Par Lventriloque (Le 21-12-2008 - 17:57)
"Leonera" sonne comme un prénom féminin (au point qu'en sortant de la salle je restais persuadée qu'il s'agissait de la co-détenue retrouvée dans le car) : ce mot désignerait communément en Argentine le lieu où les prisonniers attendent leur transfert. Et c'est vrai que des tranferts, il s'en passe et repasse ! Martina Gusman (épouse du réalisateur) et Elli Medeiros très convaincantes en tandem mère-fille, avec de vrais détenus et de vrais matons, dans une vraie prison. Autre personnage d'importance, ce petit bonhomme qui, plus l'action avance, tord le coeur... Car le spectateur demeure voyeur permanent de cette histoire laissant énormément à penser tant elle fait languir par l'équivoque, sans certitude aucune sur quoi que ce soit, douceur, gêne, et toute cette violence qui a couvé et réclame de l'air : un réalisme quotidien du milieu carcéral un peu pesant quoique pas si inhumain dans le fond (suivi médical, dialogue avec le directeur, tendresse sous la rudesse indispensable), bref, ça vaut la peine d'être un peu énervé, voire de s'ennuyer (ces incessantes navettes et bruits de grilles métalliques) en regard de cette rivière à traverser après la fuite de l'appartement urbain, cette caméra à l'épaule soudain nerveuse : une promenade qui donne des ailes que cette mère avec son petit, on comprend pourquoi ce fut si âpre dans sa tête, et elle incarne à merveille le peuple argentin qui a tant lutté !
|