 | The Artist
Un film français de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman
Genre : Comédie romantique - Durée : 1H40mn
Ecrivez votre critique sur ce film
|
| L'avis de la rédaction - Par Jacques Coulardeau
|
UN PRODIGE MIRACULEUX. Faire un film sur le passage du cinéma du muet au parlant, en plus en centrant ce film sur un acteur étoile de l’époque du muet était une gageure et le pari est réussi. La question est de savoir pourquoi un film à 99% non parlant, sans le moindre bruitage mais avec une musique comme dans les salles des années 1927-1932, peut aujourd’hui être un succès.
La première réponse est que le film est centré sur un acteur star du muet qui lance une jeune danseuse qui devient une star du parlant naissant. Leur relation est à la fois conflictuelle et pourtant salvatrice. Devant le changement la star ancienne perd tout et devient un vulgaire chômeur désœuvré et complètement perdu dans ce monde moderne qui émerge d’une crise financière sans précédent, le crash de 1929. Ainsi le film a un certain niveau de sentimentalité et d’émotion.
La deuxième réponse est que le personnage le plus crucial de ce film est un chien, rien qu’un chien qui sauve la mise de son maître plusieurs fois et surtout qui, étant un chien du cinéma muet, sait faire le mort ou tout autre action sur des signaux auditifs qu’il est seul à entendre ou visuels que nous voyons tous, comme quand on nous met un « bang ! » à l’écran. Le chien est plus humain que les hommes et il ne lui manque que la parole. Alors on doit bien pouvoir accepter que les hommes ne parlent pas.
Le film a du faire très attention aux lèvres des acteurs qui sont prises souvent bien centrées et de face comme si le film s’adressait à des sourds, mais cela est très important car le cinéma et la télévision nous ont appris à repérer que les lèvres parlent et disent bien ce qu’elles sont censées dire. Nous savons lire plein de choses sur les lèvres des gens. Comme disait Ronald Reagan, qui en savait un paquet sur le cinéma ; « Lisez bien mes lèvres ! » Et on me signale que certains politiciens ont appris à mettre leur main devant leur bouche quand ils disent quelque chose d’inaudible mais qui pourrait être visible et donc lisible.
La quatrième raison est que ce film nous parle du monde moderne à travers ce monde ancien de la crise de 29 et de la révolution industrielle qui fait disparaître le cinéma muet et fait entrer en scène le cinéma parlant. Dans un monde qui change de plus en plus vite avec des inventions majeures encore aujourd’hui sur une base de quelques années et bientôt de quelques mois, il est absolument indispensable de comprendre que l’on ne peut que mourir sur le bas-côté si on n’est pas flexible, adaptable, capable d’apprendre de nouveaux trucs tous les jours, et le singe a beau être vieux il faudra bien qu’il apprenne de nouveaux comportements, de nouvelles grimaces.
C’est un enjeu majeur du monde d’aujourd’hui. Le changement s’accélère, chaque nouvelle invention majeure entraine de la restructuration et donc des laisser pour compte qui ne peuvent pas suivre. Demander de conserver l’acquis est un suicide collectif, et individuel par là même. Il s’agit de demander de remettre à plat le monde chaque fois que cela est nécessaire et de ne pas poser des tabous. Et dieu seul sait combien le monde d’aujourd’hui a besoin d’être remis à plat, mais nous n’avons pas encore trouvé la recette miracle pour transformer le mécontentement en poudre de perlimpinpin qui changerait le plomb en or.
C’est en cela que le film est génial et qu’il nous touche de très près.
Dr Jacques COULARDEAU
[...]
Lire la suite de nos critiques |
Le Synopsis officiel du film (Warner Bros France) : :
Hollywood 1927. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller (Berenice Bejo), jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. |
| L'avis des cinéphiles internautes (9 critiques) : |
| La note moyenne des internautes : | |
|
Par voyageuse (Publiée le 02-03-2012 à 14:48)
Quel enchantement, quel régal, quel plaisir!!!Vu hier pour la seconde fois "the artist". Voulant à nouveau voir ce chef-d'oeuvre après ses innombrables succès dans divers pays pour saisir les
moindres détails, j'en suis arrivée au point de l'avoir davantage adoré la seconde fois!!! C'est dire l'impact d'un tel moment d'émotion, on en redemande et ma foi une certaine fierté d'être
français dans le succès hautement mérité.
A ceux qui redoutent le cinéma en noir et blanc, muet, foncez voir ce
film vous en ressortirez heureux.
Par bibi (Publiée le 05-11-2011 à 11:38)
"The Artist" m'a émue. Pas fan de Dujardin à la base, je dois saluer sa
performance ainsi que celle de sa partenaire, Bérénice Béjo. Un film
touchant et un pari gagné pour cette fiction en noir et blanc. L'histoire
est émouvante: un acteur célèbre du muet (George) ne croit pas au
"parlant" et voit sa carrière se déliter. La starlette (Peppy), qu'il a aidée
à ses débuts, se retrouve bientôt au sommet alors que lui dégringole.
Amoureuse, Peppy veille de loin sur George de même que l'indéfectible
chauffeur/homme à tout faire qui ne le lâche pas d'un pouce. Grâce à
Peppy, George reviendra sur le devant de la scène. Film singulier
empreint de sentiments mêlés. Pour ma part, c'est une réussite.
Par CHRISTIAN. H (Publiée le 02-11-2011 à 16:30)
J'avais un peu appréhension avant de voir “The Artist”. La raison, je me souvenais des films vus pendant mon enfance au Centre de Jeunesse. Films bien entendu en noir et blanc et muets. L'histoire était simple, quelque fois incompréhensive et les acteurs toujours très électriques et trop maquillés manquaient de naturel avec en conclusion les poursuites interminables! Le film “The Artist” c'est tout autre chose, c'est du noir et blanc avec de nouvelles techniques, celles d'aujourd'hui! Le thème “grandeur et décadence” est pourtant un remake connu et reconnu au cinéma. Mais avec ce film l'émotion est présente de bout en bout. Les acteurs Jean Dujardin et Bérénice Béjot sont admirables, émouvants dans un sénario classique mais bien construit. Le rythme du film ne laisse que peu de repos aux spectateurs et quand le mot fin apparait sur l'écran le sourire est de mise. Il illustre le fait que le spectateur ne s'est pas ennuyé une seconde. L'idée du réalisateur Michel Hazanavicius est géniale car elle va à l'encontre de tous les films à très gros budget. “The Artist” un film à voir du plus petit au plus grand sans modération. Il fait voyager le spectateur dans le monde fabuleux du cinéma avec le concept du cinéma d'hier mais avec une maitrise technologique de nos jours. C'est un bel hommage aux films d'antan ne succombant à aucune mode!
Par Henri (Publiée le 30-10-2011 à 23:03)
Vu ce soir "The Artist" de Michel Hazanavicius. On a tellement entendu parler du film et de son originalité qu'il était difficile d'ignorer de quoi il s'agissait. Comme à chaque fois qu'un film est encensé par la critique, une légère crainte d'être déçu. Mais rien de tel, le film est magnifique, sans surprises, mais égal à ce qu'on pouvait en attendre.
D'abord les évidences: c'est un formidable hommage au cinéma muet des années 1928-1929-1932, au moment où apparaît le son. Bien sûr, le sujet a déjà été traité. On pense à "The Purple Rose of Cairo" de Woody Allen et "The Artist"est tout à fait à la hauteur, jusqu'à la bande-son jazzy des films de Woody Allen. On pense aussi à Clark Gable, Erroll Flynn, Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin, Buster Keaton, dont la carrière s'acheva quasiment avec l'apparition du cinéma parlant, et à tous les autres. On sent bien que Michel Hazanavicius a une véritable passion pour ce cinéma-là et qu'il le connaît parfaitement. Il fallait oser, à l'époque du numérique et de la 3D, proposer un film muet et en noir et blanc, la gageure était de taille et le pari est magistralement tenu. On éprouve une très grande émotion à retrouver le cinéma muet, ses codes, ses cartons, le jeu des acteurs. Tout est réussi dans ce film, qui pourrait laisser croire sans problèmes à un spectateur non averti qu'il est un authentique muet sorti des studios hollywoodiens. De ce point de vue, la nostalgie fonctionne parfaitement.
Toutefois, si le film en était resté à cela, il ne serait guère sorti de l'anecdote, mais il va beaucoup plus loin, il fonctionne et on oublie rapidement l'hommage, car on se laisse entraîner par l'histoire, au demeurant pourtant fort convenue. Malgré toute absence de suspense, on est ému par la dégringolade de cet acteur du muet qui refuse par orgueil de franchir le pas du parlant et par l'amour passionnel que lui porte la jeune figurante qui est en train de devenir une grande star du parlant. L'intérêt faiblit un peu vers le milieu du film, quand l'acteur se retrouve seul, mais la fin rattrape le coup: le film se termine dans un happy end, hommage à Fred Astaire et Ginger Rogers. Il faut dire également que le duo Jean Dujardin/ Bérénice Béjo est éblouissant et contribue amplement à la réussite du film.
Film pour cinéphiles, mais pas seulement, film pour tout public, qu'il ne faut pas hésiter à montrer à toutes les générations. Un grand merci à Michel Hazanavicius d'avoir réalisé ce petit bijou, j'imagine que l'entreprise n'a pas dû être simple à monter.
Par Lionel (Publiée le 29-10-2011 à 21:54)
Il faut être sacrément gonflé pour produire (T. Langmann) et pour
réaliser (M. Hazanivicius), en 2011, un film muet en noir et blanc à
contre-courant des "Tintin" en 3D ou autre "Avatar" qui inondent le
marché. Le pari est manifestement gagné puisque l'on se laisse porter
pendant 1 heure et 40 minutes, par un scénario à la fois amusant et
sympathique, supporté par une très bonne bande son permanente, qui
bonifie considérablement le film.
On y découvre un Jean Dujardin bigrement efficace et talentueux, qui
révèle tout son savoir-faire d'acteur. Lucky Luke ou OSS 117 sont bien
loin, même si l'intéressé doit ne rien regretter dans sa courte carrière. Il
colle au personnage, en nous gratifiant de sourires enjôleurs et
ravageurs qui ne sont pas sans rappeler certaines postures de Jean-Paul
Belmondo du temps de sa splendeur (cf. "Le magnifique", par exemple).
Il occupe l'écran, certes, mais à parité avec Bérénice Béjo qui incarne
également son personnage avec maestria. Elle est espiègle, malicieuse
et adorable (prononcer "adorébeul" à l'anglaise). Les deux font
indéniablement la paire et amènent à ce long métrage une vraie crédibilité et une vraie dimension cinématographique. . Bravo également
pour la performance de "tap dance" : Fred Astaire n'a qu'à bien se tenir,
là où il est. On se laisse prendre au jeu et on lit, par moment sur les
lèvres des acteurs, pour comprendre et anticiper le sous-titrage. En
conclusion, un film réussi, atypique, osé, là où on ne l'attend pas, qui
surprend le spectateur par son côté novateur, même s'il est supposé
relater une période et une technologie surannées. Un accessit pour
l'acteur James Cromwell qui incarne Clifton, le chauffeur et majordome :
Nous le connaissons mais impossible de se rappeler dans quels autres
films nous l'avons vu !
Un bon moment, vraiment à part, même si le film n'est pas à
proprement parler décalé.
Par tété4 (Publiée le 25-10-2011 à 15:57)
Il y a des films qui vous marqueront à jamais, et ceux que l'on oublie dès la sortie de salle. Le film de Michel Hazanavicius fait bien partie de la première catégorie. On entre dans un autre monde dès les premières secondes du film, la musique, le muet, les gestes, tout nous fait redescendre dans les années 20. Cela commence tambour battant, c'est drôle, magnifiquement bien interprété de la part de Jean Dujardin et Bérénice Béjo qui est resplendissante ! John Goodman apporte LE second rôle qu'il fallait, pour venir compléter un casting de folie.
Le scénario est pour ma part un peu trop dramatique, et c'est la seule raison qui me fait ne pas mettre un dix ! Une note d'humour supplémentaire aurait-été génial, comme les premières minutes du film. Mais là, n'est-il pas une question de goût !
Je n'ai jamais été un grand fan de Jean Dujardin dans ces films précédents, mais je salue effectivement sa prestation magistrale d'acteur pour ce personnage mélo-dramatique, la performance est là, grand coup de chapeau monsieur ! Bérénice Béjo n'est pas en reste, elle illumine le film de par son charme et son sourire et nous l'aurions bien vu une grande star du cinéma muet. A ce jour, le film de l'année !
Lire toutes les critiques pour ce film
Donnez vous aussi votre avis sur ce film
|
|