 | The Housemaid---------------------------------------------------------------Un film sud-coréen de Im Sang-soo avec Jeon Do-youn, Lee Jung-jae, Youn Yuh-jung, Seo Woo, et Ahn Seo-hyun
Genre : Drame - Durée : 1H47mn
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| L'avis de la rédaction - Par Guillaume Gas
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Des cinéastes vraiment contestataires, qui osent aller à l'encontre des tabous et franchir des frontières qui leur sont d'ordinaires refusées, reconnaissons que ça ne court pas les salles de cinéma. Devenu un puits à talents depuis plusieurs années, la Corée du Sud aura surtout marqué l'histoire de son cinéma avec un artiste fort et audacieux, s'inscrivant pleinement dans cette catégorie : Im Sang-soo, déjà réputé pour avoir évoqué différents événements controversés de l'histoire de son pays sous un angle mémoriel (LE VIEUX JARDIN) ou tragi-comique (THE PRESIDENT'S LAST BANG). Etrange que cet artiste talentueux se soit laissé tenter par un remake d'un célèbre film sud-coréen éponyme des années 60. Etrange, voire un peu triste si l'on en croit les réactions un peu tièdes qui ont accompagné sa présentation au festival de Cannes 2010, mais pas tant que ça : en transposant l'action de la classe moyenne vers la haute bourgeoisie, cette nouvelle version de THE HOUSEMAID se pare d'entrée de jeu d'un sous-texte politique, voire satirique, qui sonne comme une évidence. Sauf que là, on ne sait pas trop pourquoi, Im Sang-soo a visiblement décidé de casser les règles du jeu et de dissimuler son regard contestataire derrière la froideur perverse d'un artiste qui souhaiterait observer au microscope (voire au scalpel) une certaine classe sociale. Du coup, la description d'un drame adultère se voit relégué au second plan, les pistes déclenchées par le cinéaste aboutissent un peu trop souvent à des impasses, les acteurs s'amusent parfois à en faire des caisses, et le film lorgne trop souvent vers la fable cruelle, quasi sadique dans sa description des rapports humains. C'est justement dans cette désintégration des codes narratifs du thriller qu'il faut chercher l'intérêt de ce film : sans qu'on sache si c'était voulu ou pas, Im Sang-soo accouche ici d'un joli pétage de plomb, pince-sans-rire jusqu'au ridicule, tour à tour hilarant et troublant, mais d'une intégrité absolue en ce qui concerne sa science de la mise en scène, une fois plus éblouissante. Encore un film dont l'analyse ne va pas être si facile que ça...
La mise en scène est ici une notion prise très au sérieux, et le néophyte pourra ici voir l'occasion de se prendre une jolie leçon de cinéma : comme beaucoup de cinéastes asiatiques (citons surtout Brillante Mendoza), Im Sang-soo fait partie de ces artistes pour lesquels l'environnement et les décors forment une clé décisive dans la réussite de leur projet. Ici, c'est dire si l'éblouissement est immédiat : ce décor de maison supra-luxueuse, lardée de marbre et de peintures en tous genres, est un lieu à la beauté si renversante qu'elle va très vite révéler son côté maléfique. Les magnifiques éclairages, jouant à fond sur les nuances de lumière et d'obscurité, illustrent à merveille ce paradoxe, et Im Sang-soo joue brillamment de ses cadres comme de ses mouvements de caméra : qu'elle soit fixe ou en mouvement, la caméra traduit constamment une tension ou un vertige, s'amuse avec les effets de symétrie, opère de [...]
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Le Synopsis officiel du film (Pretty Pictures) : :
Lee Euny est engagée comme gouvernante dans une riche maison bourgeoise. Le mari de la famille, Hoon, la prend pour maîtresse. La vie de toute la maison va alors basculer.
Par le réalisateur du VIEUX JARDIN et de THE PRESIDENT'S LAST BANG. Sélection Officielle, Festival de Cannes (2010) |
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