 | Django Unchained
Un film américain de Quentin Tarantino avec Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio, Christoph Waltz
Genre : Western - Durée : 2H28mn
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| L'avis de la rédaction - Par Jacques Coulardeau
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UN SOUTHERN SPAGHETTI À LA SAUCE BOLOGNAISE ÉPAISSE.
Sergio Leone dans les cordes enfin. On trouve ici tout les
constituants d’un Southern profond, un film sur le Sud du temps où
l’esclavage était le sort naturellement – j’entends par nature –
absurde imposé aux Noirs. Cette dénonciation de l’esclavage est
d’une force et d’une fureur telle que vous devriez prendre une bonne
dose de calmant avant d’aller voir ce film. Il y a des scènes
insoutenables.
Mais ce qui fait que ce film est un film de génie ce n’est pas cette
vision extrême de l’esclavage et de la bêtise absolument congénitale
sur une prétendue malformation du crâne des Noirs que certains
blancs prétendument éduqués pouvaient défendre, comme John
Caldwell Calhoun. C’est le regard nouveau qui se glisse sous chaque
scène, sous chaque plan. Le film est entièrement vu du point de vue
d’un esclave, libéré par accident par un immigrant allemand de
Düsseldorf et qui s’associe à cet esclave qu’il libère et dont il a
besoin pour réussir sa mission de chasseur de primes, et le Noir,
Django pour ne pas le nommer, accepte de partager cette
profession, bien que son objectif final soit de retrouver son épouse
qui a été vendue à une des plantations les pires du Mississippi et de
la libérer, ce qu’il réussira en fin de compte, bien sûr. Mais je ne
vous donnerai pas les détails.
Ce qui est neuf dans ce film c’est qu’il est entièrement vu du point
de vue d’un Noir qui a retrouvé sa fierté, sa liberté, sa volonté de
justice et les moyens d’obtenir cette justice par ses propres mains et
ses propres gâchettes. Ce film représente enfin la sortie de la vision
apocalyptique du sort des esclaves noirs qui a dominé pendant un
siècle la littérature et les arts noirs, comme dans Beloved de Toni
Morrison.
Les Noirs aux USA aujourd’hui sont en train de sortir de ce que l’on
appelle le Syndrome du Stress Post Traumatique que certains
appellent dans ce cas précis le Syndrome Post Traumatique de
l’Esclavage. Ce syndrome fait que les gens atteints sont les esclaves
complets de leur traumatisme et qu’ils n’arrivent pas à en sortir une
fois ce traumatisme surmonté ou fini, et soyons clair, il est
impossible de surmonter un choc traumatique comme celui de
l’esclavage par ses propres moyens. Il est nécessaire de
collectivement faire en sorte que la communauté des descendants
des esclaves acceptent de se souvenir du passé, de se réconcilier
avec lui et de se réengager dans la vie sociale globale, ce qui
implique que ces descendants des esclaves ont réussi à pardonner
les descendants des maîtres et tortionnaires d’esclaves et que ces
descendants des maîtres et tortionnaires d’esclave acceptent enfin
de ne plus considérer les Noirs comme inférieurs, ce qui leur donne
le privilège d’être supérieurs sans avoir à le prouver.
Ce changement de braquet est le résultat du mouvement des Droits
Civiques, de Martin Luther King et de Barack Obama, avec beaucoup
d’autres avant et entre eux deux, et cela a rendu aux Noirs aux USA
le droit et le sentiment d’appartenir en toute liberté et en toute
égalité à la société américaine. Après cela le ciel est la limite et la
Maison Blanche est a première marche de cette ascension céleste.
Dr Jacques COULARDEAU
[...]
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Le Synopsis du film - Par André Ruellan - Le plus grand, le plus fort, le plus beau c'est Django Unchained qui me rappelle le Django de Sergio Corbucci de 1966, un spaghetti italo-espagnol. Dans la nouvelle version , exit le Mexicain révolutionnaire et l'Américain raciste : place aux aventures mouvementées d'un ex-esclave noir qui désire retrouver sa femme et au dentiste allemand chasseur de prime, dans une réalisation due à Quentin Tarentino, avec Jamie Foxx, Christoph Waltz et Léonardo Di Caprio.
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| L'avis des cinéphiles internautes (8 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
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Par bibi (Publiée le 26-02-2013 à 17:55)
Violent et sanglant. De l'humour malgré la sauvagerie régnante de certains maîtres envers leurs esclaves. Les acteurs sont tous remarquables. Mon coup de cœur va d"emblée au talentueux Christoph Waltz. Samuel L. Jackson est méconnaissable et détestable dans le film. L'histoire est ahurissante et démontre toute l'inspiration de Quentin Tarantino qui ne nous épargne rien. Les 2h30mn passent sans qu'on s'en aperçoive (quelques scènes auraient pu être écourtées cependant). J'ai vu ce film en VO il y a un mois et il est encore présent à mon esprit. A celles et ceux qui n'ont pas encore visionné ce western: ce serait dommage de le rater. Un grand moment de cinéma. Excellent!
Par kristiane (Publiée le 17-02-2013 à 18:12)
Un film de presque 3 heures! Il faut tout le talent de Quentin Tarentino pour relever le défi avec brio. Le scénario de cette sérieuse parodie nous parle tout à la fois de racisme, de l'esclavage et mélange le western et ses chasseurs de primes à la vie des plantations du sud juste avant la guerre de sécession. Peut on tout parodier? La réponse de Tarentino est *oui*, l'outrance et la dérision permettent de faire passer le message et les tonnes d'hémoglobine balayent la noirceur de certaines scènes insoutenables, on ose espérer que le Klux Klux Klan ne se relèvera pas d'une séance de lynchage, dans laquelle ses membres montrent leur immense bêtise. L’interprétation est sans faille et le personnage de ce chasseur de primes allemand incarné par Christoph Waltz est tout simplement géniale, Jamie Foxx interprète Django avec un talent égal dans le drame et dans l'auto dérision...
Par Nannou (Publiée le 02-02-2013 à 19:00)
Coucou,
Moi je suis celle qui n'a pas aimé ce film. Je sais pour l'avoir constaté, que c'est mal vu, il ne faut pas critiquer Tarantino, cela relève du sacrilège, semble-t-il. Mais tant pis, je me lance.
Je suis allée voir ce film avec une copine, comme moi attirée par la plus qu'excellente et unanime critique de la presse, accompagnée des violons du public fan de Tarantino.
J'ai vraiment l'impression de ne pas avoir vu le même film que ceux dont j'ai lu les dithyrambiques commentaires.
Il faut préciser que je ne suis pas, au départ, une fan de Tarantino. J'avais déjà visionné un film de ce réalisateur qui, sans m'enthousiasmer, ne m'avait néanmoins pas déplu.
Celui-ci m'a carrément fait une très mauvaise impression ! Je suis sortie de la salle déçue et assez démoralisée, tant par le film lui-même que par l'idée que la violence qui y était véhiculée plaisait autant au public.
Je l'ai trouvé brutal, ultra-violent et même sadique. Caricatural et sanglant. Des passages censés être humoristiques m'ont paru bien lourds. Quelques moments intéressants, malgré tout, mais sans plus.
Alors je ne comprends pas ce décalage entre l'impression générale et la mienne. Il me semble être pourtant dotée d'un esprit relativement ouvert, d'une sensibilité normale. Je vais très souvent au cinéma et, globalement, les films qui plaisent au public ne me déplaisent pas. Mon opinion va plutôt rarement à contre-courant.
Que s'est-il donc passé, comment expliquer cette vision radicalement différente d'un même film ? Pour moi, c'est clair, c'est l'opposé d'un chef-d'oeuvre. Ce film ne m'est apparu ni émouvant, ni juste, ni intéressant, ni humoristique.
Ceux qui ont aimé le film ne précisent pas vraiment pour quelle raison. Les mots "violence jouissive" sont souvent cités dans les commentaires, est-ce que c'est cela qui caractérise à présent les chefs-d'oeuvre ?
Ma copine, elle, s'est carrément barrée juste avant ce qu'elle appréhendait être une scène de torture. Vu ce qui avait précédé, je la comprends.
Par Calypso49 (Publiée le 30-01-2013 à 09:10)
C'est du cinéma grand format tel que nous l'aimons. Tout a été dit.
Je trouve cependant quelques longueurs autour de Léonardo Di Caprio et un peu trop d'hémoglobine.
La musique, évidemment, est excellente.
Ce film a le mérite de rappeler les affres de l'esclavage que nous aurions tendance à oublier comme si cela ne nous concernait pas.
Par dominique (Publiée le 29-01-2013 à 12:01)
Très intéressant et impeccablement reconstitué, ce western sur fond de vengeance rappelle tous les bons produits du genre. On retrouve Tarentino au top de sa forme, avec sa pâte habituelle, ses clins d'oeil, son humour et le bain de sang rituel. Des personnages parfaitement interprétés, et l'on retrouve avec plaisir le pince-sans-rire Christoph Waltz d'Inglourious Basterds. A noter l'apparition surprise de Tarentino en fin de film qui ne montre en revanche pas la même aisance devant caméra que derrière. Un régal pour les habitués du genre à ne pas laisser entre toutes les mains notamment trop jeunes, bien-sûr...
Par Henri (Publiée le 28-01-2013 à 10:37)
Fan absolu de Quentin Tarentino, fan absolu de Sergio Leone et du western spaghetti, vous comprendrez que j'allais voir "Django Unchained" avec beaucoup de délectation et de gourmandise. Eh bien, je n'ai pas été déçu! Je considère ce dernier opus de Tarentino comme l'un de ses meilleurs avec "Pulp Fiction" et "Kill Bill".
Voilà un film que Sergio Leone n'aurait pas désavoué et qu'il aurait pu signer sans problème! Déjà, dès le début, mais: "Bon Dieu, mais, c'est… bien sûr… La bande-son, c'est d'Ennio Morricone!" Tiens, il vit encore, celui-là? Ben, oui, c'est confirmé par le générique: Ennio Morricone est à la manœuvre! Quelle musique, reconnaissable entre toutes, et, puisqu'on en parle, la bande-son est un petit chef-d'œuvre, avec une note de modernité rap, quel régal!
Et puis, "Django", ça fleure bon "Trinita" et tous les autres: Bud Spencer, Terence Hill, Lee Van Cleef, Eli Wallach, et surtout Clint Eastwood, "Il était une fois dans l'ouest", "Pour une poignée de dollars", "Pour quelques dollars de plus", "Le Bon, la Brute et le Truand", "Mon Nom est Personne" et quelques autres… Nostalgie, nostalgie…
Bien sûr, Tarentino connaît tous ces glorieux aînés, mais il va encore plus loin, dans la déconnade, dans le burlesque, mais aussi dans la tension, et surtout dans la violence.
Pour le burlesque et la déconnade, j'attire votre attention sur une descente du Klu-Klux-Klan, où il est question de cagoules. J'ai rarement vu un cinéaste se moquer avec autant de plaisir, de férocité et d'ironie de l'extrême-droite: les dialogues sont à mourir de rire et la séquence, surréaliste, va à coup sûr s'inscrire dans l'anthologie du cinéma.
Si tout le début du film est dans ce registre, la deuxième partie est beaucoup plus dans la tension, avant que l'on revienne au burlesque dans la dernière partie. Et c'est là qu'on se rend compte de la maestria habituelle de Tarentino. En gros, il s'agit de toute la séquence dévolue à Leonardo DiCaprio, où le jeu d'échecs tient en haleine, sans qu'on puisse réellement anticiper le dénouement.
Quant à la violence, Tarentino rend un hommage appuyé à Sam Peckinpah, au Sam Peckinpah de "La Horde Sauvage", "The Wild Bunch", avec une violence théâtralisée, véritablement chorégraphiée, délibérément dans l'outrance, avec l'utilisation des ralentis et de la couleur. Ca gicle de partout, les corps explosent, l'hémoglobine finit par absorber l'écran. La bande-son est particulièrement travaillée, les sons particulièrement impressionnants.
Mais, pour en revenir au burlesque, Tarentino est un moderne et utilise en les détournant tous les codes de la bande-dessinée et surtout des jeux vidéo ultra-violents.
Quant au scénario, il est original et bien plus politique qu'il n'y paraît au départ. La problématique du film tourne autour de l'esclavage et de la révolte: l'ambiguïté est constante et c'est le personnage joué par Leonardo DiCaprio qui la résume le mieux, quand il se demande pourquoi ses esclaves ne l'assassinent pas. On imagine que bon nombre d'Américains n'ont pas dû adhérer aux propos du film!
Evidemment, comme toujours chez Tarentino, la direction d'acteurs est époustouflante et Christoph Walz, Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio, Samuel L. Jackson et tous les autres sont monstrueux et ont rarement été meilleurs. Même Tarentino n'a pu résister à jouer les Hitchcock en faisant une apparition vers la fin du film!
Au total, un grand moment de cinéma, à ne pas manquer, et à ne voir, naturellement, si vous avez le choix, qu'en VOst. Si j'osais, comme au temps de ma folle jeunesse avec "Il était une fois dans l'ouest", je retournerais le voir illico et derechef!
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