Sorties cinéma Sorties Cinéma en Nov. 2008 Mercredi 19 Nov. | Vos critiques du film Two Lovers---------------------------------------------------------------Un film américain de James Gray avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, John Ortiz, Moni Moshonov, et Isabella Rossellini
Genre : Drame - Durée : 1H50 mn
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Classement par notes (décroissantes) - 5 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par Bruna (Le 07-12-2008 - 20:49)
J'ai hésité à aller voir ce film car autour de moi la critique n'était pas bonne. Et puis je me suis dis "allez Bruna tu vas te faire ta petite idée toute seule". Et bien je n'ai pas été déçue. J'ai adoré et je me suis posée des questions : pourquoi ça n'a pas plus à Elise, Sophie et Marthe et pourquoi Françoise, Macha et moi avons aimé ce film ?. La réponse qui me paraît la plus plausible est que ces femmes pensent que ces histoires ne peuvent pas arriver. Qu'un homme ne peut être aussi faux et hypocrite et prêt à épouser une femme qu'il n'aime pas. Et si !! c'est possible. Elles ont pas aimé ce film car elles ont peur que l'homme qui se lève chaque matin à leur côté les ait choisi plus par dépit que par amour. En quelque sorte elles font un transfert. J'ai vécu une histoire presque similaire mais je ne suis jamais allé jusqu'au bout car j'ai beaucoup de mal à faire semblant. La scène la plus dure, le summum de l'hypocrise est la scène finale quand il lui offre le solitaire et qu'une larme coule sur ce si charmant visage et qu'elle lui demande : "mais pourquoi pleures-tu ?" et qu'il répond " parce que je suis heureux". Mesdames c'est rassurant non ? lol
| Par Lventriloque (Le 10-01-2009 - 23:26)
Envoûtant par la manière dont c'est traité ! Sans doute, les plans en surplomb du début du film, les ralentis et la musique (un rien "In the Mood for love" !) sont pour beaucoup dans l'embarquement immédiat. Le héros serait atteint de la maladie de "Tay-Sachs", comme son ex volatilisée, très important pour comprendre qu'il a des exigences, avec désir intact de s'affirmer, par exemple "protéger", la blondeur d'une silhouette juvénile est bien tentante ! Sans cette fêlure génétique, on pataugeait dans l'adolescence attardée, comble d'ennui... Ce Léonard (un gros ours qui sait aussi se mettre beau, attachant en diable), vit et travaille au pressing de ses parents. J'ai cru voir Ingrid Bergman ressuscitée tant Isabella Rossellini devient copie conforme. Les amateurs des films d'action du réalisateur seront surpris par cette romance desservie par une affiche faussement légère. C'est une histoire assez noire, romantisme et cruauté ne cessant de se donner le change. La façon d'amener les péripéties est séduisante, que ce soit par l'exploration des petits gestes qui trahissent, ou sous des angles détournés, à la manière asiatique (draps en mouvement sur le miroir). Les femmes échaudées peuvent aimer, les hommes à l'aise avec leurs pulsions aussi. Et peu importe qu'il s'agisse du triangle amoureux maintes fois vu et revu, quand c'est aussi bien fait, et à l'image de ce que nous vivons tous les jours ici ou là depuis que la terre tourne !
| Par Camille Lambert (Le 02-12-2008 - 13:48)
Première image : un homme s'avançant sur une jetée, un paquet à la main. L'un des derniers plans : ce même homme, s'avançant vers la mer, des gants à la main. Pourquoi? Par qui poussé? Par quel trouble inexorable sa vie fait-elle boucle, revenant à ses origines, mais tentant sans cesse de s'en extraire? Le retour aux sources, à la mer, à la mère, aux femmes aimées, aux rêves brisés.
Car il en a, Léonard (le grand Joaquin Phoenix), des rêves réduits à néants. Et il en a des femmes, dans son cœur, dans son passé et autour de lui. Il y a d'abord sa mère, la femme de toujours, la femme omniprésente, la mère inquiète et (trop?) soucieuse de la réussite de son fils. Mais la mère aussi qui comprend, la seule femme à lire son regard heureux, à accepter ses choix, tant que ceux-ci le mènent au bonheur.
Il y a ensuite la « fiancée » du passé, la femme qui demeure tel un souvenir douloureux, donnant la couleur grise de la vie de Léonard, et faisant écho à ses actes. Cette femme, peut-être seulement cette photo, qu'il cherche à retrouver, qu'il tente de découvrir dans le regard d'autres femmes, qui lui permettront de jeter l'image, de balayer le souvenir.
Arrive bientôt, très tôt, la femme « idéale », la fille « d'amis aux parents », parents pour qui l'union des deux jeunes adultes promettrait la plus parfaite réussite pour leur entreprise commune. Sandra (la brune Vinessa Shaw) représente la stabilité, le confort, l'amour pur et dévoué, simple dans son regard et son futur. Elle arrive dans son existence et s'y impose telle l'allégorie de la vie rêvée, de la vie réglée, de la vie qu'il faut, sans écart ni marginalité.
Mais voilà. Il fallait un mais. Michelle (la blonde Gwyneth Paltrow) débarque, avec ses yeux tristes et son passé difficile. Elle s'immisce dans son appartement, et, très vite, dans son coeur, amenant avec elle l'incertitude de l'avenir et l'instabilité des sentiments. Elle ne voit en Léonard qu'un frère, à qui elle pourrait tout dire mais qu'elle ne pourrait aimer (ce qu'elle ne dit pas, et voilà tout l'enjeu... ). Elle ne voit en Léonard qu'un « meilleur ami » à qui demander la sincérité de son amant, marié et père d'un enfant, qu'elle lui fait rencontrer, niant les sentiments naissants du jeune homme en quête de lui-même à travers les autres.
Il y a donc les aveux, les complicités, les tentatives, les réussites (soi-disant), les promesses (soi-disant)... Mais il y a aussi la peur, le doute, l'impossibilité de choisir, l'espoir puis la désillusion...
Léonard essaye, tente avec l'une, défie l'autre, s'entiche de la blonde en évitant la brune... Puis vient le temps du renversement, du changement d'optique, du choix de la vie sur la mort...
L'histoire est, finalement, simple. Un homme pour deux femmes, avec tous les sentiments que cette situation engendre. Les comportements et les évènements sont souvent attendus. Mais, finement, James Gray parvient à nous émouvoir grâce à la justesse de ses personnages et à l'humanité de leurs sentiments. Alors on arrive à oublier les clichés et on se laisse emporter dans une mer tumultueuse, pleine de remous et de tourbillons, mais jamais sans bonté ni humanité.
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