Sorties cinéma Sorties Cinéma en Septembre 2011 Mercredi 14 Sept | Critiques classées par dates : La Fée---------------------------------------------------------------Un film français de Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy avec Bruno Romy, Fiona Gordon, et Dominique Abel
Genre : Comédie - Durée : 1H33mn
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Classement par dates (Plus récentes à anciennes) - 2 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par Henri (Le 26-01-2012 - 23:17)
"Le Havre" de Kaurismäki m'avait laissé morose… Heureusement "Les Fondus Déchaînés", célèbre équipe de cinéphiles briochins, ont eu l'excellente idée de faire venir à Saint-Brieuc le film "La Fée", qui, à l'instar de nombreux autres, n'avait pas encore réussi à atteindre nos contrées lointaines du far-west breton. Donc, découverte ce soir de ce petit chef-d'œuvre. Quel rapport avec l'opus de Kaurismäki, me direz-vous? Eh ben, ça se passe aussi au Havre, il y a aussi des migrants clandestins, donc également des policiers, il y a aussi de petites gens, des troquets populaires, des trognes aussi réussies que chez Kaurismäki… Mais la comparaison évidemment s'arrête là… Car avec "La Fée", on est en plein délire burlesque.
Un trio de clowns réussit à nous offrir une bonne tranche de rigolade pendant une heure et demie: voilà des artistes qui connaissent le burlesque sur le bout des doigts! Ca se situe entre Buster Keaton et Harold Lloyd, avec une pincée de Jacques Tati et de Pierre Etaix, enrobée dans du surréalisme à la Prévert.
On a effectivement une fée, des courses poursuites, un chien qui fait un vol plané dans un égout (Rassurez-vous, il s'en sortira indemne, juste un petit peu noir, de blanc qu'il était!), un bébé qui, au lieu de mettre neuf mois à se construire, n'aura besoin que de quelques heures pour naître et qui participera également à une course poursuite effarante (Là non plus les associations familiales n'auront pas à protester, à la fin, il se portera comme un charme!). Bref, encore une fois, on a tous les ingrédients du burlesque et l'action est menée sur un rythme échevelé: la salle hoquetait de rires… A se remémorer certaines séquences, on se dit qu'on aimerait bien revoir ce film "hénaurme"!
La dame qui expliquait le film après le film nous a appris que ce trio insensé fonctionnait à partir d'improvisations. Eh ben, chapeau! Si l'on devait formuler un souhait, ce serait de les voir recommencer, et ce le plus vite possible!
Prochain rendez-vous des "Fondus", "Winter's Bone". Elle est pas belle, la vie?
| Par David (Le 18-09-2011 - 14:23)
Nos films n'ont aucune prétention intellectuelle, ce sont des objets populaires de divertissement, notre mise en scène est naturelle, rudimentaire, nous réfléchissons peu, la théorie nous assomme, nous sommes des gens pratiques. Concrètement, les choses se font sans calcul, facilement, nous improvisons spontanément, nous voulons des œuvres légères et simples pleines de bon sens comme la plupart des braves gens du public.
C'est certainement encore plus vrai lorsqu'on s'adresse à un segment jeune de la population, à une matière rendue plus malléable par une éducation (pleine de bon sens), là où le conditionnement cinématographique prend le relais de l'école, la douce pente des réflexes mentaux, des liens, là où les premières véritables contemplations cinématographiques sont fragiles face aux schémas sensori-moteurs tyranniques.
Les coureurs les plus vicieux prétendent être boiteux, il faudra bien pourtant courir et rire dans l' image mouvementé d'un plan fixe.
À un certain âge le thème des trois vœux, de la fée, du bon génie, du magicien ou du père Noël détruit radicalement toutes ébauches de marginalité. Le maître des vœux est ici une gentille fée qui portera avec elle une évidence contractuelle : la fée sera mère de famille et sa baguette sera une poussette. Sans presque s'en rendre compte, naturellement, la jeune fille sera conduit à accoucher dans la douleur. La souffrance et la douleur du monde, l'enfantement dans l'enfer de la volonté terrestre, l'aliénation dans la volonté de vivre n'est rien en regard du petit bambin souriant et affamé qui a toute une vie misérable pour formuler ses vœux de forçat.
Ainsi, vous trouverez, sous une lumière particulière et dans le cadre de la tendresse populaire, la réalité issue du ketchup, de l'immigration, de l'équipe féminine de rugby, du licenciement économique, du traitement médicamenteux, de la gendarmerie (puis de la police), de l'hôpital psychiatrique, de l'incarcération pénitentiaire... Il aurait presque manquer le tendre décalage hilarant des électrodes, dans le cas bien improbable où les gens ne riraient pas à la prévisibilité du gag. Le conditionnement social s'affirme et s'amplifie justement à cet endroit du film dans la fabrique du consentement, dans ce rire détaché qui, finalement accepte la masse du propos et justifie l'appareil social (au hasard d'une chanson sans prétention).
Rien n'est plus difficile à voir que de l'humain, non pas dans la résistible comédie du misérable vouloir de la vie quotidienne mais dans la solution de l'article humain au sein de la représentation générale. L'appareil cérébral de la représentation cinématographique valide des ordres comme une machine qui n'aurait pas une conscience autonome universelle et libre. Les plans fixes sont alors frigides, immobiles fermés dans un recadrage central permanent. Cet enfermement est effrayant dans l'absence de transition, de souplesse dans la beauté du monde comme représentation sémiologique et cinématographique. Chaque plan est coupé, lacéré dans une succession hâchée qui porte les fruits de son évolution dans la fabrique du téléfilm. Si Chaplin porte un humanisme communiste, si Keaton soulève un machinisme anarchique, ce film glisse dans un enchaînement saccadé, fébrile et burlesque de plans très courts en dehors de toute grammaire dans le seul dernier vœu d'une destruction de la langue cinématographique et du consentement social.
David
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