Le Synopsis officiel du film (Wild Bunch Distribution) :
Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l'opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l'oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet. |
| L'avis des cinéphiles internautes (2 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
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Par bibi (Publiée le 28-03-2013 à 19:17)
Un épisode historique du Chili : la chute de Pinochet. Désolée, mais je n'ai pas réussi à entrer dans ce récit avec ces publicitaires audacieux et courageux, certes! Ce film m'a très vite ennuyée et je le regrette fortement. C'est Gael Garcia Bernal, découvert dans "Même la pluie", qui m'a décidée à aller voir "NO" mais j'en ai été très déçue. On se demande pourquoi il trimballe son fils quasi muet, dans ses bras, presque tout le long du film. J'ai trouvé l'actrice qui joue la maman du garçonnet (et l'ex-compagne) très mauvaise dans son rôle. La lumière et la caméra deviennent rapidement fatigantes. L'idée, au départ, est louable mais la retranscription n'est pas à la hauteur. Film long, pas suffisamment réprobateur et accusateur et franchement pénible à visionner. Dommage!
Par Henri (Publiée le 08-03-2013 à 23:31)
"No" est un film pas forcément facile, hautement politique en même temps que faussement politique, en tout cas passionnant pour qui se sent citoyen -en principe, chacun d'entre nous-. Je m'explique. La morale du film, pour être clair, est absolument cynique: seule la communication -entendons-nous, la publicité, pour faire prosaïque- est capable de vendre un homme politique, ou ici, en l'occurrence une idée politique. On pense que le sujet du film, c'est la chute de Augusto Pinochet, féroce dictateur chilien et assassin de Salvador Alliende, pour ceux qui auraient la mémoire courte, sur un referendum. Oui, c'est aussi cela, mais ce n'est pas le sujet essentiel du film. Le sujet essentiel du film, c'est la toute-puissance de la com'.
Sans vouloir déflorer le film, quelques éléments de compréhension toutefois. Au début, une agence de publicité, chargée de vendre à des clients potentiels une campagne sur une pub pour une boisson style coca-cola. Nous sommes au Chili, le patron de l'agence est clairement identifié, le créatif, joué par Gael Garcia Bernal, tout autant. Ce dernier va être approché par les partisans du non au referendum qui se prépare. Il va accepter de diriger la campagne de communication. Son patron, lui, va s'investir dans la campagne pour le oui. C'est donc par le petit bout de la lorgnette que cet événement d'importance qu'est la chute de Pinochet va être analysé. L'opposition entre les deux hommes va être féroce, mais il n'y a aucun problème personnel, seule une bataille d'ego pour savoir lequel des deux est le plus compétent. D'ailleurs, la dernière séquence du film reprend textuellement la première, la boucle est bouclée. On l'a échappé belle: et si le personnage joué par Gael Garcia Bernal avait été le tenant du non? On aurait encore Pinochet? Non, pas tout à fait, les dictateurs ne sont pas immortels. On sait, depuis Séguéla, que Mitterrand a été élu grâce à "La Force Tranquille", que Chirac a été élu grâce aux "Guignols de l'Info" et au slogan "Mangez des pommes", mais le film "No" fait froid dans le dos, dans la mesure où l'on nous apprend que ce n'est pas le peuple qui élit ses responsables politiques, mais les publicitaires qui vendent un produit. En ce sens le film est d'une très grande rigueur, quand il décortique le processus, et je dois avouer qu'on est accroché, même si l'on connaît déjà le dénouement. Le personnage joué par Gael Garcian Bernal, acteur extrêmement brillant, est à cet égard édifiant: il est totalement concentré sur son travail, sur le fait de vendre un concept, un slogan, et, quand le non l'emporte, il est totalement -ou presque- extérieur à la liesse populaire.
En outre, le film a une construction foutraque et bricolée, qui fait que nous sommes tout près du documentaire, style "Envoyé Spécial": caméra sur l'épaule, qui bouge en permanence, images d'archives intercalées, cinéma vérité, etc. Ce point de vue est totalement revendiqué, voir le générique du début, générique désuet des films révolutionnaires du siècle dernier, repris de la même manière à la fin.
En même temps, le film est très politique. Ne pas oublier que nous sommes au Chili et que les fascistes au pouvoir sont prêts à tout et l'on s'attend, à chaque séquence, à la fin brutale du processus démocratique: menaces, filature, climat de terreur, etc.
C'est l'amalgame de la pub et du contexte politique à haut risque qui fait tout l'intérêt du film, film passionnant, qui mériterait d'être analysé, vu et revu, et pas seulement d'un point de vue cinématographique.
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