Par charbif (Le 30-06-2010 - 19:24)
Il y a des films prometteurs, comme "Duel" de Spielberg ou "The hit" de Stephen Frears, de ces films qui laissent augurer une carrière intéressante. "La disparition d'Alice Creed" est de ceux-là. Tourné sur l'île de Man avec des moyens limités, ce long métrage crée d'emblée une atmosphère : déroulement précis d'une opération encore inconnue menée par deux acolytes aussi silencieux qu'efficaces, plans serrés sur des visages, des outils, des matériaux qui tous concourrent à mettre en place le piège, rythme rapide. Ces deux gaillards ne travaillent ni pour une entreprise de rénovation, ni pour une grande marque de distribution. Ils préparent scientifiquement la séquestration d'Alice Creed, incarnée par l'actrice montante Gemma Arterton. Du rapt on ne verra que la fin ( Alice balancée dans le fond de la camionnette blanche volée sur un parking au début du film).
Mais les ravisseurs sont loin d'être les bras cassés de la comédie de Benchetrit "J'ai toujours rêvé d'être un gangster". Professionnels, inflexibles, inquiétants. La jeune femme humiliée va de Charybde en Scylla : dévétue, photographiée, rhabillée, baillonnée, attachée aux montants d'un lit rivé au plancher dans une salle capitonnée, verrouillée à double tour, elle panique face à la détermination de ses ravisseurs. Puis finit par comprendre qu'ils ne cherchent qu'une chose : extorquer une rançon colossale à un père qu'on ne verra jamais.
Le spectateur s'identifie immédiatement à cette victime, étouffe dans le huis clos de cet appartement transformé en centre de détention et vogue de surprise en surprise au gré du scénario. L'ensemble est bien ficelé, cynique comme tout bon film noir. Une seule réserve: un pathos un peu trop appuyé dans toutes les scènes sentimentales (eh oui, il y en a !).
Mais ne boudons pas notre plaisir à découvrir un trio d'acteurs épatant (Martin Compston et Eddie Marsan incarnent les ravisseurs) et un auteur à suivre... J. Blakeson.
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