Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2007 Mercredi 03 Oct
DVD du film | Critiques classées par dates : L'ennemi intime---------------------------------------------------------------Un film français et marocain de Florent Emilio Siri avec Benoît Magimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing, Marc Barbé, Lounès Tazairt, Abdelhafid Metalsi, Vincent Rottiers, Eric Savin, et Mohamed Fellag
Genre : Guerre - Durée : 1H48 mn
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Classement par dates (Plus récentes à anciennes) - 23 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par Kader (Le 09-10-2007 - 18:14)
« L’ennemi intime » Rotman le rouge frappe encore !
C’est avec un a priori favorable que je me suis rendu à la séance de nuit du lundi pour visionner l’ « Ennemi intime ». Alléché par les critiques d’une presse dithyrambique et toute acquise, je croyais y voir un petit frère de « Voyage au bout de l’enfer » ou d’ « Apocalypse now ». Après coup, je me dis qu’un sous-« Platoon » m’aurait comblé.
J’attendais du mode de traitement spectaculaire du sujet qu’il permette d’attirer l’attention des foules sur la guerre d’Algérie, espérant que les Français de 2007 en tirent l’enseignement que l’Armée française, leur armée, massivement engagée sur le terrain était à leur image et que les gamins de dix-huit à vingt ans qu’on y avait envoyés n’y étaient pas pour une partie de plaisir. J’espérais aussi qu’on y verrait clairement de quelle nature était l’ennemi, sa cruauté, son injustice, sa sauvagerie. Et, enfin, je me laissais bercer par la douce illusion que les Harkis y seraient montrés tels qu’ils ne cessent de crier qu’ils étaient : des patriotes attachés à la France. Au bilan, je pensais que le fait de montrer les exactions de part et d’autre, et non plus seulement du côté français, permettrait au spectateur de se faire une idée personnelle du conflit. Las ! Tout n’est pas raté mais le démon de l’idéologie a eu le dernier mot.
En vérité, c’est bel et bien un concentré de la guerre telle que ceux qui l’ont faite la racontent que le film donne à voir pendant plus d’une heure. Avec, du côté français : la torture et, du côté fellagha les égorgements. Evidemment, le spectateur au premier degré peut croire que ça a pété pendant sept ans sans discontinuer, que toute l’armée française a torturé et que tous les fellaghas ont passé leur temps à fabriquer des « sourires kabyles ». Il reste que la démonstration est équilibrée, y compris dans ses raccourcis et ses excès, et le FLN n’est pas ménagé, contrairement à ce qu’on a toujours vu dans ce genre de film. Après trois quarts d’heure de film, au vu d’un village entier massacré par les fellaghas, on finit même par se demander si Patrick Rotman n’a pas viré sa cuti et s’il n’a pas soudain pris le parti de cette armée française qu’à longueur de reportages télé il ne cesse de fustiger depuis vingt ans. Et l’affrontement entre le sergent Dougnac (magnifiquement joué par Albert Dupontel) censé figurer l’engagé primaire au front bas mais qui se montre si humain et si subtil face à un lieutenant Terrien idéaliste et bien terne (Benoît Magimel) ajoute à cette impression.
Mais le militant Rotman n’est jamais très loin de l’ « historien » télévisuel. Et c’est par l’introduction d’un mensonge historique absolument odieux que notre cinéaste engagé fait basculer la morale du côté fellagha. Alors que, suite à une opération mal engagée, un blessé est évacué en jeep par un capitaine baroudeur, le petit convoi tombe sous les balles d’une section fellagha qui – on ne le voit pas mais on le comprend – exhibe les victimes suppliciées attachées à la carcasse de leur jeep. Comme vengeance, les « Français » ne trouvent rien de mieux que de massacrer la population d’un village voisin. Et c’est un déferlement d’images insoutenables. Dans une impitoyable fureur, on bastonne des vieux, on frappe des enfants à coups de pieds, on viole (ce n’est pas montré mais suggéré) ; un jeune appelé tue de sang-froid une mère et l’enfant suspendu à son sein, etc. Puis, c’est l’apothéose, si on peut dire. La population est fusillée. Là encore, ce n’est pas montré mais c’est clairement dit dans une séquence où le village en feu est filmé d’hélicoptère avec comme fond sonore le crépitement des flammes et le tonnerre de la mitraille et des coups de fusils.
La référence est évidente : on se croit à Oradour-sur-Glane. Et, là, on se dit que Rotman a pété les plombs car jamais, au grand jamais, les pires ennemis de la France n’ont osé accuser son armée d’avoir perpétré un massacre de ce type en sept ans de guerre d’Algérie. Et nous voici rattrapés par la propagande, la désinformation, le mensonge, la politique et toute la gangue qui salit la France, son Armée et ceux qui les aiment.
| Par Dion Cassius (Le 08-10-2007 - 18:23)
C'est épatant (si l'on peut utiliser ce terme pour un sujet aussi dramatique). Pas si manichéen que cela, l'expression des déchirements internes et externes est bien traité. Acteurs excellents : Magimel surprenant et Dupontel en grande forme. Sur un sujet voisin, bien supérieur à "Indigènes", au moins pour ce qui concerne la mise en scène et le jeu des acteurs. Bravo donc !
| Par rodier (Le 07-10-2007 - 19:24)
L'auteur de ce film a eu le courage d'aborder un sujet qui reste extrêmement sensible en France et en Algérie. Il est passé au dessus des tabous et du "politiquement correct" en n'hésitant pas à décrire cette guerre dans toute son horreur (mais toutes les guerres sont horribles pour ceux qui les font et pour les populations civiles qui les subissent). Cependant -et c'est le seul bémol-, il a un peu forcé sur les états d'âme du jeune sous-lieutenant et du sergent (ayant fait l'Indochine, il est étonnant que ce dernier n'ait pas été plus gradé en 1959; normalement, il aurait au moins du être sergent-chef ou sous-officier supérieur). Les personnages du commandant et capitaine "officier de renseignement" sont très bien vus. L'avis qu'ont les "anciens d'Algérie" sur ce film courageux sera certainement passionnant à lire. Les équipements militaires sont conformes à la réalité hormis certains détails qui n'intéressent que les amateurs de militaria (sous-taches des vestes de sortie, pistolet GP 35 pour le sous-lieutenant -à moins que ce soit une arme personnelle, le PA réglementaire étant le MAC 50, etc. ).
| Par beatrice (Le 07-10-2007 - 17:54)
Excellent film... trés difficile à regarder car souvent trés violent... mais c'est la première fois que l'on ose montrer ce qui a du être le véritable visage de cette" non guerre "jusqu'à il y a peu. (torture, napalm... )
On l'a fait pour le vietnam, il était temps de le dire et de le voir pour l'algérie.
La guerre est horrible et rend n'importe quel homme, même bien intentionné, mauvais car l'escalade de la violence lui fait perdre la maitrise de ses sentiments
Dupontel est excellent. Magimel peut être un peu moins convainquant mais trés bon lui aussi. Un film à voir absolument
| Par claudette lavabre (Le 06-10-2007 - 11:24)
Le film " l' Ennemi Intime" conforme au genre des films de guerre est un condensé de tueries, de tortures, dans un paysage magnifique certes mais souvent filmé de façon anxiogène. Images souvent à la limite du supportable. Le propos se veut nouveau, mais n'évite pas le dogmatisme, vouloir montrer la complexité de la guerre n'est pas évident. Il manque à ce film une approche distanciée, mais peut-on sur "la Guerre d' Algérie" parler juste, quand les traumatismes encore à vif, sont loin d'être apaisés. Guerre juste, guerre injuste comment savoir quand on n'a pas vécu la guerre dans sa tête et dans sa chair, comment nous nous serions comportés ? Tant de soldats, tant de civils sacrifiés à la guerre, hier comme aujourd'hui, pourquoi ne retient-on pas les leçons de l'Histoire ? Le film de Florent Emilio Siri ne répond pas à cette éternelle question ? La guerre est ignoble, absurde, qui peut le contester ? Bien des réalisateurs nous ont donné leur vision de la guerre, ils ont fait oeuvre d'artistes. Avons-nous à dire si leur film est conforme à la vérité historique ou pas ? Un film n' est pas une copie du réel. Il transcende le réel pour atteindre la permanence de ce qu'est la vie. L'artiste est libre de ses choix, comme nous sommes libres ou pas de le suivre dans sa vision. Florent Emilio Siri a voulu faire un film ambitieux, une superproduction avec des stars, mais il s'est perdu dans une accumulation de faits historiques sans parvenir à les dépasser et à nous toucher autrement que par la violence extrème des actes de barbarie inhérents à toutes les guerres. Il n'y a pas de guerres propres ! On quitte le film assommé d'horreurs et la fin du scénario est à l'image d'un film qui ne s'est pas libéré du démonstratif et du pédagogisme. Dommage car le sujet et les intentions du réalisateur étaient bonnes au départ. Par ailleurs les critiques de la presse comme des internautes majoritairement enthousiastes m'interrogent et me font craindre un formatage des esprits conforme à une pensée unique.
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