Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2008 Mercredi 01 Octobre | Vos critiques du film Séraphine---------------------------------------------------------------Un film français de Martin Provost avec Yolande Moreau, Ulrich Tukur, et Anne Bennent
Genre : Drame - Durée : 2H05 mn
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Classement par notes (décroissantes) - 9 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par catchio (Le 20-10-2008 - 14:38)
Très beau film en demi teinte, excellente interprétation de Yolande Moreau,
cependant un peu lent et un peu long parfois. Plus de concision, un peu moins
de gros plans et de parties sombres aurait renforcé le propos et mis en
évidence la singularité de cette oeuvre.
| Par Lionel (Le 16-11-2008 - 19:09)
Si l'on pouvait oser le parallèle avec la peinture, l'on pourrait qualifier ce film d'impressionniste. Des petites touches successives qui suggèrent plus qu'elles ne démontrent. Rien n'est jeté à la face du spectateur... tout est délicatement sussuré. L'histoire est à peine crédible, tant le parcours de Séraphine Louis, plus connue à titre posthume sous le nom de Séraphine de Senlis, est exceptionnel, au sens étymologique du terme. Yolande Moreau incarne à merveille ce personnage central et porte le poids et le succès du film sur ses épaules. Tout pourrait être résumé par cette phrase extraite des dialogues "Quand on peint, on aime autrement". Les primitifs modernes (à ne pas confondre avec les "naïfs") sont racontés ici par Martin Provost dans toute la richesse de leurs destins respectifs. Celui de Séraphine est singulier et tient à la fois de Cendrillon pour l'aspect conte de fée et de Carmen pour le côté rebelle et fille du peuple. Ulrich Tukur, dans le rôle de Wilhem, le mécène visionnaire, amène son côté "force tranquille" au service du film et contribue à en enrichir la dimension sereine. La rumeur m'avait mis en garde sur le caractère long ou longuet du film et finalement les 2 heures 05 sont passées comme une lettre à la poste, sans temps morts ou sans préambules inutiles. Un beau film à la française avec un positionnement original et à part, sur l'échiquier actuel des scénarii.
| Par Camille Lambert (Le 01-12-2008 - 21:31)
Dos courbé, mains vieillies, attitude terne et soumise.
Mais ses yeux, ce bleu couleur ciel, ces teintes couleur vie, reflètent la grandeur et la force de cette Séraphine. Force et grandeur interprétées avec majesté, noblesse et profondeur par l'exquise Yolande Moreau (après avoir vu le film, on n'en imaginait aucune autre, de toute façon). Profondeur et beauté qui se retrouvent dans les tableaux de l'artiste-peintre, dans ces mains qui façonnent la beauté plutôt qu'elles ne se soumettent, qui créent de la finesse plutôt qu'elles ne s'abaissent à la déchéance.
Car Séraphine est peintre. Elle est aussi la bonne d'une famille de bourgeois qui méprisent sa condition et ne relèvent pas la difficulté de son travail. Elle fait le ménage pour gagner de quoi vivre sa vie : peindre. Elle travaille douloureusement, chaque jour, à satisfaire des propriétaires riches et imbus d'eux-mêmes, pour avoir cette joie, ce bonheur, une fois rentrée dans son appartement exigu, de s'adonner à sa passion. Alors elle peint, sur des tablettes de bois. Elle peint à l'aide de pigments ramassés par ses soins, fleurs auprès d'un lac, tiges dérobées subrepticement, sang de bœuf ou algues fraîches, cire « empruntées » à la vierge Marie (pour mieux lui rendre ensuite... )... Autant de produits naturels qui renforcent la profondeur de sa peinture.
C'est avec l'arrivée du critique allemand Wilhelm Uhde, qui a découvert le premier Picasso et le douanier Rousseau, que Séraphine voit son travail – sa passion – reconnue et aimée. Une relation particulière se tisse entre les deux personnages, entre tendresse et complicité, reconnaissance et gratitude. L'homme va alors pousser Séraphine à continuer, à persévérer, peu importent les autres, peu importent le temps ou la difficulté. Il croit en son talent comme il croit en la personne. Lors de son départ, précipité par l'arrivée des Allemands en 1914, c'est face à elle-même que se retrouve Séraphine. Elle s'adonne à cet instant-là avec démesure à son art, elle ne faiblit jamais, elle persévère, poursuivant les conseils de cet homme qui est parti, elle ne renonce plus à peindre, mais peut-être bien à vivre...
« Quand on fait de la peinture, on aime autrement ». Ces quelques mots glissés simplement lors de l'exposition improvisée des toiles de Séraphine, sont d'une telle force que le spectateur se perd dans ce tourbillon de beauté, entre peinture et paroles, entre toiles et mots, entre art et humanité... Les tableaux sont d'une beauté à couper le souffle, l'oeil malin et attendri de Séraphine nous bouleverse, son impatience à entendre le « verdict » des personnes auxquelles elle montre ses œuvres nous touche et nous émeut...
Un personnage en quête de liberté, en quête de sa vérité, qu'elle trouve dans l'exercice de son art, de sa passion, qu'elle croit voir envolée ensuite, mais qui revient finalement, entre le clair d'un ciel bienveillant et la cime d'un arbre rassurant...
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