 | Bronson---------------------------------------------------------------Un film britannique de Nicolas Winding Refn avec Tom Hardy, Matt King, et James Lance
Genre : Biopic - Durée : 1H32 mn
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| L'avis de la rédaction - Par Guillaume Gas
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Être cinéaste, peut-on considérer cela comme un purgatoire ? Nicolas Winding Refn doit probablement en penser quelque chose, lui qui a dû endurer tant de problèmes et affronter tant d'obstacles pour mettre en scène ses projets sans jamais souffrir des contraintes commerciales. Pour se battre contre le système, les mots ne suffisent plus, il faut y aller franco à grands renforts de coups de poing, quitte à souffrir ou à se tromper de voie. Même si on ne partage pas cette idée, on peut néanmoins y voir quelque chose d'évident. Une idée qui se reflète dans la carrière de ce cinéaste danois absolument surdoué, mais aussi dans celui de Michael Peterson, surnommé ''Bronson'', toujours incarcéré à ce jour et considéré comme le prisonnier le plus dangereux de l'histoire du Royaume-Uni. Rien d'étonnant à ce que Refn ait trouvé dans cette histoire un parallèle avec sa propre histoire, ainsi qu'un écho véritable à sa condition d'artiste. Après avoir enduré une heure et demie de film qui nous aura laissé complètement sonné, le plan final de BRONSON soutient cette idée et achève de consacrer Refn comme un cinéaste majeur. Une fois de plus, le type ne fait aucune concession et nous inflige un choc émotionnel de très grande envergure. Instantanément culte !
La thématique présente dans chacun des films de Nicolas Winding Refn, qu'il s'agisse du méconnu INSIDE JOB ou de la monstrueuse trilogie PUSHER, est de nouveau présente ici : comment faire pour s'affranchir de son environnement ? Après s'être intéressé aux destins tragiques d'une poignée de dealers mafieux dans la banlieue de Copenhague, le cinéaste part en Angleterre pour un voyage subjectif et dérangeant au coeur de la psyché d'un cinglé total. Lequel cherche en permanence son identité dans un univers où il refuse toute forme d'autorité et où la violence demeure sa seule expression intime. Tout au long du film, certains y verront probablement un lien évident avec ORANGE MECANIQUE, qu'il s'agisse d'une réalisation se basant à la fois sur l'objectif (l'image que Bronson véhicule malgré lui en dehors de l'univers carcéral) et le subjectif (la prison est présentée comme un univers oppressant, quasi mental). On aura même droit à quelques passages oniriques où le protagoniste, debout sur une scène de théâtre face à une foule invisible, laisse éclater tout ce qui le dévore de l'intérieur (certaines scènes sont assez délirantes). Bronson devient alors un être dont les dérives et les provocations deviennent des gags théâtraux, le transformant en star pathétique et, quelque part, foncièrement tragique.
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