 | Syngué Sabour
Un film français de Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, et Hassina Burgan
Genre : Drame - Durée : 1H40mn
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Le Synopsis officiel du film (Le Pacte) :
Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu'à ses secrets inavouables. L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate ! |
| L'avis des cinéphiles internautes (2 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
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Par charbif (Publiée le 07-03-2013 à 10:27)
"Syngué sabour" : un film tourné par un écrivain sur son propre livre.
Atiq Rahimi met en scène une jeune afghane obligée de veiller son mari
plongé dans le coma en pleine guerre civile, à Kaboul. Le film a été
tourné au Maroc et l'actrice pressentie pour le rôle principal est...
GOLSHIFTEH FARAHANI. Si vous êtes de ceux qui admirent cette jeune
actrice iranienne exilée dans notre pays, n'hésitez-pas ! Pour son
sourire, pour sa grâce, pour entrevoir son corps pudiquement nimbé de
pénombre quand elle se purifie d'un acte sexuel auquel on l'a forcée (
mais que le réalisateur ne fait que suggérer), pour cette larme fugitive
qui perle au coin de sa paupière droite, pour la plénitude de son regard
au plan final. Nul doute qu'une adaptation au théâtre serait une réussite
elle-aussi et que Golshifteh pourrait en avoir la vedette. Jean-Claude
Carrière et son épouse, Nahal Tajadod, devraient s'y atteler dès
maintenant.
Par Henri (Publiée le 25-02-2013 à 23:22)
Que des bonnes femmes dans la salle ou presque! Me voilà reparti pour un bon film féministe, fait par une femme! Et puis, je suis sidéré d'apprendre par une copine, à la sortie, que la réalisatrice, eh bien, c'est un réalisateur, et qu'il s'appelle Atiq Rahimi, que c'est un Afghan, si j'ai bien compris, qu'il a écrit le bouquin, "Syngué Sabour-Pierre de patience", et que c'est lui-même qui adapte et réalise le film. Je suppose, compte tenu de ce que raconte son oeuvre, qu'il ne réside plus en Afghanistan, et pour cause!
D'emblée, il faut le dire, voilà un film qu'il ne faut pas manquer actuellement, dans la lignée de "L'Etrangère", des "Femmes du bus 678", de "Le Noir (te) vous va si bien", de "Wadjda", pour ne citer que les plus récents! Film extraordinaire, où l'on retrouve le triptyque sulfureux, la religion, la femme, le sexe, mais traité ici avec une originalité pas encore vue.
Posons les choses: une jeune femme afghane a récupéré son mari, dans le comas, avec une balle dans la nuque, espèce de légume dont le mollah a dit qu'il devrait en principe, au bout de quelque temps, se réveiller. Suprême stupidité, c'est probablement l'un des siens, qui, à la suite d'une dispute, lui a tiré dessus. Nous sommes en plein guerre dans la ville, la jeune femme veille son mari et s'occupe en même temps de ses deux petites filles. Voilà le cadre posé.
Partant de là, on assiste à un long monologue de la jeune femme, à une psychanalyse originale, dans la mesure où elle choisit le corps sans réaction de son mari comme analyste. Sa tante lui a conseillé de choisir une pierre, de se confier à elle; quand la pierre explosera, elle sera libérée. Mais elle, elle choisit son époux, et l'on va en apprendre des choses! Rarement on apprendra tant de choses sur la société islamique, sur la sexualité des femmes, sur la profonde horreur de la religion, qui aliène les femmes au point qu'elles en finissent par aimer leur propre esclavage. Au bout du compte, elle sera libérée, dans tous les sens du terme.
Bien sûr, cette espèce de huis clos est tout sauf cinématographique et, au début, on craint un peu la suite. Mais, très vite, on s'attache au personnage, à cette femme si profondément belle, à la beauté des images, aux cadrages, bref à ce magnifique portrait de femme et on se dit que la relation homme/femme est loin d'être réglée, quel que soit le pays, quelle que soit la religion et l'on est bien obligé de conclure que la libération des femmes sera l'œuvre des femmes elles-mêmes. On sort de la salle avec des envies de meurtre. Pour tout dire, si j'étais une femme, j'aurais en permanence sur moi un cutter ou, de toute manière, une lame bien effilée.
Quel beau film, quelle intensité, quelle émotion! Et, encore une fois, qu'un homme ait pu, à ce point, épouser le point de vue féminin, voilà qui est stupéfiant! Film politique, film magnifique, film aussi réjouissant, plein de poésie, et parfois d'humour, film étonnant dans sa modernité. Même l'Afghanistan peut nous en remontrer, en matière de cinéma, ce n'est pas la moindre des surprises de cette œuvre admirable!
Terminons par la plus belle réplique du film:
"Seuls les hommes qui ne savent pas faire l'amour font la guerre!"
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