 | Tabou
Un film français de Miguel Gomes avec Teresa Madruga, Laura Soveral, Henrique Espirito santo, Isabel Cardoso, et Ana Moreira
Genre : Drame - Durée : 1H58mn
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Le Synopsis officiel du film (Shellac) :
Une vieille femme au caractère bien trempé, sa femme de ménage capverdienne, une voisine dévouée aux causes humanitaires vivent sur le même palier d'un immeuble de Lisbonne. Quand la vieille femme meurt les deux autres découvrent un épisode d'une partie de sa vie : une histoire d'amour, une scène de meurtre dans une Afrique directement sortie d'un film d'aventure. |
| L'avis des cinéphiles internautes (1 critique) : |
Par Henri (Publiée le 30-01-2013 à 11:33)
Ca m'aurait embêté de manquer "Tabou" de Miquel Gomès, qui passe tout de même bien tardivement à Saint-Brieuc!
D'abord il faut dire que le film est difficile, du moins dans sa première partie, dont je ne suis d'ailleurs pas sûr d'avoir vu tous les éléments. La mise en place est laborieuse et, qu'on le veuille ou non, il faut s'adapter au noir et blanc et au parti pris esthétique. Par contre toute la deuxième partie -le récit en voix off de l'amant, qui se déroule entièrement ou presque en Afrique-, est passionnante, voire fascinante.
Naturellement, ce n'est pas tellement l'argument, somme toute assez banal, qui est intéressant, mais le traitement qui en est fait. Il est vrai que les amours impossibles, le trio mari/époux, la femme/maîtresse ou amante, l'ami/amant, ce n'est pas ce qui se fait de plus original, même si l'action se déroule en Afrique, même si le crocodile joue un rôle mystérieux, même si l'épouse, en général, n'est pas enceinte de son mari. Pour le reste peu de choses nouvelles sous le soleil…
Par contre, le traitement, effectivement, les choix esthétiques, sont eux, pour le coup, intéressants. Que le film soit un hommage appuyé au "Tabou" ("Tabu: a story of the south seas"), film américain de Friedrich Wilhelm Murnau tourné en 1931, est une évidence: le choix du noir et blanc, des techniques du cinéma muet, le fait que l'héroïne s'appelle Aurora en référence à "L'Aurore", autre film de Murnau, tous ces éléments l'attestent assez. Mais, s'il n'était que cela, l'intérêt serait anecdotique. En effet le film est plus que cela, même s'il faut souligner qu'il s'agit d'un film de cinéphile avec références assumées. Il est d'une grande beauté et vient nous rappeler avec pertinence que le cinéma est un art et que les cinéastes, très souvent, ont une formation de peintre (David Lynch, de nombreux cinéastes japonais, etc. ). Les images sont superbes et le fait que la deuxième partie soit un récit en voix off donne effectivement l'impression que le film est muet et nous oblige, délibérément, à ne nous intéresser exclusivement qu'à l'image. On retrouve en Afrique cette idée du paradis perdu et la relation entre les deux amants, sous le regard mystérieux du Mont Tabou, est sublimée. Mais, bien sûr, la punition sera là: les deux amants, même libres, ne pourront se retrouver.
A souligner, en conclusion, que le film est surtout intéressant par son côté artistique et contemplatif, beaucoup plus que par l'histoire racontée. On va voir ce film comme on va au musée, c'est ce qui en fait à la fois le côté positif et le pendant négatif, c'est selon…
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