Sorties cinéma Sorties Cinéma en Août 2006 Mercredi 09 Août
DVD du film | Vos critiques du film La Tourneuse de pages---------------------------------------------------------------Un film français de Denis Dercourt avec Catherine Frot, Déborah François, Pascal Greggory, Antoine Martynciow, Clotilde Mollet, Martine Chevallier, Michele Ernou
Genre : Drame - Durée : 1H25 mn
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Classement par notes (décroissantes) - 31 critiques| La note moyenne des internautes : | |
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Par nialaj (Le 17-08-2006 - 23:47)
Je dois bien avouer que j'ai été séduit et agréablement surpris par La tourneuse de pages. Il faut dire que le film nous met d'emblée dans l'ambiance. De plus, la bande-annonces laisse augurer d'un bon cru, ce qui se confirme dès les premières minutes du film. S'ajoute à cela le jeu parfait et juste des acteurs, Catherine Frot en tete. Cette grande comédienne n'est plus à présenter et son talent est reconnu. C'est un plaisir de la retrouver après Le passager de l'été, dans lequel elle s'illustre à nouveau, meme si le film n'a semble-t-il pas obtenu le succès escompté. Quoi qu'il en soit, elle s'impose indéniablement dans le role de cette pianiste concertiste pleine de doute après un accident survenu 2 ans plus tot et qui l'a rendue fragile et vulnérable. Ainsi, tout professionnel de la musique peut un jour ou l'autre ressentir un trac récurrent. En outre, la pression est toujours présente. Cela est montré quand le trio dont fait partie l'héroine est testé par le manager de l'ensemble instrumental. Ayant moi-meme étudié au Conservatoire et enseignant depuis la musique, je peux attester que cela est vrai. L'arrivée inopinée mais néanmoins calculée et préméditée d'une jeune femme, étonnante Déborah François, va bouleverser sa vie ainsi que celle de son fils et de son mari. Ce thriller psychologique très maitrisé et soigné n'est pas sans rappeler Swimming pool de François Ozon car on y retrouve une ambiance très particulière. Le réalisateur, Denis Dercourt, sait parfaitement distiller le trouble, et ce dès le début. Ce professeur de musique de chambre au Conservatoire national de région de Strasbourg et ex-alto solo à l'Orchestre national de France a brillamment planifié son film, véritable petit bijou où la tension est palpable à chaque instant. Il réussit un bien bel exercice de style dans lequel le rythme un peu lent ne gache en rien le plaisir ni la réussite indéniable de l'ensemble. Par ailleurs, la sublime musique de Schubert et de Chostakovitch nous transporte. La vengeance est un plat qui se mange froid a-t-on envie de déclamer haut et fort. Ce film en est la parfaite illustration. Cette vengeance est d'ailleurs savamment orchestrée et réfléchie. Toutefois, l'attirance aussi inattendue que troublante des 2 héroines laisse quelque peu planer le doute quant à la véritable intention du personnage interprété par Déborah François. Cette actrice est assurément une révélation et il faudra la suivre de près par la suite. J'ai donc beaucoup aimé ce film qui se suit avec intéret du début à la fin. Attendons à présent le prochain film d'un réalisateur très prometteur qui prouve qu'on peut etre à la fois un grand musicien et un grand compositeur à la fois. En tous cas, je le recommande vivement. A ne pas manquer si l'on est mélomane.
| Par manu (Le 22-08-2006 - 09:20)
Encore une fois, Catherine Frot joue son role à merveille. Il y a en fait plusieurs thèmes dans ce film et pour moi, celui de la vengeance n'est pas forcément le plus important. La montée des sentiments qu'éprouve la concertiste pour sa tourneuse de page est extraordinairement bien construite. Tout se concentre dans des regards, des silences, des petites phrases. Mais cette retenue ne peut pas baillonner la pianiste face à un triple "interdit" : elle pense... à tromper son mari..., avec une autre femme... de 20 ans sa cadette...
Bravo également à Déborah François pour son interprétation.
Allez voir ce film, c'est beaucoup d'émotion et de la belle musique en prime.
Manu
| Par sacha (Le 23-08-2006 - 20:03)
Film soigné, poétique et mystérieux au sein duquel la musique prend une place discrète et fort agréable. Le jeu des comédiens est remarquable, j'y ai noté aucune longueur, aucun temps mort, il s'agit de se laisser guider par les deux rôles principaux qui offrent un mélange de force et de vulnérabilité touchant. A ne pas manquer
Sacha
| Par mathart (Le 29-08-2006 - 01:31)
Quel plaisir de voir ce film si glaçant en cette période estivale. On est constamment sur le fil du rasoir, en parfait équilibre entre la poésie et la cruauté. On attend le moment où le film basculera d'un côté ou de l'autre. Bref cette histoire de vengeance sur fond de musique classique nous ravit on adore jouer avec nos nerfs et on se delecte de chaque souffrance et tortures psychologiques que le personnage de deborah François inflige à Catherine Frot. Bref on se découvre des légers penchants sado-masochiste. La rigueur de la musique classique brode le scénario en dentelle et toute cette rigueur et cette grâce de la musique classique se retrouve dans le jeu magnifique de ce duo d'actrice.On connaissait déjà le talent de mme Frot mais il n'est que sublimé par celui de mlle François qui nous livre le portrait d'une jeune fille amere rongée par le désir de vengeance, à la fois manipulatrice, cruelle et d'une grâce exaltante. Je dirais qu'un mot pour conclure c'est une idée prodigieuse d'adapter un "thriller" psychologique à la relation entre une pianiste et sa tourneuse de pages et je suis fan.
| Par Nénette (Le 01-09-2006 - 11:10)
Le jeu des acteurs est superbe. Ce film est d'une richesse psychologique et émotionnelle exceptionnelle. L'histoire est plausible et bien menée. La satisfaction éprouvée et magnifiquement traduite à l'écran par Mélanie est terrible et gace le sang. Bravo, encore bravo pour le choix des oeuvres et la qualité de leur exécution (il faut cependant être connaisseur de la musique pour vraiment savourer et comprendre les interférences de la musique avec l'intrigue) ; félicitations à Catherine Frot et à Déborah François pour l'authenticité de leur jeu pusqu'elles jouent elles-mêmes.
Maintenant, quelques réserves et regrets, notamment de nature musicale et philosophique : l'événement suscitant la volonté de vengeance chez Mélanie est quelque peu disproportionné. En effet, il faut savoir qu'à une audition le jury est censé avoir le droit de tout faire pour tester la qualité de concentration, d'impertubalitité et d'engagement personnelle dans l'oeuvre jouée du candidat. D'où la juste réplique d'Ariane : "Mais il fallait continuer à jouer !!". En tant que musicienne interprète, je suis convaincue que , si Mélanie avait été pleinement concentrée sur l'exécution de son oeuvre (le magnifique Prélude en ré de Bach), elle n'aurait même pas remarqué la fâcheuse et scandaleuse intrusion de l'admiratrice. Il n'en demeure pas loin que c'est un vrai cirime en musique que d'interrompreainsi violemment le cours d'une interprétation.
En tant qu'auditrice intime de Bach, je trouve par ailleurs tout à fait contradictoire, injuste et indécent de vouer sa musique à une histoire de vengeance qui, de plus, voit ses plans totalement et parfaitement aboutis... la musique de Bach est par excellence la musique de la miséridcorde.
Enfin, la vocation de la musique est de guérir, de renouer les liens, de pacifier, d'harmoniser, de réparer. Certes, Dercourt a raison de montrer que, fort malheureusement, le monde de la musique classique est, lui aussi, pourri par l'ambition, l'orgueil, le mépris et l'affairisme. Mais pour l'édification du spectateur, il eût fallu donne rune autre fin : vélléités et prémisses de vengeance certes - c'est humain et tout à fait compréhensible -, mais explications et mise au point finale (dans la voiture après le concert d'Ariane, pourquoi Mélanie n'aurait-elle pas avoué à Ariane le mobile de son comportement et lui donner une chance de se racheter, par exemple en redevenant pianiste sous l'égide d'Ariane ?), puis communion dans la musique et réconciliation et harmonie définitive transcendant les erreurs et les violences des sentiments. Bref, laisser parler Bach jusqu'au bout !!
Je tiens à remarquer que le sentiment supposé homosexuel éprouvé par Ariane vis-à-vis de Mélanie est de trop et farfelu, calculé et provoqué par Mélanie pour l'accomplissement de sa vengeance. Toujours pour l'édification du spectateur, il eût fallu plutôt montrer un sentiment sain de complicité et de profonde amitié. Malheureusement, de nos jours, ce sentiment limménaire d'amitié est assimilé automatiquement à l'homosexualité.
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