Sorties cinéma Sorties Cinéma en Décembre 2007 Mercredi 26 Déc | Critiques classées par dates : Actrices---------------------------------------------------------------Un film français de Valeria Bruni Tedeschi avec Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric, Louis Garrel, Valeria Bruni Tedeschi, Jean-Hugues Anglade, Bernadette Lafont, Marie Rivière, et Valeria Golino
Genre : Comédie dramatique - Durée : 1H47 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
Classement par dates (Plus récentes à anciennes) - 6 critiques| La note moyenne des internautes : | |
|
Par Mélie (Le 06-01-2008 - 12:21)
Actrices est une comédie dramatique de Valeria Bruni Tedeschi, dédié à son frère Virginio (mort en 2006), où celle-ci fait vivre son reflet, et sa reflexion, tout en dérision par rapport à sa propre vie de comédienne. Elle y incarne Marceline, une actrice déjanté et égocentrique, qu'on suit tout au long de la construction d'une pièce (Un mois à la campagne de Tourgueniev), des répétitions jusquà la dernière représentation. Marceline est perdue dans sa vie amoureuse et professionnelle, et un rendez vous chez son ginécologue vient lui mettre une grande clac : elle ne pourra bientôt plus avoir d'enfant. Elle va alors se mettre à la recherche d'elle même, tantôt en quête d'histoire d'amour avec les hommes (Eric, le plus jeune comédien de la troupe, Denis, le metteur en scène, et Arthur, son ex-compagnon également comédien), tantôt hantée par les fantômes de son père, de son premier amoureux, et du personnage qu'elle joue au théâtre, Natalia Petrovna. Le film est porté par une équipe de talent, dont les membres gèrent parfois plusieurs rôles, comme Valeria Bruni Tedeschi, réalisatrice, mais également scénariste et interprète, tout comme Noémie Lvovsky, en ancienne actrice devenu mère de famille popote, amoureuse éperdue de son patron. N'oublions donc pas de citer Mathieu Amalric, on avait déjà vu brievement Valeria à ses côtés dans Munich. Il incarne ici à la perfection le metteur en scène exentrique et grandiloquant. On y voit aussi Louis Garrel en comédien de théâtre, fraichement sorti du conservatoire, jeune premier désinvolte. Un casting donc intelligement choisi puisque les acteurs incarnent physiquement très bien leurs personnages. Le film a été présenté en selection officielle du Festival de Cannes 2006, et a reçu le prix spécial du jury « Un Certain Regard », présidé par Pascale Ferran.
On parle trop peu des auteurs / acteurs français. Il en existe pourtant comme Guillaume Cannet, plus recemment Sophie Marceau avec la Disparue de Deauville, ou Valeria Bruni Tedeschi. Actrice, scénariste, et réalisatrice de deux films déja, cette dernière écrit sur ce qu'elle connait : sa vie, le théatre. Sa première réalisation, Il est plus facile pour un chameau... , qui avait gagné le prix Louis Delluc du premier film en 2003, semblait être un autoportrait de sa vie familliale et affective, une porte entrouverte sur sa vie, les déboirs amoureux d'une pauvre petite fille riche qui s'est tournée vers l'écriture de pièces de théatre en guise de thérapie personnelle, ses différents avec sa soeur... Dans Actrices, sa deuxième réalisation, elle approfondie et complète une oeuvre, une mise en abime de la vie dans le milieu du spectacle, et surtout d'elle même, de sa vie de scène, de sa vie privée, de ses attentes, ses peurs et ses doutes. Valeria et Marceline, le personnage qu'elle incarne dans le film, sont toute deux de famille italienne, et c'est d'ailleurs la mère de Valéria qui joue le rôle de la mère de Marceline. Valeria et Marceline sont toute deux adeptes de pièce classiques russes : comme pour son personnage dans le film, Valeria a interprété Natalia Petrovna avant de se faire remplacer par l'assistante du metteur en scène, au théâtre des Amandiers, il y a sept ans. Et finalement, elles jouent donc toute les deux au théâtre des Amandiers à Nanterre, un théâtre cher à la réalisatrice puisque c'est à cette école qu'elle a tout appris du théâtre. Si on calcule le nombre de points communs entre Marceline et Valeria, on se rend compte de la part d'elle même que la réalisatrice a insufflé dans son scénario et dans ses personnages. Là où certains pourraient y voir une mégalomanie avouée et assumée, il s'agit beaucoup plus d'une envie de partage et de sincérité dans les sentiments, puisque le spectateur passe du rire aux larmes, dans un registre à la fois comique, sentimental, et tragique aussi parfois. Ici, l'humour des répliques et des situations vient se mêler à la profondeur des thèmes abordés, comme l'amour, la vieillesse, la naissance, la mort, la vie en général ; et la psychologie complexe des personnages, sans jamais rendre le film pompeux. Personnages qui sont tous très bien travaillés, et surtout Marceline, que Valeria rend à la fois drôle, exubérante, touchante, et surtout complétement folle. Bien plus que les allucinations où elle voit des morts, et des personnages qui n'existent pas, c'est la scène qui figure dans la bande annonce où on la voit essayer d'allaiter un bébé qui est le point culminant de cette folie. Le scénario est particulièrement bien construit, il est rythmé, malgré un petit essoufflement avant le « dénoument » final, et les scènes résonnent (et raisonnent) entre elles. Le travail d'actrice de Marceline vient faire écho à sa vie privée : comment trouver son personnage alors qu'elle n'arrive pas à se trouver elle même? Son metteur en scène, qu'elle juge sans aucun talent, essai en vain de lui faire trouver son personnage par la démarche, par le corps, ce même corps qu'elle sent vieillir et qui ne veut plus lui donner ce en quoi elle se sent femme, la maternité. Et quand elle s'adresse à la vierge Marie en promettant de renoncer à la gloire en échange d'une vie de famille, c'est Nathalie, l'assistante du metteur en scène, qui décide d'abandonner sa vie rangée, son mari et ses enfants pour vivre de passions, et reprendre le rôle de Natalia Petrovna. Et pour évoquer des sentiments aux spectateurs de la manière la plus pure possible, Valeria Bruni Tedeschi choisi d'utiliser peu de musique, seulement pour les moments les plus forts : on entend parfois une voix s'élever sur un air d'opéra, quand elle va à l'église ou quand elle s'enfuit lors de la dernière représentation, un rappel de ses origines italiennes. Dans l'une des dernières scènes du film, on est emporté par une musique en « son in », une reprise accoustique de la chanson I Will Survive de Gloria Gaynor, chanté par l'un des comédiens de la troupe, à l'occasion de l'anniversaire de l'actrice, qui illustre la force de volonté du personnage de Marceline. Malheureusement, la chanson tournant en boucle, elle devient vite lassante et perd un peu de son sens : on peut se demander si c'était là l'effet voulu par la réalisatrice. Mais c'est surtout l'utilisation du morceau jazz In the Mood de Glenn Miller, musique qui vient cloturer le film, qui reste inoubliable. Le son du saxophone se fait entendre alors que Marceline nage dans la Seine après avoir sauté d'un pont, un moment complétement décalé à l'image du personnage, et qui nous fait irrémédiablement penser à du Woody Allen : Marceline fait alors penser aux personnages névrosés du réalisateur New Yorkais, elle expie son égoisme dans le fleuve par un geste totalement innattendu, mais pas du tout surprenant de sa part.
Actrices est donc une petite bouffée d'air frais, un film sans grande prétention, plein de fantaisie, et qui communique une certaine philosophie de la vie sans jamais trop se prendre au sérieux. Le film décrit également à merveille l'univers du théâtre, du jeu, très centré sur son propre égaux puisque c'est en soi qu'on trouve l'étincelle du personnage, c'est faire un don de soi mais aussi beaucoup recevoir. Valeria Bruni Tedeschi fait son introspection en toute bonne foi, se moque d'elle même et du milieu du théatre dans cette gentille satyre, à la fois très touchante et pleine d'humour. On attend donc le prochain film de Bruni Tedeschi avec impacience, en espérant peut être la voir réaliser un film un peu moins autobiographique, même si la belle exelle dans le genre.
| Par jacalin (Le 02-01-2008 - 16:43)
Film qui sonne juste avec beaucoup d'émotion, Valéria Bruni Tedeschi est authentique, elle ne minaude jamais, elle sait se mettre à nu et évidemment en danger, une leçon d'humilité, c'est une perle rare dans ce monde de paillettes et de faux semblants.
| Critiques précédentes : 1 2 3
Profitez de cet espace : donnez vous aussi votre avis sur ce film
Ajouter la fiche du film Actrices dans vos favoris
|
|
| |