Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2010 Mercredi 24 Février | Vos critiques du film Shutter Island---------------------------------------------------------------Un film américain de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley
Genre : Thriller - Durée : 2H15 mn
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Classement par notes (décroissantes) - 9 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par dominique (Le 27-02-2010 - 17:57)
Angoissant, déroutant, glauque et sombre : tels sont les seuls adjectifs que l’on peut trouver pour ce polar certes prenant mais très oppressant. Di Caprio et Scorsese, un duo qui fonctionne : l’un mettant pleinement les talents artistiques de l’autre en valeur. On peut cependant reprocher à ce film qui nous mène par le bout du nez de nous embrouiller et de nous angoisser un peu trop. On s’attend à une enquête policière et l’on est fasse à un combat psychologique beaucoup trop personnel ; le sort réservé aux enfants est à la limite du soutenable. Et difficile pour le spectateur d’entrer à 100% dans son univers à la limite de celui de Cronenberg.
| Par Lventriloque (Le 28-02-2010 - 21:34)
La concertation en fonçant sur l'île est prometteuse. Les deux stars Mark Ruffalo et Leonardo di Caprio dans le même bateau... Drôle d'idée que cette musique lourdingue martelant l'entrée en terre inhospitalière, qu'on s'enfonce bien dans le crâne que ces deux hommes vont vivre l'enfer... Léger trouble dans les attitudes toutefois, indice qu'on aura en permanence à douter de qui est le plus fou... Jusque-là, l'intrigue fonctionne, dommage qu'il y ait cette interminable purée de poix ensuite : de constants flashs-back, Shoah, épouse détraquée, en direct, l'illustration de ce qui se passe dans la caboche de l'un des enquêteurs (2 heures 17 de projection, dont 30 minutes inutiles), de laborieux allers-retours de l'onirisme aux réalités, la recherche de personnages mythiques, et toujours ce côté sentencieux... Scorsese ne lésine sur aucune prouesse technique en revanche, efficacement secondé par la scénariste Laeta Kalogridis (films d'action et séries télé étatsuniennes) : les amateurs d'émotions fortes devraient raffoler, d'autant que la morale est sauve en dépit du parallèle entre psychiatrie "de tous les jours" et folie guerrière. Plus sobre, j'aurais peut-être aimé.
| Par tryphop (Le 04-07-2010 - 19:53)
Constat accablant de l'utilisation du génie allemand perverti à la science dégénérée, mise en avant des atrocités cachées au monde entier sous le couvert du progrès, synthèse d'une après guerre ou l'esprit se trouble dans la confusion de fausses valeurs, le tout mené d'une main de maître par martin scorsese qui nous impose une ambiance machiavélique ou les illusions se confondent avec la réalité! Voilà une rapide synthèse qui permet de décrire ce film aux nombreuses ficelles... des scènes d'une rare beauté fusionnent avec une atmosphère malsaine et laissent le spectateur pantois, rapprochant scorsese de Hitchcock ou plus encore d'un david lynch dans son approche irréelle voir cauchemardesque d'un univers qui échappe à tout contrôle. Une simple énigme policière qui se transforme insidieusement en piège mortel pourra même rappeler des références du genre comme "Mulholland drive" ou "Le dahlia noir", utilisant les mêmes outils pour plonger le spectateur dans un effroi des plus jouissif, quoi que moins porté sur les flash-back que ses homologues. Je n'en dirais pas plus pour éviter aux lecteurs de comprendre tous les ressorts de ce film qui vaut mieux d'être découvert sans connaissances préalables, au risque de tout gâcher... On pourra peut-être juste lui reprocher d'être sorti après "le sixième sens" ou "l'effet papillon" qui nous ont déjà habitués à ce type de mécanismes imposant de s'égarer dans les couloirs de l'espace temps et de s'y perdre... j'ai d'ailleurs deviné la fin un peu avant qu'elle n'arrive, mais peu importe, ce voyage angoissant sur une île cauchemardesque vous agrippant sans relâche, il faudrait être difficile pour en refuser l'invitation macabre... ou trop peureux! Tel un noeud coulant, le scénario glisse et se ressert pour accentuer votre malaise jusqu'à la délivrance finale... comme un retour à ce que pouvait proposer de mieux le cinéma des années 80 qui n'est presque plus que "populiste", ce nouveau scorsese permet au septième art de retrouver sa noblesse injustement perdue en surprenant davantage les spectateurs par un scénario intelligent que par des artifices matérialistes ou conjoncturels... Bravo, le cinéma n'est peut-être pas encore mort.
| Par mycityisny (Le 01-03-2010 - 06:14)
Si vous n'avez pas encore vu le film, je risque de gâcher votre séance. Tout d'abord, ce qui est bien: peu de musique (mais quand il y en a : elle est insupportablement tonitruante). En voyant la bande-annonce, je me suis demandé ce que Scorsese allait faire dans ce "genre" spécifique; effectivement, ou le livre est trop appuyé, ou l'adaptation est ratée. Les scènes de dialogue sont ennuyeuses pour deux raisons: le système du champ/contre-champ est lourd (même si l'histoire est datée de 1954, ça ne fonctionne plus de nos jours surtout pour de longs dialogues), le spectateur préfère toujours comprendre par l'action plutôt que par la parole; ici les dialogues sont explicatifs et trop longs. Le film est d'ailleurs trop long; en moins d'une heure, on a compris (dans la salle où j'étais, on sentait le public démobilisé après la longue séance de cauchemar qui nous permet de cerner le monde mental du personnage et qui ainsi lâche le morceau). ATTENTION SPOILER: si vous voulez voir le film l'esprit libre, ne lisez pas la suite. Première apparition du personnage : il est "malade"; il ne connaît pas son partenaire: bizarre; le gros plan sur leurs armes à l’entrée dans l’asile est parlant; le partenaire ne dit presque rien, s'efface ou disparaît: bizarre; on les accoutre du costume des internés : oh-oh; donc en moins d'une heure on a compris. Ensuite on a tous les clichés psychanalytiques: la conscience surchargée (guerre, camps, extermination, culpabilité, meurtres, vengeance et j'en passe: ça fait un peu beaucoup), rats + grotte = subconscient, le phare = on quitte les profondeurs de l’inconscient et du refoulé pour accéder à la lumière c'est-à-dire au conscient (comme par hasard l’obscurité agitée du cyclone s’efface au profit de la clarté = le dévoilement) : tout est donc sursignifiant et un peu indigeste... Tout le parcours est censé être initiatico/régressif/rédempteur. Au final, long, lourd, faussement effrayant. Un conseil : revoir Vol au-dessus d'un nid de coucou.
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