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Par claude (Le 18-12-2008 - 10:34)
LES PLAGES D'AGNES,
Agnès VARDA
Pour moi, malgré toujours une forte concurrence, le film de la semaine est
LES PLAGES D'AGNÈS, le dernier film d'Agnès VARDA. La cinéaste octogénaire réalise là
non seulement un autoportrait sans concession mais surtout un film d'une générosité
sans limite. Elle tend les miroirs, au sens propre et au sens figuré, à tous ceux et
toutes celles qui l'ont accompagnée depuis son enfance.
Pour ce faire, Agnès utilise judicieusement des images et des sons pieusement conservés
mais qu'elle nous présente sans excès de nostalgie. Tout son propos est au présent et
donc tourné vers l'avenir. Vieille dame, qui sait se regarder avec humour, Agnès Varda
aborde ici les problèmes les plus graves (maladie, Sida, mort, guerre... ) et les plus légers (anecdotes, détails, objets quotidiens) dans un montage savant mais fluide et très poétique.
Sa belle aventure d'amour avec le cinéaste Jacques Demy tient une place importante,
à juste titre.
Chez Agnès Varda, les plages, dit-elle, ont marqué sa vie. Elles sont devenues prétexte
et chapîtres du film. Des plages de Sète ou de Noirmoutier à la rue Daguerre,
au nom prédestiné, la mémoire d'Agnès paraît infaillible. Elle nous y avait déjà habitués
dans ces films précédents comme LES GLANEURS ET LA GLANEUSE. Ne rien laisser perdre, s'intéresser jusqu'à l'esthétique des moisissures sur un mur, les murmures des murs,
un cadran d'horloge sans aiguilles, les sons mélangés, les timbres de voix différents,
les musiques harmonieusement accompagnent la voix d'Agnès qui ose se mettre en scène.
" Faire un peu le clown me convient et m'a permis de prendre du recul ".
Profondeur et joie de vivre, générosité et créativité, quel beau cadeau elle nous fait
ainsi qu'à sa fille Rosalie et son fils Mathieu.
Quand on voit un film comme LES PLAGES D'AGNÈS, on souhaite à tout un chacun d'avoir
le même regard enjoué, distant et lucide sur sa propre vie. Bain de jouvence sur ces plages
où cette octogénaire, avec ses rides, nous ouvre un sillon profond vers un avenir à construire avec espoir malgré tout.
C''est d'espace vital qu'il s'agit. Espace dans lequel chacun, en compagnie,
peut respirer large et donc le plus amplement possible.
" Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages, dit Agnès Varda
mais elle ajoute:
Moi, si on m'ouvrait, on trouverait des plages ".
Et moi d'oser poursuivre:
Et là-bas, au loin, au-delà de la mer, la ligne d'horizon si attirante.
Beau film qui restera une date dans l'histoire du 7è Art.
Claude
| Par Jean-Claude (Le 27-02-2009 - 17:16)
L'émotion à l’état pur.
A travers cette autobiographie magnifiquement revisitée, Agnès Varda fait une éblouissante démonstration du pouvoir émotionnel d'un cinéma créatif et maîtrisé. Un récit sans concession à la Annie Ernaux, la tendresse et l’humour en plus: on pleure et on rit, on mélange ses souvenirs avec les nôtres et on regarde vers l'avenir, c'est-à-dire nos enfants et petit-enfants et l’angoisse de la mort s’éloigne, au moins momentanément.
Illustration parfaite du souhait d’Alain Resnais - "le cinéma ne devrait être qu'un montage d'émotions"- par une vieille dame de quatre vingts ans, un peu boulote mais bougrement talentueuse.
Bravo et merci madame Varda.
P. S. : Je découvre que ce film à été nommé pour le césar du meilleur documentaire (sic) alors que le documentaire autobiographique «Bienvenue chez les Chtis » ne l’a pas été. On comprend la colère de Dany Boon. Mon conseil : Boon devrait exiger que ses films ne passent que dans les salles d’art et d’essai (e. g. : une seule salle à Grenoble pour le film de Varda).
| Par oiseau de passage (Le 25-12-2008 - 09:29)
Quelle merveille! Agnès Varda raconte sa vie et à 80 ans avec son oeil de photographe elle a vu et fait beaucoup. Elle rend tout cela présent avec distance, poësie, humour et sensibilité. Et pas de nostalgie car ce qui l'intéresse c'est regarder les autres avec générosité au moment où elle vit. Elle a commencé, sans drame, à 18ans à prendre son indépendance et elle l'a toujours gardée. Que du bonheur ce film. Comme j'aurai voulu être une petite souris dans la cour de la rue Daguerre, chez Agnès!
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