 | Dans la maison
Un film français de François Ozon avec Fabrice Luchini, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, Denis Menochet, Ernst Umhauer, Bastien Ughetto, et Jean-François Balmer
Genre : Thriller - Durée : 1H45mn
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Le Synopsis officiel du film (Mars Distribution) :
Un garçon de 16 ans s’immisce dans la maison d’un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l’enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d’événements incontrôlables. |
| L'avis des cinéphiles internautes (4 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
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Par bibi (Publiée le 18-02-2013 à 10:51)
Je n'ai pas du tout adhéré au récit de ce thriller trop peu vraisemblable à mon sens. Cette espèce de voyeurisme, de la part d'un lycéen, approuvé et encouragé par son professeur m'a laissée assez perplexe. Hormis le jeu des acteurs, j'ai trouvé cette histoire bien tordue et peu convaincante. Et puis "l'odeur de la femme de la classe moyenne" semble passablement douteux. L'histoire s'enfonce et se termine mal, on s'en doute. Tout ceci est plutôt trouble et suscite un climat malsain assez dérangeant. Film peu plausible qui manque cruellement de crédibilité pour ma part.
Par Lventriloque (Publiée le 22-10-2012 à 22:25)
Comme d'habitude, on est à la fête côté narration et mise en scène, les acteurs jubilent, ça défile, ça déménage... pour ensuite osciller entre pics et creux de vague. En sortant de la projection, peut persister une impression d'avoir été un peu promené dans ces rattrapages in extremis après des kilomètres dans le flou... Jean qui rit, Jean qui pleure, ou alors le rire jaune de Woody Allen version française. C'est un aperçu des monstruosités latentes de l'individu. On sent bien qu'Ozon s'amuse à exhiber son petit fouille-m... , le copain qui louche l'annonce d'emblée... A repenser aux échanges verbaux du couple Fabrice Luchini et Kristin Scott Thomas, êtres réfléchis, douchés par les revers, on se dit que les régressions nées du plongeon économico-financier se traduisent un peu comme ça, l'uniforme inviterait plutôt à se rendre singulier qu'à marcher avec le troupeau... Sont passés au tamis jargon, poses, clichés de réussite... chacun coche la case selon son milieu (la femme "de la classe moyenne" terme méprisant d'un bord, enviable de l'autre). Sans doute est-ce trop le genre de clivage en marche, ces clans qui se manipulent ou s'évitent soigneusement, d'un côté les intellos bourgeois avec leur tic de cataloguer et, de l'autre les hyperactifs, plus heureux au prix de se décérébrer... On est pourtant diverti, invité à rire plusieurs fois d'eux, de nous-mêmes. C'est divinement démontré, avec des cadeaux de consolation exquis (les exultations littéraires, Yolande Moreau extraordinaire en double !). Dommage qu'entre dérision et réalisme le dosage soit inégal et fasse que la tristesse l'emporte.
Par Henri (Publiée le 22-10-2012 à 11:32)
Quand un metteur en scène comme François Ozon a la chance de diriger Fabrice Luchini, quand un acteur comme Fabrice Luchini a la chance d'être dirigé par François Ozon, on n'est pas loin du chef-d'œuvre. C'était déjà le cas pour "Potiche", mais là, avec "Dans la maison", François Ozon a franchi un cap et cette dernière œuvre figurera parmi les plus ambitieuses et les plus réussies du cinéaste. Alors, chef-d'œuvre ou pas, seul l'avenir le dira, en tous cas, œuvre majeure dans sa filmographie.
D'abord je ne vous parlerai pas de l'histoire -un des atouts majeurs du film-, mais des thèmes d'une œuvre extraordinairement complexe.
Premier point: peut-être faut-il être enseignant, et particulièrement prof de français, ou l'avoir été, pour apprécier pleinement cette œuvre? En tous cas, quelle jubilation, quel plaisir d'assister à la pré-rentrée avec un Jean-François Balmer comme proviseur, quelle jubilation toujours d'entendre la diatribe du prof Luchini contre les nouveaux pédagogues, d'assister à une rencontre parents-profs plutôt musclée, d'assister enfin à quelques heures de cours de français dans une classe de seconde!
Deuxio, pour rassurer les nombreux non-enseignants qui, je l'espère, iront voir le film, aucune inquiétude, le thriller psychologique suffira amplement à leur bonheur. Le grand thème du film reste tout de même la manipulation. On pense inévitablement à "Théorème", le chef-d'œuvre de Pasolini, vu -tiens, quel hasard!- en 1968. Luchini y fait d'ailleurs explicitement référence dans le film. Le jeune acteur qui joue l'espèce d'ange exterminateur qui révélera chacun à sa propre personnalité est tenu par un mélange de Térence Stamp, du même "Théorème", et du sulfureux Stanislas Merhar, dans le tout aussi sulfureux "Nettoyage à sec" d'Anne Fontaine, auquel le film d'Ozon fait incontestablement penser. On ne peut que souhaiter à ce jeune homme, Ernst Umhauer, une grande carrière, il en a tout à fait l'étoffe. D'ailleurs, la manipulation, dans le film, est tellement ambiguë, tellement équivoque, qu'on n'en perd pas une miette et qu'on se demande, en permanence, comment cette histoire va bien pouvoir se terminer.
Troisième chose, ne cherchez pas quelque réalisme que ce soit dans cette histoire, il s'agit d'une fable, plutôt d'un conte philosophique passionnant à regarder, mais qui oblige à réfléchir sur la nature humaine, sur les relations entre les gens, sur l'éducation sentimentale -l'allusion à Flaubert est d'ailleurs explicite!-, sur le rôle de l'enseignant, du prof de français en particulier, vrai Pygmalion dépassé très vite par sa créature. Les personnalités des personnages explosent dans un jeu de massacre permanent et très pervers et on assiste en spectateurs/voyeurs à cette hécatombe avec beaucoup de plaisir.
Quatrièmement -et à titre accessoire- si l'art moderne vous intéresse, vous ne serez pas déçus du voyage: la charge est drôle tout autant que féroce.
Enfin, si vous aimez les acteurs, là non plus vous ne serez pas déçus: Luchini est un Luchini brillant, qui se parodie parfois (ainsi la lecture du"Chêne et du Roseau" de La Fontaine en classe!), Kristin Scott Thomas est, comme à son habitude, parfaite (à la hauteur de sa prestation dans "Cherchez Hortense"). Il faut réserver une place à part à Yolande Moreau, qui est étonnante, dans un rôle pas triste de jumelles. Quant aux autres, ils sont tous excellents.
Bref, "Dans la maison"est un chef-d'œuvre, disons un petit chef-d'œuvre, sous peine d'être taxé d'exagération. En tout cas, quel cinéma intelligent, qui amuse, qui fait réfléchir, qui donne un plaisir intense!… Après tout, n'est-ce pas ce qu'on attend d'un film?
Par an (Publiée le 14-10-2012 à 11:28)
J'ai beau aimer le talent de Fabrice Luchini et celui de Kristin Scott Thomas, j'ai passé les 3/4 du film à espérer être enfin intéressée par ce qui se passait; tout reste superficiel, non crédible; pas de sentiments, beaucoup de caricatures: les expos de la galerie d'art de Kristin Scott Thomas la font passer plus pour une demeurée que pour une galiériste d'art...
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