Par Lventriloque (Le 15-12-2009 - 23:40)
Certes il faut aller, comme le petit poucet, se perdre au fin fond de la forêt, accepter d'attendre pour savoir ! Mais au moins ça change de ce qu'on a l'habitude de voir concernant le choc des séparations parentales. Métissage entre un français et une japonaise, amour et puis désamour malgré cette petite Yuki qui n'y comprend plus rien : webcam et ticket d'avion indiquent le milieu, favorisé... Dommage que les deux fillettes s'avèrent malaisées à suivre dans leur verbiage. Toutes deux filles de divorcés au père en retrait, hommes revendiqués comme "ayant eu une vie avant" (à la différence des mères ?... ). Le spectateur se tient à hauteur de Yuki et Nina, école, jeux, inconséquence ou cruauté de leurs 9 ans (la logique implacable, l'envie de rire face au parent désarçonné). Retour sur sa propre enfance... On sent les personnalités masculines des deux réalisateurs, sobres en épanchements physiques, désireux d'aller de l'avant, ils font avec la douleur, méthodiques... Double regard viril (et non l'éternelle empoignade pour "avoir" l'enfant). Témoins suprêmes du déroulement ici, de grands arbres sous le vent, on s'égare entre conte et fantastique, la nature éternel remède aux écartèlements... J'avais raffolé du percutant "M/other" de Nobuhiro Suwa (chatouilleux quant aux rôles parentaux ou extra-parentaux japonais, tendre et féroce à la fois). Accompagné d'Hippolyte Girardot, acteur tout juste passé derrière la caméra, il resterait qu'ils trouvent de quoi embarquer les peu enclins aux méandres métaphysiques. D'excellents moments en tous cas, un point de vue qui transparaît avec élégance. Voilà un tandem prometteur pour incarner "la voix des papas"!
|