Par David (Le 17-07-2009 - 16:24)
La critique cinématographique ne tend pas à la validité d'un jugement universel, car elle est rapide la machine a crée des opinions au sortir du cinéma. Précision souvent utile avant le vertige d'une transcription littéraire de l'émotion cinématographique.
Dès la première image, une multitude de rectangles monochromes et monotones, le regard se perdrait à chercher une issue créative, les images successives seront toutes très encadrées.
Le thème de la dérive capitaliste dans son dernier bastion l'industrie de luxe ou l'exemple des échanges de la valeur dans des produits marchandises au sein de la vie d'une prostituée pourrait constituer un bon premier sous-titre ennuyeux.
Beaucoup de choses sont là présentes tangibles et fascinante mais certaines gênes demeurent pour l'expression d'une représentation qui tendrait à la contemplation cinématographique.
La beauté des cadrages, les uns derrière les autres, hachés comme un hoquet, rupture sur coupure sans aucun temps de conscience. De l'artifice, beaucoup d'inutile, des objets, des verres, des cadres, des écrans, des machines d'entraînement, des reflets, des lumières crues presque tous les décors absorbent ces hommes et ces femmes mécanisés dans leur automatismes morbides. Seul décor naturel, un rendez-vous justement manqué, et quelques timides larmes sur une "porn-star" impeccable.
Car il faut comprendre son absence de jeu, un visage lisse en très gros plan, du maquillage, une jolie coiffure nette et rien ne traversera cette fixité plastique. L'artifice au service d'une fille quelconque, apathique, absente dans sa rigidité esthétique. Aucun geste ou juste une main dans les cheveux, aucune parole de vie ou une simple convention linguistique, l'absence d'âme, ou la seule énergie musculaire, la négation vivante, le visage pornographique restreint à sa plus petite expression.
Pour ce rôle, pour le symbole d'une sexualité des classes supérieures, l'actrice pornographique est nécessaire, la poupée de luxe et ces accessoires, la mécanique inhumaine, symptôme d'une chute vertigineuse de la société dans un déclin des valeurs donc de la valeur d'échange, des sommes astronomiques pour des huitième de portions déjà mâchées.
Tout est stérilité immaculée, rien de sale au sein du cauchemar américain, sinon l'épisode du coton tige (symboliquement très drôle) ou quelques taches noires dans l'art nouveau.
Ses relations avec son ami sont propres, très sociable, sociable à outrance dans des discussions polies, très polies, le code social des classes riches est simplement l'expression du vide, d'une misère spirituelle "coachisée". Visions et sonorités sont sans âme, quoi de plus naturel que l'énergie outrancière de ce joueur de batterie dans le chaos bréhaigne d'une rue et son brusque silence. Le vide des esprit n'aura plus rien pour soutenir sa matière.
Et puis si une image devait me rembourser la somme de mon ticket, l'épisode de clôture saura me satisfaire. Il est là le faux maître étatique du capital, qui voudrait posseder la matière aurifère sans en partager la quintessence alchimique, et sa jouissance est de bien courte durée...
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