 | The Master
Un film américain de Paul Thomas Anderson Avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, et Amy Adams
Genre : Drame - Durée : 2H17mn
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| L'avis de la rédaction - Par Emmanuelle Etienne
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Paul Thomas Anderson nous revient avec un drame sur les mouvements sectaires qui a fait fureur à la dernière Mostra de Venise. The Master est l'histoire d'une rencontre, celle d'un vétéran de guerre alcoolique, Freddie Quell (Joaquim Phoenix), avec un gourou charismatique, Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman). Largement inspiré de la création de l'église de scientologie et de son leader L. Ron Hubbard, le film nous plonge dans l'Amérique perdue de l'après guerre.
Si certaines scènes font mouche comme la première séance de questions/réponses entre Freddie et Lancaster ou la joute verbale de ce dernier avec un de ses détracteurs, d'autres, au contraire, semblent anecdotiques. Les séquences de « thérapie » se répètent à l'infini sans que l'on voit émerger la moindre thèse. Les trop nombreuses longueurs du récit polluent la brillante mise en scène du cinéaste. Le long métrage s'apparente alors à une belle coquille vide.
Malgré ce manque d'enjeux, l'incroyable performance des trois acteurs principaux (Phoenix, Hoffman, et Adams), tous trois nommés aux Oscars pour leur prestation, nous préserve miraculeusement de l'ennui. Il est regrettable de constater que le scénario de P.T. Anderson n'est pas vraiment à la hauteur de leur talent. Le Maître du cinéma, qui nous avait autrefois ébloui avec des chefs d’œuvres comme Boogie Nights, Magnolia, ou There Will Be Blood, n'est plus. |
Le Synopsis officiel du film (Metropolitan FilmExport) : :
Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui... Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...
THE MASTER, le nouveau film de Paul Thomas Anderson, est un portrait saisissant d’êtres à la dérive, en quête de sens, dans l’Amérique d’après-guerre. |
| L'avis des cinéphiles internautes (2 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
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Par Henri (Publiée le 23-01-2013 à 00:18)
J'avais été charmé -enfin, je ne sais pas si le terme est approprié, disons que j'avais apprécié- par le film "Magnolia" de Paul Thomas Anderson, sans savoir tout le temps expliquer pourquoi. C'est dire si j'allais avec enthousiasme voir sa dernière œuvre, "The Master". J'ai été, il faut bien l'avouer, tout aussi charmé.
Naturellement, c'est du cinéma difficile, mais tellement fort. Paul Thomas Anderson est à coup sûr un grand cinéaste. Cette fois, c'est une histoire de secte qu'il nous raconte, autour des deux personnages qui écrasent le film: Freddie Quell, interprété par Joachin Phoenix, et Lancaster Dodd, interprété par Philip Seymour Hoffman. Les deux acteurs sont habités par leurs personnages et leur interprétation est fabuleuse. Le rapport entre les deux hommes, non dénué d'ambiguïté, me semblent être le fil conducteur du film, le nœud de l'action. La violence est toujours à fleur de peau et, dans ce registre, Joachin Phoenix est éblouissant.
Pour en revenir au thème traité, le sectarisme est vu de l'intérieur, les manipulateurs finissent par croire à leurs propres sornettes, mais on comprend mieux le procédé, quand on voit le charisme du gourou et le cérémonial des réunions de fidèles.
L'attrait du film, outre son côté technique, outre la beauté des images et l'utilisation pertinente de la musique, ce sont les relations entre les personnages et les relations entre la secte et la société. Le film est très fort dans la mesure où l'on a une vision analytique de la société américaine et des grands mythes fondateurs, thèmes que l'on retrouve dans les autres films de Paul Thomas Anderson: la guerre contre les Japonais et les séquelles des vétérans, la religiosité de cette société où les mystiques tiennent le haut du pavé, la fausse pudibonderie, le puritanisme et la domination des hommes.
Alors, c'est vrai, il faut faire l'effort d'entrer dans cet univers-là, mais, si on y arrive, on prend vraiment un grand plaisir à suivre ces destinées, peintes avec un réel et grand talent.
Par loup blanc (Publiée le 17-01-2013 à 23:12)
Le cinéma est formidable. On tombe sur des films d'exception comme "Killer Joe" ou " La chasse" ou d'excellent films comme "Argo" mais malheureusement on doit aussi supporter quelques grosses déceptions. "The master " en est un exemple cuisant. Je m'y suis précipité car c'est le retour attendu de J. Phoenix (J. Cash en personne s'il vous plait) épaulé par le très grand (et très gros) Seymour Hoffman. Joaquin est très amaigri mais par contre Seymour est gras à souhait et chaque effort nécessité par l'abominable scénar le rend rouge comme une pivoine ! Je crois que ces acteurs fabuleux ne vont pas faire de vieux os. De plus on leur fait endosser des rôles terriblement tordus et on s'étonne qu'ensuite ils ne tournent pas très ronds. Cela me rappelle les rôles proposés au début de leur carrière à P. Dewaere et à G. Depardieu. Tout le monde n'a pas la force d'Obélix. Pour en revenir au film, commençons par les acteurs : nos deux acteurs fétiches sont fabuleux tout le long du film. Par contre je trouve que A. Adams n'exprime rien, sa grossesse la rendant seulement inquiétante de manière artificielle. La première heure se laisse regarder : c'est une succession de scènes qui prises individuellement sont assez prenantes. Malheureusement les liaisons sont mal fichues ou inexistantes. Le metteur en scène, dont je préfère oublier le nom définitivement, est vraiment d'une affligeante médiocrité et cela s'aggrave au fur et à mesure qu'on avance dans le film. Si les premières confrontations entre les deux personnages principaux sont très intelligemment menées, elles n'ont ni queue ni tête par la suite et deviennent quasiment insupportables vers la fin du film. On a même droit à une scène où un Seymour délirant voit des femmes nues se trémousser devant lui. Une bonne branlette assénée par son épouse le calmera pour un temps. On croyait ne plus voir de nos jours ce genre de niaiserie, mais Anderson (aïe, je l'ai nommé) est passé par là. Signalons aussi que ce film traite soit disant des sectes ; on constatera avec étonnement qu'il n'est question d'argent que de façon très anecdotique et que les adeptes ne sont pas retenus, et même sont plutôt poussés vers la sortie. En conclusion, 0 pour le scénario et la mise en scène et 5 pour les acteurs.
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