, où les personnages nous touchent tous à leur façon et se croisent devant nos yeux de spectateurs séduits par tant de simplicité...
Que dire d'une Valérie Lemercier, drôlissime et séduisante en actrice de télé passionnée et maniaco dépressive...Ou d'un Albert Dupontel fragile et déterminé en pianiste de concert désabusé et rebelle...Dani est particulièrement touchante avec son casque sur les oreilles et sa collection Olympiesque...Christopher Thomson, coscénariste du film avec sa maman, joue ici le rôle d'un fils rancunier mais plein d'amour pour un Claude Brasseur tendre et généreux....
Tout ce beau monde se rencontre devant le regard de la jeune Jessica, véritable fil rouge de ces histoires entremêlées. C'est Cécile de France, la plus française des actrices belges, tout juste césarisée pour son rôle d'Isabelle dans "Les poupées russes" qui donne son corps et son âme à cette petite provinciale qui monte à Paris comme on commence sa vie.... Elle est d'une fraîcheur, elle éclaire l'écran et nous redonne le sourire...
C'est léger et profond à la fois, et on ne peut qu'être émus devant les dernières minutes, la voix de Suzanne Flon qui s'est éteinte peu après le tournage et ces mots "J'ai eu une belle vie"...Devant ces images, on n'en doute pas un seul instant...
| Par Claire Fortier-Durand
Quel plaisir de voir un film où les personnages se croisent, se connaissent, se reconnaissent, s'aiment, le tout orchestré autour du personnage interprété par Cécile de France; touchante de sincérité et de sensibilité.
Tous les personnages sont différents mais se retrouvent dans le café où tous se retrouvent. Univers artistes où certains sont blasés de la vie, certains autres s'émerveillent et d'autres encore sont étonnés de voir à quel point ils meuvent être émerveillés...
Chaque personnage est en crise, a un problème existentiel mais à différents niveaux, à différentes profondeurs.
Et une fois que les spectateurs arrivent, la comédie de la vie se met en place.
Et quelle belle comédie.
| Par André Ruellan
Comment ne pas aimer " Fauteuils d'orchestre", cette allègre comédie saupoudrée d'émotion et d'une pincée d'amertume, film en rouge et noir comme l'âme du spectacle?
Et en plus, les amoureux des arts sont comblés avec cette suite d'épisodes pleins d'humanité et d'amour autour du théâtre, de la peinture, de la sculpture, de la musique, vue par une jeune serveuse de bar branché où s'épanchent humour et nostalgie.
Tous les personnages sont bien saisis, décrits, parfaitement filmés et dialogués. Normal: bon sang des "Thompson" ne saurait mentir! Et quelle virtuosité dans ces longs plans performants animés d'un rythme brillant.
Quant aux interprètes, quelle maestria dans le choix du casting et les talents ainsi mis en évidence, comme Cécile de France, gentille, nature avec sa voix juvénile. Etonnant et superbe Albert Dupontel en pianiste virtuose musclé et plein d'abnégation. Phénomènale, Valérie Lemercier en actrice capricieuse et pétulante. Dani qui met un zeste de mélancolie en interprètant un rôle à play-back.
Enfin, le duo Claude Brasseur-Christopher Thompson est remarquable de pudeur et de sobriété.
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