 | The Color wheel
Un film américain de Alex Ross Perry avec Carlen Altman, Bob Byington, Alex Ross Perry
Genre : Comédie romantique - Durée : 1H23mn
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Le Synopsis officiel du film (Potemkine Films) :
Le film questionne de toutes les façons possibles la place que chacun est sensé occuper dans les différentes strates des relations humaines, à commencer par la famille et le réseau social proche. Tiraillée entre désir de reconnaissance et acceptation de ses faiblesses, JR s'égare, entrainant son frère à sa suite au delà des limites convenues.
Le scénario est ténu : JR demande à son frère Colin de l'accompagner chez son ex-amant pour récupérer ses affaires. Le voyage se fera en voiture, une vieille Honda à moitié déglinguée et dont le bordel ambiant renvoie explicitement à l'état d'esprit dans lequel se trouve JR.
Bref, pas moyen de s'installer à l'aise le temps du voyage, ça déborde de partout. C'est donc au beau milieu de cet habitacle foutraque que démarre la virée, destination Nowhereland.
A priori le frère et la soeur se détestent et nourrissent l'un pour l'autre un profond mépris.
Les règlements de comptes fusent, a l'appui une bande-son saturée de leurs interjections incessantes, insultes et provocations en tout genre, à base de "fuck you" à répétition.
Jusqu'à ce que paraissent finalement, les autres protagonistes. Ce sont les amis, les amants, relations passées de l'histoire ancienne où tout était encore possible. Pour les uns, comme pour les autres. Tantôt profs de fac, comptables chefs en devenir, ils sont sensés représenter la réussite sociale dans toute sa splendeur. Ils se gratifient d'un charisme pédant, ne souffrant aucune remise en question, certains d'être sur le bon chemin. En tout cas évidemment pas celui-là même emprunté en roue libre par JR et Colin. Non, leur route à eux est bel et bien tracée, toute droite, avec à l'horizon les fondations coulées du bonheur domestique. Ils nous apparaissent à l'écran telle un belle brochette de parvenus, engoncés qu'ils sont dans des plans d'ensemble convenus, appuyés par la photographie noir et blanc de la pellicule, en rupture complète avec ces prises de Colin et JR, isolés, seuls dans le cadre, en proie aux regards des autres, à cette image d'eux même qu'ils renvoient, vulnérables et définitivement solitaires. A coups de champ contre champ, on assiste ainsi à un interrogatoire cruel sur le mode bourreaux- victime, à charge à l'accusée (en l’occurrence JR) de se défendre face à ce tribunal, coupable malgré elle de ne pas "avoir réussi".
Et c'est alors, qu'au cours de ce lynchage prémédité, ce diner de cons à la New-Yorkaise, que JR et Colin nous deviennent sympathiques. Peut-être parce qu'enfin les voilà qui capitulent et qui s’affranchissent de toute cette horde communautaire dont la mesquinerie les a portés au centre d'un jeu malsain et avilissant.
La caméra les rapproche enfin, la bande-son s'apaise un peu. On reprend souffle. Le rythme explosif des débuts laisse place à une espèce d’accalmie temporaire. C'est la réconciliation. Celle d'un frère et d'une soeur. Celle aussi d'un homme et d'une femme. Qui se sont égarés sur les routes du Massassuchets parce qu'ils étaient fatigués, parce qu'il faisait nuit, parce qu'ils étaient seuls, parce que... |
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