Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2008 Mercredi 01 Octobre | Critiques classées par dates : Séraphine---------------------------------------------------------------Un film français de Martin Provost avec Yolande Moreau, Ulrich Tukur, et Anne Bennent
Genre : Drame - Durée : 2H05 mn
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Classement par dates (Plus récentes à anciennes) - 9 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par bibi (Le 13-01-2009 - 22:05)
Superbe film que "Séraphine". La véritable vie de Séraphine Louis (Séraphine de Senlis, de son nom d'artiste). Rôle magnifiquement interprété par Yolande Moreau. Une pauvre servante, corvéable à merci, éprouve une passion absolue pour la Sainte Vierge et la peinture (don octroyé par les anges, raconte-t-elle!). Un collectionneur d'art allemand chez qui elle travaille découvre ses tableaux et décèle un grand talent chez Séraphine. Malheureusement, la première guerre mondiale éclate et Wilhelm Uhde, le collectionneur, (épatant Ulrich Tukur) doit fuir la France. Séraphine continue de vivre misérablement et plusieurs années plus tard, retrouve Wilhelm, qui, cette fois, la prend sous son aile. Séraphine se consacre désormais à son art mais devient par ailleurs mystique. Elle qui n'a jamais rien possédé, a soudain la fièvre acheteuse et commence à sombrer lentement dans la démence. C'est alors que Wilhelm lui apprend que l'art est en dépréciation et qu'il n'a plus les moyens de payer ses fantaisies. De plus en plus "illuminée", la folie de Séraphine s'intensifie. Sa raison la quitte au point d'être enfermée en hôpital psychiatrique. Yolande Moreau est magistrale dans cette interprétation. Ce film est une merveille d'émotions, de la plus pure à la plus tragique. Bouleversant
| Par Camille Lambert (Le 01-12-2008 - 21:31)
Dos courbé, mains vieillies, attitude terne et soumise.
Mais ses yeux, ce bleu couleur ciel, ces teintes couleur vie, reflètent la grandeur et la force de cette Séraphine. Force et grandeur interprétées avec majesté, noblesse et profondeur par l'exquise Yolande Moreau (après avoir vu le film, on n'en imaginait aucune autre, de toute façon). Profondeur et beauté qui se retrouvent dans les tableaux de l'artiste-peintre, dans ces mains qui façonnent la beauté plutôt qu'elles ne se soumettent, qui créent de la finesse plutôt qu'elles ne s'abaissent à la déchéance.
Car Séraphine est peintre. Elle est aussi la bonne d'une famille de bourgeois qui méprisent sa condition et ne relèvent pas la difficulté de son travail. Elle fait le ménage pour gagner de quoi vivre sa vie : peindre. Elle travaille douloureusement, chaque jour, à satisfaire des propriétaires riches et imbus d'eux-mêmes, pour avoir cette joie, ce bonheur, une fois rentrée dans son appartement exigu, de s'adonner à sa passion. Alors elle peint, sur des tablettes de bois. Elle peint à l'aide de pigments ramassés par ses soins, fleurs auprès d'un lac, tiges dérobées subrepticement, sang de bœuf ou algues fraîches, cire « empruntées » à la vierge Marie (pour mieux lui rendre ensuite... )... Autant de produits naturels qui renforcent la profondeur de sa peinture.
C'est avec l'arrivée du critique allemand Wilhelm Uhde, qui a découvert le premier Picasso et le douanier Rousseau, que Séraphine voit son travail – sa passion – reconnue et aimée. Une relation particulière se tisse entre les deux personnages, entre tendresse et complicité, reconnaissance et gratitude. L'homme va alors pousser Séraphine à continuer, à persévérer, peu importent les autres, peu importent le temps ou la difficulté. Il croit en son talent comme il croit en la personne. Lors de son départ, précipité par l'arrivée des Allemands en 1914, c'est face à elle-même que se retrouve Séraphine. Elle s'adonne à cet instant-là avec démesure à son art, elle ne faiblit jamais, elle persévère, poursuivant les conseils de cet homme qui est parti, elle ne renonce plus à peindre, mais peut-être bien à vivre...
« Quand on fait de la peinture, on aime autrement ». Ces quelques mots glissés simplement lors de l'exposition improvisée des toiles de Séraphine, sont d'une telle force que le spectateur se perd dans ce tourbillon de beauté, entre peinture et paroles, entre toiles et mots, entre art et humanité... Les tableaux sont d'une beauté à couper le souffle, l'oeil malin et attendri de Séraphine nous bouleverse, son impatience à entendre le « verdict » des personnes auxquelles elle montre ses œuvres nous touche et nous émeut...
Un personnage en quête de liberté, en quête de sa vérité, qu'elle trouve dans l'exercice de son art, de sa passion, qu'elle croit voir envolée ensuite, mais qui revient finalement, entre le clair d'un ciel bienveillant et la cime d'un arbre rassurant...
| Par Samuel (Le 23-11-2008 - 18:06)
Cela fait longtemps que je n'avais pas été ému du début à la fin par un film semblable à un tableau, à une poésie.
Yolande Moreau incarne à merveille ce rôle d'une grande émotion et d'un grand déchirement social.
Bravo à Martin Provost car il a su nous donner l'émotion juste sans tomber dans un pathos insuportable.
La qualité des choix des couleurs, de la vitesse, des enchainements et de la purété du discours en font un film qui entrera j'en suis sûr dans l'histoire du cinéma. Félicitations car ce n'est pas un sujet facile. le choix de la musique et des ambiances sont remarqaubles du début à la fin, la scène de l'arbre inoubliable ainsi que la scène de la folie dans les ruelles mais aussi à l'asile, c'était très fort.
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